‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 45 sur 100 · REMARQUE · texte numérisé non relu

REMARQUE

Parmi do graves erreurs et d'ennuyeuses fictions , on trouve dans les écrits de Platon des pensées sublimes et des vérités clairement exprimées sur Dieu , sur la formation du monde, sur la providence, sur la dignité de l'homme, sur les règles de conduite que nous devons suivre. Beaucoup de chrétiens ont parlé de lui avec admiration ; les pères de l'Église , surtout les pères grecs , notamment saint Justin , saint Clément d'Alexandrie , Origène , l'ont loué sous plusieurs rapports , tout en le blâmant sous d'autres. Ces auteurs prétendent en même temps que ni Platon , ni les autres philosophes grecs n'ont inventé ce qu'ils disent de juste touchant les vérités morales et religieuses, mais qu'ils l'ont puisé dans les livres hébreux , dans leurs rapports médiats ou immédiats avec les Juifs , dispersés de tous côtés depuis

la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, 588 ans avant J.-G. , et dans les traditions des peuples orientaux qu'ils allaient presque tous visiter.

Ces philosophes mêlaient leurs bizarres conceptions à des notions mal comprises , à des débris de vérités inexactement recueillies. De-là les nombreux systèmes , péniblement élaborés , où Ton voit quelques lueurs de lumière , enveloppées de si épaisses ténèbres.

Considérant ce qu'a dit Platon , en parlant de la nature de Dieu et de l'origine du monde , plusieurs savants ont cru voir que ce philosophe avait une idée de la Trinité chrétienne ; rien ne nous autorise à tirer cette conclusion. Les trois principes auxquels il rapporte tout, sont Dieu , la matière et les idées substantielles. Or dans un tel énoncé y a-t-il quelque chose qui ressemble à un seul Dieu en trois personnes parfaitement égales?

FUEMIERE ACADÉMIE .

Les premiers successeurs de Platon furent 1 ,° Speusippe , qui avait composé beaucoup d'écrits dont il ne reste plus rien. Il admettait deux règles de jugement et de vérité , l'une pour les choses sensibles , et l'autre pour celles qui sont l'objet de la science. 2.° Xénocrate, qui reproduisait, en grande partie, le système de Pythagore. 3.° Polémon, Cratès et Crantor. Tous faisaient profession de tenir à la doctrine de leur maître et de ne pas s'en écarter. Cependant ils avaient des points qui leur étaient propres ; mais comme

ils retenaient ce que Platon avait dit d'essentiel , sans en rien retrancher , ils étaient censés continuer son école. Ils la continuèrent en effet , avec ces légères modifications , jusque vers Tan 34 o avant J.-C. C'est ce qu'on a nomme la première académie, ou l'académie ancienne.

Cette académie subit ensuite de tels changements , qu'elle ne pouvait plus être réputée la même. De-là les dénominations de 2.c et de 5.c académies. Nous en parlerons plus tard.

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