‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 47 sur 100 · I VI · texte numérisé non relu

I VI

ne se sont pas écartées , quant au fond des idées , des règles établies dans ce premier modèle.

Àristote sépare le certain du probable : le certain constitue la science ; le probable forme l'opinion. L'analyse , qui s'appuie sur des démonstrations certaines , conduit à la science ; la dialectique , qui disserte d'après des raisons probables , nous laisse dans les limites de l'opinion.

L'auteur distingue les termes , les propositions et les syllogismes.

Les termes manifestent les idées de la cliose ou de ses accidents , et se réduisent à dix classes : savoir, la substance , la quantité . la relation , la qualité , l'action , la passion , le temps , le lieu et l'habitude. Cette division forme les dix catégories qui ont été si célèbres plus tard dans l'école.

Des termes se forment les propositions ou énonciations. Les propositions sont l'expression des jugements. Elles se divisent en simples et complexes, en affirmatives et négatives, en universelles et particulières, en indéfinies et singulières ( 1 ) , en impures et modales. Les modales sont nécessaires ou contingentes, possibles ou impossibles. Toutes peuvent être respectivement soumises à trois accidents , l'opposition , l'égalité et la conversion : par l'opposition elles sont contradictoires , contraires ou sous-contraires. Lorsqu'elles sont égales , elles signifient la même chose et peuvent être vraies ou fausses en même temps. La conversion consiste dans la substitution des termes, sans rien changer au sens.

(i)Bfucker, t.i., p. 8o0.

Le syllogisme est formé de trois propositions tellement disposées que la troisième se déduise nécessairement des deux premières. Les termes en sont la matière , l'arrangement convenable des propositions en est la forme.

Aristote entre ensuite longuement dans le détail des règles à suivre pour que le syllogisme soit concluant.

Il indique les soplûsmes à éviter , pose des axiomes clairs par eux-mêmes, essentiellement vrais, et appuie ses démonstrations sur ces principes éternels.

A cette partie se rapportent les livres des Catégories , de Y Interprétation , des Analytiques , des Topiques , des Arguments sophistiques.

Après avoir combattu les idées substantielles de Platon , Aristote donne pour base à la certitude les axiomes évidents et l'expérience. Il veut qu'on parte toujours de l'expérience , et que par l'expérience on arrive à connaître les axiomes. La science , selon lui , ne peut reposer sur les sens ; car les sens ne rendent témoignage que des choses singulières : mais des observations singulières nous arrivons à des principes généraux , clairs , manifestes , qui n'ont besoin d'aucune preuve. Sur cette double base , l'expérience et les axiomes , nous élevons l'édifice de nos connaissances. Ces connaissances sont absolues ou relatives. Les connaissances absolues embrassant ce qui est universel et nécessaire , ce qui es fondé sur l'essence des choses , constituent la science. Les connaissances relatives ont pour objet ce qui est particulier , contingent et variable ; elles ne méritent que le nom d'opinion.

En y réfléchissant , on ne voit pas trop en quoi Aristote , dnns sa théorie sur la certitude , diffère de Platon. Il part, il est vrai , des sens et de l'expérience ; mais il fonde aussi la science proprement dite sur F universel invariable , sur des axiomes qui ne se démontrent point. De même que Platon , il ne voit dans les sens que des organes de l'opinion. Comment les notions générales , principes de la science , se déduisent-elles des impressions acquises par les sens ? On ne le comprend pas aisément. Nous croyons même avoir prouvé assez clairement , dans noire métaphysique , l'impossibilité de cette déduction.

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