DE LA PRATIQUE
Aristole traite , dans un grand nombre de livres , de la morale , de la politique et de l'économie domestique.
Morale. Ne faisant point dériver sa morale de Dieu , il ne lui donne ni base ni sanction : jamais il ne parle ni de
récompenses , ni de châtiments dans la vie future ; il ne dit pas même qu'il y ait une vie future.
A l'entendre, le bonheur de l'homme consiste dans la pratique de la vertu , et la vertu dans un juste milieu entre deux extrêmes opposés. Ainsi le courage , qui est la première de toutes les vertus morales , tient le milieu entre la crainte et la témérité; la tempérance, entre l'excès et la privation des jouissances voluptueuses ; la libéralité , entre la profusion et l'avarice ; la magnificence , entre le luxe et une parcimonie indécente ; la magnanimité , entre l'orgueil et l'abjection , etc.
Toutes les maximes morales du philosophe reviennent à ces principes spéculatifs et se perdent dans une théorie guindée , dont on ne peut voir aucune application utile.
Politique. La politique a pour but l'utilité commune : elle doit s'appuyer sur la justice , assurer les droits de chacun et rendre les lois supérieures aux hommes. Fidèle à son système , Aristote fonde ses doctrines politiques , comme toutes les autres , sur l'expérience ; pour cela il met à profit ses connaissances historiques , ses relations avec les grands son commerce du monde et son habitude des affaires.
Économie domestique. Traitant des hommes en général Aristote les considère dans leurs intérêts individuels , dans leurs rapports mutuels, qui s'étendent et se multiplient, dans les biens communs, qui demandent une administration commune. Ainsi se formèrent, par degrés, selon lui, la famille, la société, les états. Trouvant l'esclavage établi il
Je consacre en principe , comme un droit , et ne veut pas qu'on y déroge,