‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 51 sur 100 · DE ZENON ET DES STOÏCIENS · texte numérisé non relu

DE ZENON ET DES STOÏCIENS

Zenon naquit à Citium , colonie do Pîienîcio , dans l'île de Chypre, 5G2 ans avant J.-C. Son père, qui était marchand , l'appliqua de bonne heure à son négoce , sans pourtant contrarier les goûts qu'il montrait pour la philosophie. Quelquefois môme il lui apportait d'Athènes des livres sur ces matières.

Le jeune homme , âgé alors de 50 ans , allant à Athènes pour des affaires de commerce , fit naufrage auprès du Pirée. Échappé au danger qu'il avait couru , il se retira dans la ville , et y mena d'abord une vie assez triste. Mais le hasard voulut qu'entré chez un libraire , il lut ou entendit lire un ouvrage de Xénophon; il demanda où se trouvaient les hommes qui enseignaient une telle doctrine. Le libraire lui montra Cratès, qui passait, et lui dit de le suivre. Zenon le suivit en effet , entendit ses leçons et devint son disciple.

Ne pouvant goûter dans tous ses points la doctrine des cyniques , éprouvant surtout de la répugnance pour le ton grossier et les manières dégradantes que ces philosophes affectaient , il voulut entendre les chefs des autres écoles.

Pondant dix ans , il suivit les cours publics de Stilpon , de Xénocrate , de Diodore Cronus et de Polémon.

Dans les divers systèmes qu'on avait expliqués devant lui , ou qu'il avait lui-même étudiés, au moyen des livres composés par les défenseurs de ces systèmes , il prit ce qui lui convint, et se forma un corps de doctrine où il n'y avait à peu près de neuf que les mots dont il se servait, ainsi que l'en accuse Cicéron (4). Gomme il voulait aussi fonder une école , dont il serait le chef , les appartements publics étant tous occupés , il s'établit sous un portique, nommé Pécile (Poikilos), à cause de la variété de peintures dont ce lieu était décoré. De-là ses disciples furent appelés stoïciens , du mot grec stoa , qui veut dire portique , parce qu'ils étudiaient entre les colonnes d'un portique. Cette école a été connue sous le nom de Portique.

Zenon avait retenu des cyniques le mépris du monde et des jouissances sensuelles : il ne portait qu'une tunique sous le manteau philosophique , gardait la tempérance , paraissait grave et réservé , dédaignait les louanges de ses auditeurs et réprimait sévèrement la vanité, surtout dans les jeunes gens. Selon lui , la vertu et la vraie sagesse consistent dans la réunion de ces différentes qualités. Par la gravité de ses paroles et l'austérité de sa vie , il s'acquit une estime singulière dans l'esprit public , et fut honoré comme un homme éminemment vertueux,

11 avait composé plusieurs ouvrages, entre autres, un

(i) De finibus boni et mali , 1, 3. , n. 5.

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