‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 55 sur 100 · L'âme n'est elle-même que le produit du hasard : des · texte numérisé non relu

L'âme n'est elle-même que le produit du hasard : des

atomes déliés forment la pensée qui réside dans la poitrine : des atomes pins grossiers sont le principe de la sensation qui est répandue par tout le corps. L'homme cependant est libre , parce que l'expérience et le sens commun le lui attestent (contradiction manifeste).

5.° Les objets extérieurs frappant nos sens , y laissent des images semblables à eux : ces images se gravent en nous et forment la mémoire. Les sensations sont le critérium de la vérité , la seule base de toute certitude : elles ne trompent jamais. L'erreur, s'il y en a, se trouve dans le jugement; elle vient de ce qu'on prononce témérairement et sans avoir assez examiné ce qui est représenté ou senti.

6.° D'après ce qui vient d'être dit , le principe fondamental delà morale ne peut être que le plaisir qui vient de la sensation. Mais comme des jouissances brutales et sans frein empoisonnent la vie et conduisent plutôt à la douleur qu'à cette douce volupté qui fait le bonheur, il faut garder en tout une sage modération. Nous devons pratiquer la douceur et exercer la bienveillance envers les autres , pour obtenir d'eux qu'ils soient doux et bienveillants à notre égard. Supportons avec résignation la douleur que nous ne pouvons éviter, et ne l'aggravons pas en nous impatientant.

7.° A la mort, l'âme se dissout comme le corps , et Thomme tout entier est détruit.

Les nombreux admirateurs de cette facile doctrine curent bientôt dépassé les règles de modération qu'Epicure avait tracées : ils se livrèrent aux voluptés sensuelles sans retenue ; et couvrirent répienréisme d'un éternel opprobre.

Du reste eelte doctrine , effrontément matérialiste , devait, par sa nature môme , déchaîner les passions. Elle ne manqua pas à sa destinée. Ouvrant la porte à tous les vices , elle enfanta une corruption universelle , et conduisit rapidement à ces honteux excès qui ont perdu la Grèce et Rome.

Parmi les disciples cFEpicure ; on a principalement distingué : \ .° Métrodore 7 qui a été estimé pour sa douceur et a écrit contre les sophistes , contre les dialecticiens et contre Démocritc lui-même ; 2.° Hermachus , qu'Epicurc institua son successeur, par testament ; 5.° Mus, qui, d'esclave d' Hermachus , devint son favori ; 4.° Timocrate , frère de Métrodore et son ennemi juré ; 5.° Idoménée , dont on a loué la rigidité ; 6.° Leontium , concubine de Métrodore , après avoir été fameuse courtisane ; 7.° Thémiste, Philanis et plusieurs autres femmes , dont la réputation morale est analogue à la philosophie pour laquelle elles se passionnaient.

Epicure , vivement attaqué pendant sa vie , comme il le méritait, fut comblé d'honneurs après sa mort. Ses sectateurs lui érigèrent des statues et lui rendirent une espèce de culte.

Ceux qui désireraient connaître plus à fond les mœurs et la doctrine de ce philosophe , pourraient lire la Philosophie df Epicure par Gassendi ; Vie (V Epicure par Durondel ; Morale d' Epicure par l'abbé Batteux.

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