‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 86 sur 100 · DE LA PHILOSOPHIE DES ARABES AU TEMPS DE MAHOMET · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHIE DES ARABES AU TEMPS DE MAHOMET

Mahomet parut , comme on sait , au commencement de notre septième siècle. Les auteurs arabes dont nous possédons certainement les ouvrages , lui sont tous postérieurs : ce qu'ils rapportent des temps antérieurs ne peut donc offrir de garantie à un esprit qui cherche sérieusement la vérité. Aussi Abul-Farage , dans son histoire , convient-il que les peuples de l'ancienne Arabie n'existent plus ; qu'il n'y a ni mémoires authentiques , ni monuments certains par lesquels nous puissions savoir ce qu'ils ont été.

Cet historien divise les temps en siècles d'ignorance et en siècles de lumière : il fait commencer les siècles de lumière au règne de Mahomet. Les autres écrivains adoptent communément cette division. Avant Mahomet les Arabes n'avaient donc pas de philosophie : ils étaient livrés aux grossières superstitions de l'idolâtrie , ne savaient pas lire et et ne possédaient aucun moyen de s'instruire.

Depuis la naissance du mahométisme , les habitants de Médine étaient appelés lettrés , parce qu'ils lisaient la loi ; ceux de la Mecque étaient qualifiés d'illettrés, parce qu'ils ne lisaient point.

Or , les premiers étaient originairement Juifs ou chrétiens , et les autres étaient des Arabes. L'ignorance complète de cette race , avant Mahomet, est donc incontestable. Aussi les musulmans eux-mêmes avouent-ils que leur prophète ne savait ni lire ni écrire.

Les chrétiens de l'Arabie étaient des nestoriens ou des jacobites , séparés de l'unité catholique , et profondément ignorants : voilà , en substance, dans quelle situation intellectuelle étaient les peuples de ces contrées , lorsqu'on leur prêcha , ou plutôt lorsqu'on leur imposa l'islamisme.

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