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delà du fleuve. Ce ne fut pas sans éprouver les plus grands obstacles que les Anglais étaient parvenus successivement à exécuter leur projet de blocus. Dunois, le maréchal de Sainte-Sévère et beaucoup d'autres guerriers illustres, accompagnés des courageux habitants d'Orléans , allaient à leur rencontre et les attaquaient vigoureusement.
Des combats singuliers où, de part et d'autre, on montrait une grande valeur, remplissaient assez souvent les intervalles de temps durant lesquels les assiégeants et les assiégés n'en venaient pas aux mains.
Le premier janvier de l'année 1429, les Anglais remportèrent un grand avantage sur les assiégés. A la suite de cette victoire ils commencèrent à construire un nouveau boulevart pour resserrer plus étroitement la place. Des attaques très vives de jour et de nuit signalèrent, les jours suivants, les valeureux citoyens d'Orléans et leurs intrépides chefs. Louis de Culan , amiral de France, suivi de deux cents guerriers, pénétra dans la ville en passant entre les bastilles du sud et en traversant la Loire vis-à-vis Saint-Loup. Dès le lendemain il y eut un nouvel engagement où la victoire parut indécise entre les assiégeants et les assiégés.
Les Anglais poursuivaient toujours fexécution de leur blocus, et à cet effet ils achevaient la construction de leurs bastilles qu'ils tâchaient de lier entre elles par un double rang de fossés. Des secours en vivres, en munitions et en troupes ne laissaient pas toutefois d'entrer dans Orléans, grâce à Fintrépidité, au zélé et à l'ardeur des Français qui accouraient au secours d une a ille dont la noble résolution et la constance héroïque excitaient fadmiration générale.
Des combats avaient lieu chac[ue jour devant les portes d'Orléans. Souvent les assiégeants, pendant la nuit, venaient au pied des murs dont ils tentaient fescalade, mais ils étaient vigoureusement repous-
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ses. Les chefs de guerre français résolurent de rendre aux Anglais toutes les alarmes qu'ils donnaient à la ville. Dunois, à la tête de ses troupes et des braves Orléanais, allait chercher les assiégeants jusque dans leur camp.
Le 29 janvier, les Anglais résolurent d'attaquer la ville avec toutes leurs forces; mais leur projet échoua contre la valeur des habitants et des guerriers qui la défendaient.
Il y avait déjà quelque temps que les Orléanais avaient envoyé des messages au roi pour lui exposer la difficulté de leur position et l'extrême besoin qu'ils avaient de secours.
Le 8 février, mille combattants, bien armés et bien équipés, entrèrent dans la ville. Les Anglais de leur côté reçurent aussi des renforts. Le comte de Glermont, fils aîné du duc de Bourbon, avait rassemblé des soldats à Blois, et devait entrer avec eux dans Orléans. Averti que de nouvelles troupes arrivaient au secours des Anglais, il crut devoir aller à leur rencontre. De son côté, Dunois, informé de l'arrivée de Fastolf qui commandait le convoi anglais, sortit d Orléans avec quinze cents hommes de guerre, dans l'intention de rejoindre le comte de Glermont, Il était accompagné des seigneurs de Graville et de Verduran, de Poton de Xaintrailles et de Lahire. La jonction des deux corps de troupes ne s'était pas encore effectuée, lorsque les Français sortis d'Orléans, et parvenus au-delà de Rouvrai Saint-Denis, aperçurent les Anglais. La première pensée des chefs de guerre français fut de les attaquer à fimproviste et dans un moment où ils ne s'étaient point encore rangés en ordre de bataille ; mais le comte de Glermont envoyait messages sur messages, pour qu'on fattendît, et Ton manqua ainsi foccasion d'une victoire qui paraissait certaine. Gependant le gros de Farmée française n'arrivait point. Les Anglais ayant fait leurs dispositions, vinrent provoquer et harceler les Français. L'impatience de ces derniers
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ne put résister plus long-temps, et le combat s'engagea. Ils succombèrent malgré leur courage. Le comte de Glermont arriva enfin ; il aurait pu rétablir le combat; mais piqué de n'avoir point été attendu, il resta spectateur indifférent du désastre que ses compagnons d'armes venaient d'éprouver, et il se dirigea vers Orléans. Cette fatale journée qui eut lieu le i8 février 1429 fut appelée la journée des harengs, parceque le convoi conduit par le général anglais consistait principalement en barils remplis de cette espèce de poisson.
Les Français qui venaient d'éprouver un si grand échec, rentrèrent à Orléans fort tard. On peut se figurer toute la consternation que répandit parmi les habitants ce retour si différent de celui auquel ils devaient s'attendre, sur-tout lorsqu'ils virent rapporter dans la ville leur héros chéri, le brave Dunois, blessé dans cette désastreuse affaire.
Malgré cet échec, les Français étaient encore en assez grand nombre dans la place, pour tenter de faire lever le siège aux Anglais, dont les forces divisées en deux parties par le fleuve ne pouvaient que difficilement se secourir. Mais la défaite de Rouvrai avait jeté la consternation et le découragement dans tous les esprits. Le comte de Clermont, qui avait de si grands reproches à se faire, annonça l'intention de sortir d'Orléans et d'aller trouver le roi à Chinon. Il promit, pour apaiser les Orléanais mécontents, de leur envoyer des hommes et des vivres; mais il manqua à ses engagements. Les habitants reprirent pourtant courage, leur zèle et leur constance ne se démentirent point; ils ne pouvaient toutefois se dissimuler qu'ils ne fussent abandonnés à leur malheur. Chaque jour, le nombre des assiégeants augmentait. Les boulevarts de Fennemi , destinés à resserrer le blocus de la ville, se multipliaient incessamment autour d'elle. Dans ces conjonctures, on crut devoir recourir aux négociations. On fit des démarches pour obtenir que la ville fût remise en séquestre
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dans les mains du duc de Bourgogne, jusqu'à la décision de la querelle du roi Charles VII et du roi Henri , touchant la succession au trône de France. Le lendemain du départ des députés, les assiégés continuèrent avec la même ardeur leurs attaques contre les assiégeants. Des vivres envoyés de Châteaudun entrèrent dans la place, et la nouvelle d'un succès remporté sur les Anglais par la garnison de cette petite ville rendit aux Orléanais tout leur courage.
Il se passait peu de jours sans que les assiégés ne signalassent leur valeur par des traits d'intrépidité. Quelques guerriers sortirent pendant la nuit de la ville, passèrent la Loire, et vinrent surprendre, derrière les bastilles même des Anglais, vingt hommes d'armes qu'ils conduisirent à leur bateau, et emmenèrent prisonniers. Cette expédition aventureuse ne coûta que la perte de deux Français.
Malgré les efforts des Anglais, le blocus d'Orléans n'avait pu être tellement rigoureux que les communications au-dehors eussent été entièrement interdites.
Le 17 avril 1429, les ambassadeurs envoyés au duc de Bourgogne revinrent avec la triste nouvelle qu'ils n'avaient pu réussir dans leur mission. Le duc de Bourgogne, touché de la fidélité et des malheurs des Orléanais, avait accueilli leur prière, et s'était rendu à Paris dans l'espoir de faire consentir le duc de Bedford à l'arrangement proposé. Le régent de France, non seulement ne voulut point accéder aux propositions qui avaient été faites, mais il s'emporta même encore en plein conseil contre le duc de Bourgogne qui était présent. Les dédains et les paroles orgueilleuses des Anglais eurent au moins pour résultat de détacher du siège d'Orléans tous les gens du duc de Bourgogne. Ainsi l'on vit les Bourguignons, les Picards, les Champenois, et tous ceux qui étaient sous l'obéissance du duc, quitter avec joie les travaux de ce siège.
Les députés rapportèrent aux habitants de la ville qu'ils ne seraient
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admis à traiter qu'à la condition de se soumettre au régent anglais. Cette décision révolta la fierté des Orléanais qui jurèrent de se défendre jusqu'au dernier soupir.
On se dispose aussitôt à une nouvelle attacjue. Les guerriers français, accompagnés de félite des habitants, sortent sans bruit de la ville, et à la faveur de la nuit ils pénétrent jusqu'aux palissades du grand parc des Anglais, égorgent la garde qui veillait à l'entrée, se précipitent dans l'enceinte, et portent par-tout le carnage et la terreur. Cependant les Anglais se réunissent et marchent en grand nombre contre les Français. Ceux-ci regardent comme prudent de songer à la retraite; ils se retirent vers la ville, chargés des dépouilles de l'ennemi. Ils veulent cependant que leiu' retraite ne ressemble pas à une fuite, mais bien à un triomphe. Tout-à-coup la cavalerie ennemie se répand dans la plaine. Alors s'engage un combat à toute outrance , et les Français ne regagnent leurs murs qu'après avoir jonché le champ de bataille de leurs cadavres et de ceux de l'ennemi. A la suite dune aussi fatale journée, les Anglais purent croire que la ville allait être forcée d'accepter les conditions qu'ils voulaient lui imposer. La conquête des provinces méridionales du royaume était presque entièrement achevée, et déjà quelques ministres de Charles VII lui conseillaient de se réfugier en Dauphiné. C'en était fait d'Orléans, c'en était fait de la France entière, sans un événement si imprévu, si contraire à tout ce qu'on devait attendre, qu'il a toujours paru avoir quelque chose de surnaturel. Cet événement est fapparition de la fameuse Jeanne d'Arc, dont la destinée était de confondre les Anglais et de rétablir le roi légitime sur son trône. C'est l'histoire de cette fille extraordinaire que nous allons exposer succinctement.
SURNOMMEE
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