‹ Histoire acadeḿique du magnétisme animal, accompagneé de notes et de remarques critiques. Sur toutes les observations et expeŕiences faites jusqu'a ce jourChapitre 103 sur 123 · S IL. EFFETS PEU MARQUÉS · texte numérisé non relu

S IL. EFFETS PEU MARQUÉS

Il ne vous aura pas échappé, messieurs, que le dernier fait de la série précédente présentait un commencement d'action du magnétisme ; nous l’avons placé à la fin de cette section pour servir“de chaînon à ceux qui vont suivre (4).

M. Magnien, docteur en médecine, âgé de cinquante-quatre ans, demeurant rue Saint-Denis, n°..., marchant très-difficilement par suite d’une chute faite il y à plusieurs années sur le genou gauche, et très-probablement aussi par suite du développement d’un anévrisme du cœur auquel il a succombé au mois de septembre dernier, a été magnétisé par le rapporteur les 18, 49, 20, 21, 22 et 28 août 1896 ; le nombre des pulsations à été moindre à la fin des cinq séances qu’au commencement ; ainsi il a baissé de 96 à 90, de 96 à 86, de 77 à T1, de 82 à 79, de 80 à 18, et dans la sixième ce nombre a été le même au commencement qu’à la fin, c’est-à-dire 83. Les inspirations ont été égales, à une seule exception où elles ont été à 20 au commencement, et à 26 à la fin. M. Magnien a constamment éprouvé une sensation de fraîcheur dans toutes les parties vers lesquelles les doigts du magnétiseur ont été dirigés et maintenus tous les malades ne subissent pas l’influence du magnétisme animal, et de nous renvoyer aux faits pour convaincre les plus incrédules. ;

Mais n’allons pas trop vite : dans ces mêmes faits que nous croyons si nuls, dans ces mêmes observations où, suivant le rapporteur, le magnétisme n’a eu aucune espèce d’action , il y avait peut-être bien une action qui couvait, des effets qui allaient éclore ; c’est en effet ce que le rapporteur fait pressentir dans le paragraphe suivant : aussi, et remarquez cet artifice délicat, de ces faits en apparence nuls, il en est un, dit-il, qu'il a dû placer le dernier, pour servir de chaînon à ceux qui vont suivre.

(4) Nous avouerons pour notre compte que ceci nous avait complétement échappé. Nous voyons bien que M. Stard, après s’être assis et reposé devant le magnétiseur, a bientôt éprouvé un ralentissement du pouls, qu’ensuite il a senti un mal de tête ; et qu’une douleur d’ailleurs très-mobile avait disparu, et enfin que son pouls avait repris plus de fréquence ; mais malgré la meilleure volonté du monde, nous ne pouvons trouver dans ce fait ur commencement

d'action magnétique, ek conséquemment le regarder comme un chainon, Mais passons aux effets peu marqués,

longtemps dans Ia même direction ; Ce phénomène ne s’est pas démenti une seule fois.

Notre collègue M. ROux, qui sé plaignait d’une affection Chronique de l'estomac, a été magnétisé six fois par M. Foissac, les 27, 29 septembre, 4°,8, 5 et T octobre 1827; il éprouva d'abord une diminution sensible dans le nombre des inspirations et des battéments du pouls, ensuite un peu de chaleur à l'estomac, une grande fraîcheur au visage, la sensation d’une vac Porisation d’éther, même quand on n’exécutait point de passés devant lui, et enfin une disposition marquée au sommeil (2).

(4) M. Husson ne paraît guère avoir lu du rapport de Bailly que les quelques lignes qu’il en a citées, et cela dans le but de prouver que les anciens commissaires avaient méconnu leurs devoirs ; une lecture plus attentive lui aurait démontré que l’ancienne commission avait parfaitement apprécié ces sortes de phénomènes : plusieurs membres s'étaient soumis d'abord aux expérimentations, ils avaient fait comme MM. Husson, Itard et Roux; mais, comme avant tout il faut raisonner les faits, voici les réserves qu'ils avaient faites: En se soumettant au magnétisme, est-il dit dans leur rapport, les commissaires ont usé d'uneprécaution nécessaire. Il y a pas d'individu, dans l’étatde la meilleure santé, qui, S'ilvoulaits’ écouter attentivement, nesentit au dedans de lui une infinité de mouvements et de variations, soit de douleur infiniment légère; soit de douleur dans différentes parties de son Corps; ces variations, qui ont lieu dans tous‘les lEmps, sont indépendantes du magnétisme... onnesaurait dire Jusqu'où peut aller l'influence de l'attention dirigée constamment et sans interruption vers Le même Objet. le premier soin des commissaires a dà étre de ne pas se rendre trop attentifs ce qui se passdit en eux, etc. Si la nouvellecommission s'était bien pénétrée de ces idées, M. Husson ne se serait pas empressé de noter que chez M. Magnien le nombre des pulsations avait été moindre à la fin qu’au commencement, pour y trouver un commencement de l’action magnétique; il n'aurait pas noté que le nombre des inspirations d’abord égales s’était élevé de vingt à vingt-six; il: n'aurait pas signalé d’abord des sensations de fraîcheur; puischez M: Roux dessen: sations de chaleur, puis une fraîcheur au visage; puis chez M, Ttard des augmenta: tions de pulsations et d’inspirations, etc., etc.; toujours pour y trouver des effets magnétiques : eh! bon Dieu, faites asseoir quatre individus, sains ou malades ; prenez votre montre, comptez les pulsations, comptez lesinspirations, interrogezlessur l’état deleurs fonctions, scrutez-les sur leurs sensationsles plus légères, et vous aurez des effets magnétiques de cette espèce autant que vous voudrez! Ce que nous venons de dire est sérieux ; il s’agit de membres de Paradémie qui s’élaient soumis d’abord aux prétendues expériences ; ils ne pouvaient accuser

Anne Bourdin, âgée de vingt-cinqans,demeurantrue du Paon, n° 45, a été magnétisée les 17, 20 et 21 juillet 1826, à l'Hôtel- Dieu, par M. Foissac, en présence du rapporteur. Cette femme disait se plaindre de céphalalgie et d’une névralgie qui avait : son siége dans l’œil gauche. Pendant les trois séances magnétiques, nous avons vu les inspirations s'élever de 16 à 39, de 44 à 20, et les pulsations de 69 à 79, de 60 à 68, de 76 à 95. La tête s’est appesantie pendant ces trois épreuves; cette femme s’est endormie pendant quelques minutes; il ne s’opéra aucun changement dans la névralgie de l’œil, il y a eu de lamélioration dans la céphalalgie.

Thérèse Tierlin a été magnétisée les 22, 23, 24, 29 et 30 juillet 1896 ; elle était entrée à l’Hôtel-Dieu, se plaignant de douleurs dans le ventre et dans la légion lombaire. Pendant les cinq séances magnétiques, nous avons vu lesinspirations s'élever de 45 à 17, de18 à 19, de 20 à 25, et s’abaisser de 27 à 24, et les pulsations s'élever de 418 à 425, de 400 à 420, de 400 à 4143, de 95 à 98, de 417 à 120. Nous avons remarqué que cette femme semblait avoir peur des mouvements des doigis et des mains du magnétiseur, qu’elle les fuyait, en retirant sa tête en arrière, qu’elle les suivait pour ne pas les perdre de vue, comme si elle eût à en redouter un mal quelconque; elle avait été visiblement tourmentée pendant les cinq séances.

Nous avons observé chez elle de fréquents et longs soupirs, quelquefois entrecoupés, le clignotement et l’abaissement des paupières, le frottement des yeux, la déglutition assez fréquente de la salive, mouvement qui chez d’autres magnétisés a Constamment précédé le sommeil, et enfin la disparition de la douleur de la région lombaire.

La commission, en rapprochant ces différents faits, n’a voulu fixer votre attention que sur la série des phénomènes physiologiques qui se sont développés dans les deux derniers. Elle ne peut attacher aucune importance à cette amélioration partielle

que des faits réels ét positifs, mais restait l'interprétation ; et il n’était pas besoin de se mettre l'esprit à la torture pour voir que ces faits étaient complétement insignifiants, qu’ils rentraient enfin dans la catégorie des faits prévus et judicieuseme nt appréciés par les premiers commissaires.

survenue dans les symptômes des très-insignifiantes maladies de ces deux femmes. Si ces maladies existaient, le temps et le repos ont pu en triompher; si elles n’existaient pas, comme il arrive trop souvent, la feinte a dû disparaître sans le magnétisme, comme avec le magnétisme. Aïnsi, messieurs, nous ne vous les avons présentés que comme les premiers éléments, pour ainsi dire, de l’action magnétique que vous verrez se prononcer davantage à mesure que nous parCourrons les autres divisions que nous avons établies (1).

(4) Tous les effets observés dans le cours de ces dernières expériences ne sont pas rapportés au magnétisme par le rapporteur ; le magnétisme seul, dit-il, ne saurait rendre compte de tous ces phénomènes; mais il en est déjà un assez bon nombre qui n’auraient pu se manifester sans son intervention ; force nous sera donc enfin de trouver que le magnétisme, ou du moins que les manœuvres magnétiques (entendons-nous) ont été pour quelque chose dans la production de certains phénomènes. Comment, en effet, Thérèse aurait-elle pu avoir peur des doigts du magnétiseur, si on ne l’eût magnétisée? Comment sans cela aurait-elle pu suivre Les doigts de M. Foissac, les fuir, en jetant sa tête en arrière, comme si elle eût cru en avoir quelque chose à craindre, d’être éborgnée par exemple? Comment enfin expliquer toutes ces anomalies de Thérèse sans être forcé de reconnaître l'intervention des gestes du magnétiseur ? Il faut donc ici se rendre à l'évidence et avouer que les manœuvres ont été pour quelque chose dans ja production des susdits effets.

Ajoutons que M. Husson à remarqué que Thérèse était visiblement tourmentée pendant les cinq séances ; d’où il faut conelure que le clignotement des paupières, que leur abaïssement répété étaient encore sous la dépendance de la crainte des doigts de M. Foissac. Ces effets ont été quelque peu fugaces ; mais le rapporteur a tort de les appeler insignifiants, puisque c’est en eux qu’il a découvert les premiers éléments de l’action magnétique.

On a encore eu à observer et à consigner au procès-verbal que Thérèse pous.. sait de fréquents et de longs soupirs, que ces soupirs étaient quelquefois entrecoupés; outre les soupirs, on a observé la déglutition assez fréquente de la salive; or ces soupirs entrecoupés, ce clignotement des paupières et cette déglutition de la salive, à quoi les attribuer ? Il y a tant de choses dans les soupirs d’une femme, qu’il n’est pas étonnant que M. Husson y ait trouvé les premiers éléments de l'action magnétique. Et la déglutition de la salive, qu’en dirons-nous ? Une jeune fille avale coup sur coup sa salive dans tant de circonstances! au dire de M. Husson, c'est un acte qui précède constamment le sommeil magnétique ; et il en conclut que c’est encore un des premiers eflets de l’action de cet agent mystérieux : mais figurez-yous dix à douze commis-

Page 1