‹ Histoire acadeḿique du magnétisme animal, accompagneé de notes et de remarques critiques. Sur toutes les observations et expeŕiences faites jusqu'a ce jourChapitre 50 sur 123 · IL EST ÉVIDENT QUE CES EFFETS APPARTIENNENT A L'IMAGINATION · texte numérisé non relu

IL EST ÉVIDENT QUE CES EFFETS APPARTIENNENT A L'IMAGINATION

Les commissaires, surtout les médecins, ont fait une infinité d'expériences sur différents sujets qu’ils ont eux-mêmes magnétisés, ou à qui ils ont fait croire qu’ils étaient magnétisés. Ils ont indifféremment magnétisé, ou à pôles opposés, ou à pôles directs et à contre-sens, et dans tous les cas ils ont obtenu les mêmes effets ; il n’y a eu dans toutes ces épreuves d’autre différence que celle des imaginations plus ou moins sensibles. Is se sont donc convaincus par les faits que l’imagina-

(1) Tous ces faits sont du même ordre, nous n’avons donc pas à y revenir;

tion seule peut produire différentes sensations et faire éprouver de la douleur, de la chaleur, même une chaleur considérable dans toutes les parties du corps, et ils ont conclu qu’elle entre nécessairement pour beaucoup dans les effets attribués au magnétisme animal. Mais il faut convenir que la pratique du magnétisme produit dans le corps animé des changements plus

marqués et des dérangements plus considérables que ceux qui viennent d’être rapportés. Aucun des sujets qui ont cru être magnétisés jusqu'ici n’ont été ébranlés jusqu’à avoir des convulsions ; c'était donc un nouvel objet d'expérience que d’éprouver si, en-remuant seulement l’imagination, on pourrait produire des crises semblables à celles qui ont lieu au traitement public (1).

ON SE PROPOSE D'ÉPROUVER SI L'IMAGINATION DANS SES EFFETS PEUT ALLER JUSQU'A PRODUIRE DES CRISES. — SEPTIÈME EXPÉRIENCE SUR UN ARBRE MA- GNÉTISÉ.

Alors plusieurs expériences ont été déterminées par cette

les conclusions que les commissaires en ont déduites sont parfaitement exactes ; nous ajouterons seulement que ces observations ayant été fort nombreuses et pratiquées sur un grand nombre de sujets, il est probable que tantôt l’imagination faisait dire aux sujets ce qui n’existait pas, ou plutôt les portait faussement à croire qu'il y avait influence magnétique ; mais que tantôt aussi il devait y avoir intention de tromper ; qu’on n’aille pas croire toutefois que les prétendus magnétisés cherchent constamment à tromper les spectateurs de connivence avec leurs magnétiseurs ; loin de là, ils peuvent induire ceux-ci en erreur; nous aurous plus tard un exemple mémorable à rapporter, qui confirmera pleinement cette proposition.

(1) Bien qu'il ait été démontré qu’en dehors de toute influence extérieure, loin du public et pris tout à fait à part, les sujets magnétisés méthodiquement el à loisir n’avaient jamais offert ces grandes perturbations qu’on appelait crises, il élait assez important de constater si à l'aide de moyens étrangers au magnétisme on ne pourrait pas les provoquer ; les commissaires ont donc agi sagementen commençant une nouvelle série d'expériences dans ce sens.

Déjà, il est vrai, on avait mis hors de doute ce premier fait que les phénomènes appelés crises ne pouvaient pas être attribués au magnétisme, puisqu'il serait impossible aux magnétiseurs de les provoquer dans les traitements particuliers ; si le magnétisme en eût été l’agent devant le public, il les aurait tout aussi bien suscités en particulier ; toutefois ilimportait d’en rechercher la cause, et c’est ce que les commissaires ont voulu faire.

DU MAGNÉTISME ANIMAL. 61 vue. Lorsqu'un arbre à été touché suivant les principes et la méthode du magnétisme, toute personne qui s’y arrête doit éprouver plus ou moins les effets de cet agent; il en est même qui y perdent Connaissance ou qui y éprouvent des convulsions (1). On en parla à M. Deslon, qui répondit que expérience devait réussir pourvu que le sujet fût fort sensible, et on convint avec lui de la faire à Passy en présence de M. Franklin. La nécessité que le sujet fût sensible, fit penser aux commissaires que pour rendre l’expérience décisive et sans replique, il fallait qu'elle füt faite sur une personne choiïsie par M. Deslon, et dont il aurait éprouvé d’avance la sensibilité au magnétisme. M. Deslon à donc amené avec lui un jeune homme d'environ douze ans; on à marqué dans le verger du jardin, un abricotier bien isolé, et propre à conserver le magnétisme qu’on lui aurait imprimé. On y a mené M. Deslon seul , pour qu’il le magnétisât , le jeune homme étant resté dans la maison et avec une personne qui ne l’a pas quitté. On aurait désiré que M. Deslon ne füt pas présent à l’expérience, mais il a déclaré qu’elle pourrait manquer s’il ne dirigeait pas sa canne et ses regards sur cet arbre pour en augmenter l’action. On a pris le parti d’éloigner M. Deslon le plus possible et de placer des commissaires entre lui et le jeune homme, afin de s'assurer qu'il ne ferait point de signal, et de pouvoir répondre qu’il n’y avait point eu d'intelligence. Ces précautions, dans une expérience qui doit être authentique, sont indispensables sans être offensantes (2).

(1) On voit que cette grande découverte n’appartient pas à Puységur, mais que les magnétiseurs doivent en rendre hommage à leur premier maître, à Mesmer lui-même.

(2) Voilà ce que n’auraient jamais dû oublier ceux qui se trouvent chargés de constater scientifiquement la réalité de faits de cette nature.

Quand un corps savant vous a délégué, vous a donné la sainte mission de rechercher le vrai et de dévoiler le faux, on doit être bien pénétré de ces sages principes.

Non, ces précautions ne sont pas offensantes ; entre nn miracle et une supercherie reconnue possible , de quel côté se trouve la plus grande somme de probabilités? M. Deslon ne s’est pas senti offensé, et il n'en avait pas le droit; comment l’académie royale des sciences aurait-elle accueilli ses commissaires, s'ils étaient venus lui dire : Nous n'avons pris aucune mesure pour empêcher

On a ensuite amené le jeune homme, les yeux bandés, et on l’a présenté successivement à quatre arbres, qui n’étaïent point magnétisés en les lui faisant embrasser, chacun pendant deux minutes, suivant ce qui avait été réglé par M. Deslon luimême.

M. Deslon présent et à une assez grande distance, dirigeait sa canne sur l’arbre réellement magnétisé.

Au premier arbre, le jeune homme interrogé au bout d’une minute a déclaré qu’il suait à grosses gouttes ; il a toussé, craché , et il a dit sentir une petite douleur sur la tête ; la distance à l’arbre magnétisé était environ de vingt-sept pieds.

Au second arbre, il se sent étourdi, même douleur sur là tête ; la distance était de trente-six pieds.

Au troisième arbre, l’étourdissement redouble ainsi que le mal de tête ; il dit qu’il croit approcher de l’arbre magnétisé ; il en était alors environ a trente-huit pieds.

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