INTRODUCTION. XII
D'un extérieur agréable, d’une mise recherchée, 1l se faisait remarquer par les agréments de sa conversation; habile prédicateur, écrivain élégant, 1l s'était attiré la haine des moines, et par ses talents et par son orgueil.
On s'accorde à dire que sa conduite n'était rien moins que réservée à l'égard des femmes; il aurait même été impliqué dans quelques intrigues galantes, et ses ennemis, n'ayant pu le faire condamner pour ce premier fait, durent chercher à lui susciter des accusations plus graves (Ménage, Notes ; Montconis, F’oyages). Il avait tout à craindre d’ennemis acharnés et puissants, ces faits sont notoires; l'archevêque de Bordeaux lui avait même conseillé de permuter ses bénéfices et de s'éloigner d’un lieu où tout conspirait contre lui, mais il n’en voulut rien faire (Æistoire des diables , 22).
Passons actuellement aux faits. Les magistrats qu'on avait requis, arrivés au couvent, trouvérent les deux prétendues possédées dans leurs lits ; la supérieure, qui paraissait reposer, fut prise à point nommé de mouvements violents ; elle poussa quelques cris qui approchaient de ceux d’un petit pourceau, et répondit de la manière suivante aux conjurations. L’exorciste s'adresse au démon, et le démon est censé répondre : D. Propter quam causam ingressus es in Corpus hujus virginis ? R. Caus4 animositatis. D. Per quod pactum? KR. Per flores. D. Quales ? R. Rosas. D. Quis misit?R. Urbanus. D. Dic cognomen ? R. Grandier. D. Dic qualitatem? R. Sacerdos. D. Cujus ecclesiæ? R. Sancti Petri. D. Queæ persona attulit flores ? R. Diabolica.
Tel fut le résultat de la première séance à l'égard de la supérieure. Les magistrats s'étaient retirés près d’une fenêtre ; l’exorciste, qui n’était autre que le directeur de ces filles , leur dit que ce qui venait de se passer était semblable à l’histoire du prêtre Gaufrédi, exécute