CONCLUSIONS
Il suit de la première partie de notre rapport : 4° Que le prétendu magnétisme animal, tel qu'on Le annoncé
l'influence du magnétisme ils ont éprouvé un bien-être; mais est-ce que sans magnétisme il ne pouvait pas y ävoir pour eux de bien-être ? et dès lors était-il nécessaire, pour prouver que ce bien-être n’était pas le fait du magnétisme; était-il nécessaire de lui chercher d’autres causes plausibles ? En aucune manière. Donc les commissaires se sont de nouveau et fort inutilement mis à la torture pour expliquer le mieux être; il fallait se borner à dire que, chez des gens qui se portent bien, un mieux être ne révèle pas, n’est nullement propre à révéler l'existence d’un agent jusque-là inconnu.
(1) Bien que ces conclusions tendent toutes à établir un fait incontestable, savoir que le magnétisme pratiqué par Mesmer, Deslon et Lafisse n'avait rien de réel; que cette prétendue doctrine n’avait aucune espèce de fondement , aussi bien dans ses suppositions théoriques que dans ses indications pratiqués ;
de nos jours; est un système ancien, vanté dans le siècle précédent, et tombé dans l'oubli (4),
2° Que les partisans du magnétisme animal, soit ceux qui ont proposé ce système, soit ceux qui l'ont renouvelé parmi nous; n'ont pu autrefois et ne peuvent encore aujourdhui fournir aucune preuve de l'existence de l'agent inconñu ou du fluide auquel ils ont attribué des propriétés et dés effets, et que par conséquent l'existence de cet agent est gratuitement supposée (2).
‘3° Que ce que l’on a nommé le magnétisme animal, réduit à sa valeur d’après l’examen et l'analyse dés faits, est l’art de faire tomber en convulsions, par l’attouchement des régions du corps les plus irritables et par les frictions que l’on exécute sur ces parties, les personnes très-sensibles, après les avoir disposées à cet effet par des causes mMultipliées et concomitantes que l’on peut varier à volonté, et dont plusieurs sont seules capables de provoquer les convulsions les plus fortes dans certains cas et dans certains sujets (3).
bien que ces conclusions, disons-nous, tendent à démontrer cela , elles ne sont rien moins que rigoureuses pour la plupart; done nous ne saurions les laisser passer sans critique.
(1) Mauvaise guerre faite aux systèmes ; nous l'avons déjà dit, il faut distinguer les bons et les mauvais systèmes : les bons systèmes sont l'œuvre des hommes de génie , les mauvais sont des erreurs de l'esprit humain.
(2) Cette conclusion aurait pu dispenser de toutes les autres. Une fois ceci bien prouvé, que l’agent magnétique n’existe pas, qu’est-il besoin de nouvelles conclusions pour prouver que ©’est à tort qu’on a attribué à cet agent des propriétés merveilleuses , que c'est à tort que la production de phénomènes nombreux lui a été rapportée, ainsi que la guérison de certaines maladies ?
Quoi qu’il en soit, au fond, ces premières conclusions soht vraies.
(5) Cette conclusion est erronée.
C’eût été trop accorder au magnétisme de l’époque que de le définir l’art de faire tomber les sujets en convulsions ; de même qu'aujourd'hui ce serait fäire trop d'honneur que de définir le magnétisme l’art de faire tomber les sujets en somnambulisme.
Et d’abord on n’a pas distingué suffisamment dans ce rapport les convulsions simulées des convulsions réelles ; ceci aurait dû être fait, car quel est le médecin qui n’a eu occasion d’observer de prétendues convulsions chez des femmes qui, pour se rendre intéressantes, simulaient des attaques d'hystérie ?
Nous avons en outre fait pressentir que les causes énumérées par les commis-
4° Nous avons commencé la seconde partie de notre rapport en remarquant que, si le prétendu magnétisme animal, célébré dans le dernier siècle, avait été réellement utile, HURRS s’en serait établi et perpétué (1).
5° Nous avons fait voir que C’est par erreur dans l'emploi des termes que l’on a nommé coction et crises les effets que produisent les procédés du magnétisme animal; qu'entre la coction et les crises, qui sont des moyens que la nature emploie pour guérir, et les effets du prétendu magnétisme, il n’y a de rapport que dans la consonnance des mots, tandis que toutes les conditions essentielles et constituantes sont diamétralement opposées (2).
6° Nous avons détaillé les dangers multipliés et graves auxquels expose l’usage du prétendu magnétisme animal; nous avons insisté sur les maux que lon doit redouter des convulsions qu’il excite et des évacuations qu’il occasionne (3).
Nous pensons en conséquence :
saires, comme propres à provoquer des convulsions réelles, sont toutes gratuites ; el d’ailleurs, avons-nous ajouté, les commissaires allaient au delà de ce qu’on devait attendre d’eux; ils auraient dû se borner à mettre le magnétisme hors de cause, et ne pas s'occuper à chercher des explications inadmissibles.
Aussi laconclusion présente est-elle complétement inutile; celle qui précède disait que le magnétisme n’existe pas, qu’est-il besoin par celle-ci d’en faire un art?
(1) Ceci n’est pas une conclusion.
(2) Ceci est une conclusion en rapport avec les connaïssances médicales de l’époque , conclusion complétement inutile, oiseuse, puisque par une précédente on est arrivé à dire que le magnétisme n'existe pas. Pourquoi dès lors s'attacher à prouver que les crises provoquées par les magnétiseurs ne ressemblent pas aux crises qu'on disaitobserver dans le cours des maladies. On aurait pu se borner à dire que les magnétiseurs ont donné aux scènes arrangées par eux le nom de crises, afin de faire croire qu'eux aussi pouvaient provoquer une action médicatrice ; pure annonce qui n’exigeait pas une dissertation nouvelle sur la doctrine des crises.
(3) Nous avons vu de notre côté que ces longs détails de dangers multipliés et graves ressemblent trop aux menaces des médecins contre les malades récalcitrants; nous avons dit que le danger était non du côté des fonctions organiques, comme le croyaient les commissaires, mais bien du côté des mœurs ; que c’est en cela qu’il fallait redouter les attouchements et les frictions, au lieu de se mettre à décrire les effets des convulsions et des évacuations.
DU MAGNÉTISME ANIMAL, 141 1° Que la théorie du Mmagnélisme animal est un système absolument dénué de preuves vi
2° Que ce prétendu moyen de guérir, réduit à l’irritation des régions sensibles, à l’imitation et aux effets de l'imagination, est au moins inutile pour ceux dans lesquels il ne s’ensuit ni éva- Cuations ni convulsions, et qu’il peut souvent devenir dansereux en provoquant et en portant à un trop haut degré la tension des fibres dans ceux dont les nerfs Sont très-sensibles (2).
3” Qu'il est très-nuisible à ceux en qui il produit les effets que lon a improprement appelés des crises; qu’il est d'autant plus dangereux, que les prétendues crises sont plus fortes, ou les convulsions plus violentes et les évacuations plus abondantes; et qu’il y a un grand nombre de dispositions dans lesquelles ses suites peuvent être funestes (3).
4° Que les traitements faits en public par les procédés du Magnélisme animal joignent à tous les inconvénients indiqués ci-dessus celui d'exposer un grand nombre de personnes bien constituées d’ailleurs à contracter une habitude Spasmodique et Convulsive, qui peut devenir la source des plus grands maux (4).
5” Que ces conclusions doivent s'étendre à tout ce que l’on présente dans ce moment au public sous la dénomination du magnétisme animal, puisque, l'appareil et les effets en étant partout les mêmes, les inconvénients et les dangers auxquels il expose méritent partout la même attention (5).
À Paris, ce 16 août1784.
Signé PoIssONNIER, CAILLE, MAUDUYT, ANDRY.
(1) Encore une conclusion qui aurait pu dispenser de toutes les autres.
(2) Cesexplications ont déjà été données : elles n’ont pas plus de forceici ; tout reste à prouver : l’irritation des parties sensibles, la tension des fibres, etc., etc.
(3) Il n’était nuilement besoin de raisonnements suivis de conclusions pour prouver que des mouvements convulsifs réels ou supposés ne peuvent faire aucun bien à ceux qui se livrent à ces mêmes mouvements. Quant aux évacuations, nous n’avons pas eu assez de détails pour nous expliquer à ce sujet.
(4) Il semble que la question de moralité a été laissée tout entière aux commissaires de l'académie des sciences ; tant les auteurs de ce rapport sont préoccupés des maux physiques qui, suivant eux, doivent nécessairement résulter des scènes magnétiques.
(5) Cetteconclusion dernière est juste; nous avons trouvé dans Ja note qui
142 HISTOIRE AGADÉMIQUE termine le rapport de Bailly une conclusion semblable ; il semble que tous les commissaires aient prévu une objection que ne manquent jamais de faire les magnéliseurs après toute épreuve qui leur est défavorable, savoir qu’on a eu à juger des cas particuliers et non le magnétisme en général ; c’est une objection qui a été faite à l’un de nous pour un rapport récent : cette objection est de nulle valeur. Pour l’ancien magnétisme, les commissaires étaient fondés à dire que, l'appareil et les effets étant partout les mêmes , leur conclusion était applicable au magnétisme animal , considéré comme doctrine générale. Sr De même pour le magnétisme renouvelé, nous aurions pu répondre que, les procédés mis en usage etles phénomènes étant les mêmes aussi, notre conclusion était également applicable à toute espècede magnétisme animal ; mais nous aurons plus tard occasion de revenir sur cette contestation.
ME, Te mm 4 te CN PSE ST.