XX VIII INTRODUCTION
dit-il , parce qu'alors l'attention était concentrée sur des faits en apparence plus merveilleux.
Mais hâtons-nous d'arriver aux fameuses convulsions de Saint-Médard, convulsions grotesques et souvent immorales, qui prirent tous les caractères d'une épidémie, précisément un siècle année pour année après les convulsions des religieuses de Loudun, c'est-à-dire en 1732.
Ce sont d'abord des malades qui vont sur le tombeau du diacre Paris demander leur guérison , moins encore, disait un croyant {Coup d'oeil eu forme de lettre sur les convul.y p. 2), pour leur propre avantage que pour le triomphe de la cause de Dieu. Alors surviennent des convulsions violentes qui auraient amené des guérisons, ou qui du moins auraient soulagé et fortifié le corps (loc. cit.).
Bertrand ne met pas en doute ces guérisons , et pour unique autorité il cite Carré de Montgeron , c'est-à-dire un homme qui avait joué un rôle actif dans toutes ces folies, et qui finit par se faire enfermer à la Bastille à cause de ses extravagances; lieu de retraite forcée où il composa encore deux gros volumes in-4° sur ces prétendus miracles, Bertrand trouve que les témoignages réunis par Carré de Montgeron sont si nombreux et si imposants , que les jésuites eux-mêmes n'ont jamais pu les réfuter! Et. en quoi consistent ces témoignages? quelles en sont les garanties? tout simplement des attestations , des signatures ! !
Cependant, attirée par l'étrangeté du spectacle et par les contorsions des eonvulsionnairos , la foule assiégeait chaque jour le cimetière de Saint-Médard ; l'autorité finit par intervenir et ordonna la clôture du cimetière. On sait la réflexion de Voltaire sur cette inscription si connue apposée sur la porte du cimetière :
De par le roi, défense à Dieu De faire miracle en ce lieu.