‹ Histoire académique du magnétisme animalChapitre 16 sur 107 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

c'est que Dieu, dit-il, prit le parti d'obéir à l'injonction faite de par le roi. Cette remarque est tout à fait inexacte, dit Bertrand; caries miracles loin de cesser depuis cette époque ne firent que se multiplier. Mais Bertrand se trompe lui-même ; défense ne fut pas faite à Dieu de cesser tout miracle, mais bien de les faire en ce lieu, et le fait est qu'à partir de là le cimetière ne fut plus le théâtre de ces miracles; Bertrand l'avoue lui-même dans ce passage : Les scènes, dit-il, eurent lieu dans des chambres particulières. Ce qui faisait dire à l'auteur de la lettre sur les convnlsionnaires (loc. cit., 30), que les maisons où ils se cachaient étaient devenues des églises domestiques. Mais en voici assez sur une plaisanterie que Bertrand a eu tort de prendre au sérieux; passons aux prodiges qui , dit-on , s'opéraient dans ces conciliabules.

Il y a une première remarque à faire : des faits en tout semblables à ceux qui un siècle auparavant s'étaient passés dans le couvent des Ursulines de Loudun , vont se renouveler ici , et à l'occasion tout simplement de la bulle Unigenitus- Dans un cas comme dans l'autre, il y aura convulsions, insensibilité, exaltation de l'intelligence , don des langues étrangères, clairvoyance, vision à de grandes distances , prédiction des événements à venir, etc., etc.; mais voyez quelles différences et pour l'interprétation de ces prétendus prodiges et pour leurs résultats! Dans le premier cas, les causes ne sont autres que des diables envoyés par un prêtre dans le corps des religieuses : c'est Astaroth , Asmodée , Zabulon et dix autres démons qui poussent les Ursulines à toutes ces extravagances; ici c'est l'œuvredeDieu. Pour expliquer tout cela, dit l'auteur contemporain que nous avons cité, il ne reste qu'un parti raisonnable à prendre, qui est de reconnaître le doigt de Dieu! {Loc. cit., 31 .) On avait bien pensé d'abord à Satan , mais on n'avait pas tardé à abandonner cette idée, attendu, dit notre au-

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teur, que Satan aurait bien mal connu ses intérêts s'il avait été l'auteur d'une œuvre dont les effets sont si contraires à rétablissement de son règne (loc. cit.).

Il en résulte qu'au lieu d'exorciser les convulsionnaires on les admire, on les aide, et on leur donne des secours grands et petits.

Quant à l'issue de ces nouvelles scènes, elle n'est pas moins différente; grâce aux progrès des lumières, on ne finit par brûler personne; on ferme d'abord le cimetière par ordonnance de police , puis on laisse les énergumènes donner leurs représentations à huis clos.

Mais voyons avec quelques détails quels étaient les prodiges opérés par lesconvulsionnaires.

Il faut placer avant tout les convulsions , puisque de là vient le nom des acteurs de ces scènes; il y avait donc des convulsions, mais variées, mais bizarres, et telles que les médecins devaient y reconnaître, avec Hecquet, un mélange d'hystéricisme et de fanatisme religieux, ou plutôt de mysticisme. Hecquet a presque toujours constaté et des symptômes d'hystérie, et des impulsions erotiques qui n'étaient rien moins que dissimulées.

Mais nous puiserons une partie de nos documents dans les écrits de ceux qui ont cru à la sainteté de ces convulsions; ce sera le moyen de ne pas charger le tableau.

Il n'y avait d'abord sur le tombeau du diacre que des mouvements désordonnés, violents, dits mouvements contre nature; mais ensuite et dans les conciliabules nocturnes,les mouvements prirentd'autres caractères. L'auteur de la lettre sur les convulsions n'hésite pas à reconnaître et à avouer qu'il y avait là des nuages, des taches , si l'on veut, qui obscurcissaient l'œuvre des convulsions, mais que tout cela trouvait son explication. Ainsi, dit-il, si certaines convulsions excitent chez les personnes du sexe des mouvements d'où pourraient naître de grandes indécences, si quelquefois elles se

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