‹ Histoire académique du magnétisme animalChapitre 86 sur 107 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous ne porterons pas plus loin ces détails qu'il nous serait facile de multiplier : ils nous apprennent qu'il n'y a en France aucunes compagnies de médecine qui aient adopté la doctrine du magnétisme animal ; qu'elles ont fait au contraire tous leurs efforts pour combattre cette erreur ; que les facultés, 1 es collèges, les corps de médecine même dans les petites villes, sont d'accord à ce sujet ; et la société étant la seule compagnie qui entretienne une correspondance très-étendue avec les médecins du royaume, c'était à elle à apprendre ce résultat au public. On peut même ajouter que nous savons, par notre correspondance, que la doctrine du magnétisme n'est adoptée dans aille fluide de l'aimant n'a aucune de ces propriétés; les expériences de M. Stei— glehner Font prouvé, et M. Mesmer lui- même Ta reconnu, puisque après avoir employé cette hypothèse il Ta abandonnée faute de réalité et de succès. Enfin une dernière différence entre ces deux principes, c'est que celui de l'aimant se démontre par des expériences physiques , et que celui de M. Mesmer n'est pas susceptible de démonstration , ou plutôt qu'il n'existe pas.

II sagit donc, dans la méthode qui consiste à employer l'aimant, d'un principe qui diffère entièrement de celui du prétendu magnétisme animal, d'un principe dont Y existence est prouvée en physique, dont l'action peut être dès lors raisonnablement étudiée en médecine, que l'on doit admettre enfin dans celte science, comme un objet réel de recherches et d'expériences , et indépendamment duquel on est d'autant plus fondé à nier ou rejeter celui du magnétisme animal, sans qu'on puisse en inférer aucune contradiction, que, de l'aveu même de. -es auteurs, ce dernier en est essentiellement distinct, et qu'il n'a avec lui aucune relation.

Que l'on juge maintenant les réclamations que s'est permises dernièrement M.Deslon.

cime des universités ou villes étrangères. Nous en avons rapporté quelques preuves dans ce mémoire. On connaissait d'ailleurs quel avait été son sort en Allemagne, et l'on sait qu'elle avait été rejetée en Prusse , comme on peut le voir par le Parère de l'académie de Berlin, imprimé en 4776 dans la Gazette salutaire.

Nous terminerons ce rapport par une réflexion qui naît de la circonstance. La société ne s'était point encore trouvée dans le cas de réunir sur le même objet les avis des différents corps de médecine du royaume. L'événement actuel lui en a offert l'occasion, et peut-être n'en retrouvera-l-elle aucune qui soit plus honorable; car, on doit le remarquer ici, il n'y a que des considérations du plus grand poids qui aient pu porter ces compagnies à s'élever contre une doctrine qui, vivement accueillie par l'enthousiasme public, offrait aux médecins des désagréments réels à la combattre. L'amour du bien public ne leur a pas permis de balancer sur le parti qu'elles devaient prendre, et c'est ce motif qui les a réunies contre le prétendu magnétisme animal. L'unanimité de leurs opinions, l'empressement et la fermeté des démarches dirigées de toutes parts contre cette erreur nouvelle, démontrent à quel point ces compagnies sont zélées pour la conservation de l'art et celle de l'humanité. Nous croyons que la société, flattée d'en posséder les témoignages, doit en donner connaissance au ministre; et, le gouvernement ayant jugé qu'il était de sa sagesse d'éclairer la nation sur cette doctrine, nous pensons qu'elle ne peut trop s'empresser d'entrer dans ses vues, en lui présentant sur cet objet le résultat de sa correspondance.

Je certifie que le présent extrait de la correspondance de la société roxjale de médecine, concernant le magnétisme animal, rédigé par M. Thouret , a été lu dans les séances tenues au Louvre , les 2 et 5 novembre 178ï, par celle compagnie qui m'a chargé de l'adresser au ministre.

A Paris , ce 15 décembre 1784.

Signé Vicq-d'Azib, secrétaire perpétuel.

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