‹ Histoire académique du magnétisme animalChapitre 96 sur 107 · ÊTRE CONSIDÉRÉ COMME L'EXPRESSION DE L'OPINION GÉNÉRALE DE · texte numérisé non relu

ÊTRE CONSIDÉRÉ COMME L'EXPRESSION DE L'OPINION GÉNÉRALE DE

l'académie ! ! ! (Foissac, op. cit. ,209). Et à quel titre, M. Husson, ce rapport serait-il l'expression de l'opinion générale de l'académie? Nous nous adressons à vous, car vous avez revu les épreuves de 31. Foissac? A quel titre, s'il vous plaît? Est-ce

parce que vous n'avez pas voulu le soumettre à la sanction de l'académie ? est-ce parce que vous en avez fait votre propre affaire ?

Au reste, et comme on le pense bien , les magnétiseurs ne tarissent pas en éloges sur ce rapport et sur son auteur.

Pourquoi faut-il cependant, disent-ils, avec un profond sentiment de regret, pourquoi faut-il que ce beau travail reste enfoui dans les archives de l'académie ? L'un d'eux, M. Teste, a fait à ce sujet des lamentations trop plaisantes pour ne pas les rapporter ici. Voici comme il s'exprime dans l'amertume de son cœur : «Rédigé par M. llusson, ce rapport, véritable ciiefd'oeuvre de précision et de clarté, fat publiquement lu à l'académie de médecine pendant les séances des 21 et 28 juin 1831. Ce rapport, dont la plupart des yens du monde et beaucoup de médecins ignorent jusqu'à l'existence, n'était ni plus ni moins que l'apologie complète (l'aveu est précieux), circonstanciée et surtout parfaitement raisonnée des idées que nous nous efforçons de propager aujourd'hui. — Eh bien ! à cette éclatante manifestation de ses plus illustres membres qua répondu l'académie de médecine? — Bien. — ■ Qua-t-elle dit de leur rapport? — Rien (Peut-on rien lire de plus bouffon? Ce n'est pas tout). Qu'en a-t-elle fait? — Rien, absolument rien ! (Pourquoi ne pas ajouter : Que pouvait-elle en dire? Rien. Que pouvait-elle en faire? Rien, absolument rien). Elle l'aenterré vivant dans ses archives (vivant ! M. Teste est bien bon; ce chef-d'œuvre était mort et bien mort; l'académie est tranquille sur ce point), où il gît encore (style lapidaire), et oùon voudrait nous le faire oublier (pas du tout, car nous venons de le publieraveenotes et commentaires); le fait est inouï, incompréhensible (pour incompréhensible, non, c'est un décès et un enterrement qu'on comprend parfaitement bien), inqualifiable, mais il est exact ; que nos illustres de la rue de Poitiers me démentent (Sans prétendre; à l'illustration, nous n'avons pas envie de démentir M. Teste; son oraison funèbre est jus te, exacte; e'est un fait inouï).

Puis arrivent des attaques non moins bouffonnes contre les deux membres réfractaires de la commission, MM. Double et Magendie : la postérité, s'écrie M. Teste, tiendra compte de leur indifférence ! (transact. magn.,13);il est étonnant que M. Teste ne les ait pas aussi menacés d'un petil compte à rendre après leur mort. Mais en voilà assez sur M. Teste connu unique-

ment par un échec écrasant dont nous aurons plus tard à raconter les incidents.

Chaque magnétiseur qui fait son entrée dans le monde commence invariablement par rendre hommage à M. Husson; en voici encore un, c'est M. Ricard, qui publie un traité théorique et pratique, bien entendu (car il faut vivre), du magnétisme animal ; avant de donner le rapport de M. Husson, rapport qui servira désormais de préface à tous les traités ex -professa, il montre que la cause des magnétiseurs n'est autre que celle soutenue par M. Husson : « L'académie, dit-il (p. 70), nomma une commission pour suivre les expériences, et, au bout de cinq années de patience et d'épreuves (tantœ molis erat) , les magnétiseurs se virent enfin triomphants ! »

Ce n'est pas tout, voyez les judicieuses réflexions sur l'importance du travail de M. Husson :

« L'académie, qui avait écouté attentivement la lecture de ce savant et judicieux rapport, resta tout ébahie aux récits de faits si surprenants ! (et il y avait bien de quoi, ce M. Ricard est naïf.) Néanmoins la victoire éclatante remportée sur le scepticisme eût dû certes accréditer le magnétisme à tout jamais; des chaires eussent dû être instituées dans nos facultés, en faveur de la plus importante de toutes les sciences, etc.

Qu'on nous dise maintenant si le travail de M. Husson était ou n'était pas de nature à compromettre l'académie? ce travail qui préparait le triomphe de tous les magnétiseurs sans exception ? ce travail qui devait désormais leur servir de prospectus, qui les mettait en mesure d'abuser de noms estimés et estimables ? Mais M. Husson s'était trop avancé avec les magnétiseurs, il ne pouvait plus reculer ; il leur a servi de marchepied, et nous le verrons bientôt prendre encore leur défense dans une occasion mémorable.

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