‹ Histoire admirable de la bienheureuse Jeanne d'ArcChapitre 31 sur 117 · ORLÉANS — BÉNÉDICTION DES ÉVÊQUES A LA FIN DE LA PROCESSION DU 8 MAI · texte numérisé non relu

ORLÉANS — BÉNÉDICTION DES ÉVÊQUES A LA FIN DE LA PROCESSION DU 8 MAI

sonnant de la trompette, tenant des torches allumées, parcourt les rues de la ville pour rappeler la première entrée de la Pucelle par la porte de Bourgogne. Le cortège arrive devant la cathédrale; il est rejoint par le mairede la ville portant l'étendard de Jeanne d'Arc. A l'instant même, les lourdes portes de Sainte-Croix tournent sur leurs gonds, et l'évêque, suivi de tout son clergé, sort de l'antique basilique, s'avance au-devant du magistrat municipal et reçoit de ses mains l'immortelle bannière, tandis que deux cents voix, accompagnées par plusieurs musiques militaires, saluent dans une patriotique clameur le drapeau de la délivrance.

Le lendemain, toutes les autorités religieuses, civiles ou militaires, entourées de l'élite orléanaise. se réunissent à la cathédrale pour entendre l'orateur chargé de rappeler les gloires de la Libératrice. Comme autrefois à la demande de Jeanne, le Saint Sacrifice est d'abord offert pour les fils de la France tombés au champ d'honneur. Puis, le panégyrique achevé, une procession, composée d'évèques. de prêtres, de clercs portant les reliques des saints, se forme aussitôt. Des bannières de toutes sortes se groupent autour de l'étendard de la Pucelle. enfin, derrière l'état-major et les officiers supérieurs qui viennent de quitter la cathédrale, s'avancent les régiments de la garnison d'Orléans. Tous se dirigent vers l'humble croix de fer dressée là où s'élevaient autrefois les Tourelles : ils vont chanter une hymne religieuse à l'endroit même où Jeanne fut jadis blessée.

De tout récents événements ont aujourd'hui modifié les choses. 11 a fallu, au 8 mai 1907. la maladroite intervention d'un pouvoir antireligieux pour réussir à briser cette touchante unanimité nationale qui. pendant un jour, ralliait les cœurs et les volontés sur le nom de Jeanne d'Arc, libératrice de la patrie.

Souhaitons que cette lamentable erreur soit passagère et que le retour aux traditions séculaires, honneur de la patrie, soit définitif pour l'honneur d'Orléans et de la France!

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