CHAPITRE XIX
CHARLES VII ET SON A.RMEE A SEPTSAULX — SOUMISSION DES BOURGEOIS DE REIMS — REGNAULT DE CHARTRES PREND POSSESSION DE SON SIÈGE ARCHIÉPISCOPAL — ENTRÉE SOLENNELLE DE LA PUCELLE ET DU ROI : PRÉPARATION DU SACRE PENDANT LA NUIT — LES ORNEMENTS RASSEMBLÉS — SUP- PLÉANCE DES PAIRS ABSENTS — LETTRE DE JEANNE AU DUC DE BOURGOGNE — LA CATHÉDRALE —
LA SAINTE AMPOULE LE SERMENT ROYAL LE SACRE : ENTHOUSIASME DES ASSISTANTS LA
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Le vendredi i5 juillet, Charles VII et son armée quittèrent Châlons pour s'avancer dans la direction de Septsaulx. Ce village est situé à quatre lieues de Reims : d'un côté s'étend la plaine champenoise, de l'autre coule la Vesle, dont la rive présentait alors, parmi les marais et les grandes forêts, des vignobles féconds. Là s'élevait le château des archevêques de Reims, construit et puissamment fortifié en 1171 par Henri de France, prélat qui occupait alors le siège de saint Rémi.
Dans le château fort de Septsaulx était installée une importante garnison anglobourguignonne. Mais les soldats qui la composaient, à l'approche des troupes royales, n'osant risquer les chances d'un siège, se retirèrent immédiatement.
Le 16 juillet au matin, une députation des gens d'Église, nobles, échevins et bourgeois de Reims, se présenta au château de Septsaulx; elle apportait à Charles VII les clés de la cité et en obtenait en échange des lettres d'abolition et de pardon complet pour tout le passé.
Les seigneurs de la cour assistèrent à cette audience solennelle durant laquelle la tradition rapporte que Jeanne d'Arc demeura en prières dans l'église de Septsaulx. Comme les bourgeois retournaient joyeux à Reims, ils furent suivis de près par Regnault de Chartres, leur archevêque, qui n'avait pas encore pu prendre possession de son siège, ni faire son entrée dans sa ville épiscopale, puisque les Bourguignons l'avaient occupée jusque-là.
Aussitôt la cérémonie religieuse de son intronisation accomplie, le prélat annonça au peuple que le roi pénétrerait dans la ville le soir même.
Les habitants s'empressèrent d'orner leurs rues et d'organiser des logements pour toute l'armée royale qu'ils consentaient à accueillir, à condition que ce fût pour peu de temps.