‹ Histoire anatomique des inflammationsChapitre 13 sur 41 · DES GLANDES ENFLAMMÉES · texte numérisé non relu

DES GLANDES ENFLAMMÉES

tuante dans l'abdomen , que l'on avait prise pour une ascite. Le rein gauche , dilaté et induré dans son tissu , formait la tumeur abdominale, qui pesait trente-cinq livres avec le liquide puriforme qu'elle contenait.

12 15. L'inflammation chronique du tissu du rein donne à son parenchyme une densité remarquable, et rend sa substance comme charnue et difficile à déchirer; sa couleur est alors d'un brun pâle, ponctuée de taches noirâtres. Les reins, ainsi affectés, augmentent beaucoup de volume. Harthman trouva sur le cadavre d'un colonel mort d'une néphrite chronique , les reins de la grosseur de petits melons , présentant un tissu dense et comme charnu, et renfermant dans leur substance tubuleuse un grand nombre de petils calculs. *

T2ï6. La suppuration qui s'effectue dans les reins enflammés d'une manière chronique, ne produit pas toujours des foyers aussi considérables; quelquefois le pus se creuse de petites cellules dans le tissu du rein , et s'écoule ordinairement aussi en même temps dans les voies urinaires. Une jeune fille périt d'un calcul vésical, qui avait pour noyau une aiguille qu'elle s'était introduite six mois auparavant dans l'urèthre , et qui était tombée dans la vessie. Morgagni ouvrit son cadavre. Après avoir décrit l'état de la vessie, qui était enflammée d'une manière chronique, et qui communiquait par une ouverture de son bas-fond avec deux trajets fistuleux s'ouvrant aux deux régions iliaques, il indique en ces termes l'état des reins : « Uretères « autem, ipsique renés pessime habebant; illi enim (( dilatati, pure erant pleni liquido et ex subflavo albi- « cante id est pure cum urina commisto. Renés autem

1 Ephem. German. , déc. 5, an ht, Obs. CXXII. II. I9

« œquo majores y dexter prœsertim, qui et durior et « cellulis intus excavatus parvis , sed pluribus , eodem- « que pure, ut pelyis quoque , adeo distentis 7 ut in « sectione altius prosiluerit. Renis sinistri tunicae « adiposa et propria inter se junctae, crassœ et durse « eiusdem modi pus coercebant, quo renis, quibus- « dam locis erosa superficies non secus ac passim « interiore- scatebat \ » Dans le rein droit, dont le tissu était induré , le pus occupait des cellules dans lesquelles il était si comprimé, qu'il jaillissait quand on les ouvrait. Cette circonstance n'est pas indifférente à remarquer, car elle indique un certain degré d'élasticité dans les parois de ces cellules, et elle se réunit avec le fait de la présence du pus, dans le bassinet et l'uretère, pour faire penser que ces cellules existaient dans le tissu tubuleux , le seul qui soit élastique, et le seul qui communique directement par ses mamelons avec le bassinet. Peut-être ces cellules n'étaient-elles que des tubes urinifères dilatés?

i-2 17. L'état du rein gauche enflammé, dans l'observation de Morgagni , nous fait connaître une disposition anatomique inflammatoire que nous avons vu se produire aussi dans l'état aigu (1188). La tunique du rein , réunie au tissu cellulaire environnant, induré et épaissi comme elle , enveloppait du pus qui s'était formé à la superficie de l'organe sur laquelle se trouvaient des érosions inflammatoires. Cette suppuration périphérique n'empêchait pas qu'il n'y eut aussi des points de suppuration dans ce rein.

12 18. Lorsque l'inflammation se prolonge dans les reins, la suppuration continuant à s'effectuer par les voies urinaires, le tisssu propre de la glande finit

' Epist. XLll, art, 20.

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