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par se détruire , et l'organe se réduit au tissu cellulaire interposé entre ses grains sécréteurs, et au tissu canaliculé qui reçoit l'urine et la porte dans les bassinets. Le premier effet de cette altération est la diminution de volume et l'affaissement de l'organe malade, qui finit par se réduire en un tissu spongieux, mollasse, plus ou moins pénétré de vaisseaux. Voici un exemple de cette altération.
Obs. CLXXI. Un jeune homme de quinze ans mourut d'une néphrite dont il était tourmenté depuis plusieurs années. Celte maladie avait déterminé l'expulsion d'urines purulentes et sanguinolentes; mais le malade n'avait pas rendu de sable.
A l'ouverture du cadavre on trouva le rein droit converti en un corps spongieux, vasculaire , injecté y infiltre d'une humeur visqueuse. Le bassinet était induré et comme cartilagineux; il se continuait avec l'uretère, dans la cavité duquel se trouvait une sérosité muqueuse. Le rein gauche était très tuméfié , induré, et entièrement privé de gi^aisse. La vessie avait deux cavités : la droite à laquelle aboutissait l'uretère droit était remplie d'une matière muqueuse épaisse, semblable à celle qui était dans le corps spongieux du rein; la cavité gauche était occupée par un calcul x.
Parmi les altérations trouvées dans le sujet de l'observation précédente, il faut remarquer l'absence de graisse autour du rein gauche, tuméfié et induré. Cette circonstance est importante parce que nous l'avons observée autour , et dans l'épaisseur d'autres tissus affectés d'inflammation chronique.
1219. Lorsque les désordres du tissu du rein ont été portés aussi loin que nous venons de le dire,
' Ephem German. , déc. 5, an iv, Obs. CX.
l'organisation des sécréteurs de l'urine , paraît encore se simplifier quand la phlegmasie vient à cesser, car ils ne sont plus que des corps vésiculeux et vaseulaires dans lesquels l'urine se dépose comme par une sorte de fîltration. Si, dans cet état, qui est plutôt une suite qu'un caractère de l'inflammation , on pousse de l'air par les canaux urinifères, il passe dans les artères émulgentes.
Obs. CLXXI1. Une femme qui avait été longtemps malade d'une affection néphrétique finit par périr au cinquième mois d'une grossesse.
L'un des reins était atrophié, car la cavité du bassinet était augmentée et la substance propre de la glande était diminuée d'épaisseur. L'autre rein , quoiqu'il parût avoir augmenté d'étendue dans tous les sens, n'était pas moins très diminué de volume. L'épaisseur de son parenchyme était très petite , et la cavité du bassinet considérablement dilatée , cependant la communication de cette cavité avec l'uretère était tellement rétrécie que l'air insufflé dans ce canal la franchissait à peine. On remarquait dans ce bassinet une multitude d'orifices qui communiquaient avec de grandes cellules; on distinguait ensuite sur les parois de ces cellules, d'autres orifices par lesquels l'air insufflé distendait plusieurs petits canaux, et pénétrait dans l'artère émuîgente. Ces petits canaux suivaient une direction transversale aux rameaux artériels ; les petites cellules étaient pleines d'urine; la surface du rein était formée par des vaisseaux sanguins qui semblaient serrés en une couche assez épaisse. '
1220. Dans la plupart des néphrites chroniques, surtout dans celles qui ont fait naître des foyers pu-
1 Morgagni, Epist XL, art. 18.
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rulents, multiloculaires, on trouve des calculs plus ou moins nombreux dans ces foyers et dans le tissu des reins. On explique Ja formation de ces concrétions calculeuses par la stase de l'urine pure ou mêlée au pus dans les cellules qui se sont formées dans le rein , ou dans les canaux excréteurs qui constituent Ja substance tubuleuse. La forme des calculs néphrétiques et la facilité de les détacher ; le tissu du rein autour d'eux, quand ils ont un certain volume, prouvent évidemment que comme les calculs hépatiques, ils ne se forment pas dans le parenchyme glanduleux luimême; aussi croyons-nous qu'ils sont bien plus souvent effets que causes des phlegmasies des reins dans lesquels ils se trouvent.
SECTION IV
Inflammations gangreneuses des tissus glanduleux.
1121. Bonet, Morgagni, Lieutaud , et presque tous les auteurs de recueils d'observations, ont publié des exemples de gangrènes des parotides, mais ils n'ont pas exactement indiqué les caractères anatomiques des altérations de ces organes, aussi ne pouvonsnous tirer parti de leurs observations. Nous avons vu nous-même une parotide gangreneuse, qui parut critique d'une fièvre de mauvaise nature; le seul caractère anatomique dont nous fûmes frappé , comme propre à distinguer les parotides des simples phlegmons gangreneux, fut une mollesse comme pâteuse de l'organe enflammé, et en voie de mortification. Cette mollesse persistait dans l'eschare, qui cependant s'endurcit et s'affaissa à mesure que le travail de sa séparation s'effectuait.
1222. Portai a recueilli l'observation suivante sur Ja gangrène du pancréas.
294 ÂWATOMIE PATHOLOGIQUE
Obs. CLXXIII. Un marchand avait éprouvé, à diverses reprises plus ou moins rapprochées et pendant plus de deux ans , de vives douleurs qu'il appelait des coliques. Ces douleurs avaient leur siège profondément au-dessus de l'ombilic; elles étaient souvent précédées ou suivies de nausées ou de diarrhées. On ne trouvait au toucher ni gonflement ni endurcissement; le malade n'avait pas la bouche sèche et n'éprouvait pas de soif. Il maigrit considérablement; les douleurs redoublèrent ; le pouls s'anima; la chaleur de la peau devint acre et très forte; le plus léger contact du bas-ventre était très douloureux; les urines étaient rares et rouges. Cet état dura près de vingt jours; le malade périt lorsque l'on ne s'y attendait pas.
A V ouverture du cadavre y le pancréas se trouva d un rouge violet, ramolli, laissant suinter de sa surface extérieure une humeur noirâtre et fétide, enfin, il était gangrené dans presque toute son étendue. L'estomac et le duodénum étaient comme enflammés en divers endroits. *
La phlegmasie gangreneuse du pancréas, bien caractérisée dans cette observation, paraît s'être manifestée après une inflammation chronique; il est même probable, comme nous avons déjà vu cela arriver dans d'autres tissus, que la phlegmasie aiguë ne prit si facilement et si complètement le caractère gangreneux, que parce qu'elle éclata dans un organe déjà altéré par une phlegmasie chronique.
1223. L'auteur de l'observation précédente regarde la gangrène du pancréas comme une suite fréquente de son inflammation ; cependant les faits dans lesquels l'existence de cette affection est incontestable ?
' Anat. mcd. , t. V, p. 7>53.
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comme dans celui-ci, ne se trouvent qu'en très petit nombre dans les auteurs.
1224. Le foie gangrené présente, d'après Portai, les caractères anatomiques suivants : Son tissu est infiltré d'une sérosité sanieuse , très fétide ; il est tellement ramolli qu'on ne peut le toucher sans le déchirer. Baillie n'a jamais observé la gangrène du foie ; il la regarde comme très rare. Il est, en effet, très probable que dans beaucoup de faits recueillis par les auteurs, comme des exemples de gangrènes, il n'a réellement existé que ramollissement du parenchyme hépatique. Morgagni a cependant rapporté l'histoire d'un vieillard qui périt évidemment d'une gangrène des organes digestifs, et très probablement d'un sphacèle du foie; mais il donne peu de détails sur l'état anatomique de ce viscère , puisqu'il se contente de dire : « Sinister jecoris lobus inventus est laxus et « sphacelo prorsus vitiatus. » -
1225. Ce que nous avons dit des gangrènes du foie, observées par les auteurs, nous le dirons à plus forte raison de celles des reins. Il est impossible de juger dans tous les cas présentés comme des exemples de sphacèles, des organes sécréteurs de l'urine, s'il y a réellement eu mortification, et, à plus forte raison, de déterminer les caractères de cette gangrène. Le seul fait dans lequel il serait très probable qu'il y a eu réellement sphacèle des reins, est celui observé par Fabrice de Hilden, sur le cadavre de son propre fils; le tissu des reins était gonflé, ramolli et pénétré d'une sérosité fétide. a
' Epist. anat. med. XXXIV, art. 25.
2 Obs. med. chirurg. , Lib, VI,*P« 774-