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CHAPITRE III

DES ALTÉRATIONS DES FLUIDES PAR SUITE DES INFLAMMATIONS DE LEURS ORGANES SÉCRÉTEURS.

1476. Avant d'indiquer en général les altérations que l'inflammation des organes sécréteurs produit dans les fluides qu'ils préparent, nous commencerons par étudier ces altérations dans les différents organes sécréteurs en particulier; nous examinerons donc successivement les fluides sécrétés l par les membranes séreuses, cutanées, mucipares (muqueuses et villeuses) enflammées; il ne sera pas question des altérations inflammatoires des fluides sécrétés par les glandes, non qu'elles n'existent pas, mais parce qu'elles sont presque complètement inconnues. Nous n'avons pu faire que quelques remarques très incomplètes sur les fluides sécrétés par ces organes enflammés, et nous les avons rapportées en parlant des caractères anatomiques de leurs inflammations.

SECTION I

Du fluide sécrété par les membranes séreuses enflammées.

i477« Nous avons indiqué, en parlant des membranes séreuses dans l'état sain, quelle est la nature du fluide auquel elles donnent naissance (80 et suw.).

1 Nous réunissons ici les perspirations et les exhalations opérées par les tuniques séreuses et cutanées , et nous les rapprochons des sécrétions plus compliquées dont la peau elle-même, les tuniques mucipares et les glandes sont les instruments 5 nous admettons cependant de grandes différences entre les exhalations ou les perspirations et les vraies sécrétions ; mais il s'agit ici moins de ces fonctions que des produits altérés par la maladie de leurs organes préparateurs.

PAR LES INFL. DE LEURS ORGANES SECRET. /+q5

En traitant des phlegmasies de ces tuniques, nous avons fait connaître les variations de quantité des produits de leur sécrétion ( 1 19 et suiv.); il ne nous

' reste donc qu'à parler des modifications que la sérosité éprouve aux différentes périodes des phlegmasies dans ses qualités physiques, chy iniques et physiologiques.

1478. Au début de l'inflammation des séreuses, la cavité qu'elles circonscrivent contient une plus ou moins grande quantité de sérosité légèrement jaune, diaphane, un peu visqueuse, qui verdit le papier bleu. Abandonné à lui-même, ce fluide se trouble légèrement et laisse déposer quelques petits flocons qui glissent sous les doigts et s'écrasent aisément. Par lébullition on obtient des flocons albumineux, qui égalent en volume du douzième au quinzième de la sérosité qui surnage. Privés par la compression de l'eau qu'ils retiennent, ces flocons forment un poids de o,o5 à 0,08, de la totalité du liquide avant l'ébullition.

1 479* ^a surface d'une séreuse est recouverte le lendemain dune injection irritante faite dans sa cavité, d'une couche blanche un peu grisâtre, visqueuse. Cette substance est molle, filante, de consistance muqueuse; trempée dans le vinaigre froid, elle se présente sous la forme d'un mucus diaphane, louche,

- qui sert de véhicule à de petits corps d'un blanc jaune, incorporés dans son épaisseur. Dix grains de cette matière mêlés et triturés dans un mortier avec deux onces d'eau distillée tiède, se dissolvent complètement; le liquide est un peu louche. Traité par l'acide nitrique, il présente une sorte d'énéorème d'un blanc jaune, qui se précipite et fournit environ

do l x grains d'une matière pulvérulente sèche. L'eau

restante, traitée parla solution de deutochlorure de mercure, précipite une matière muqueuse filante qui se durcit et devient cassante quand on la dessèche. Cette matière, jetée sur des charbons, se raccornit , puis se fond et brûle ensuite en répandant une odeur ammoniacale très pénétrante. Cette substance, demi -coagulée, que Ton recueille sur la surface de la séreuse, n'est point déposée parce que la sérosité est saturée de principes, et ne peut pas la dissoudre. Cette dissolution n'a pas lieu, parce que la substance plastique est spontanément coagulable; car si elle était uniquement nlbumineuse, elle serait: dissoute par la sérosité qui est encore fortement alcaline, et qui peut encore dissoudre une quantité d'albumine pure égale à celle qu'elle contient, comme nous l'avons constaté.

j/j8o. Soixante heures après l'injection, la membrane séreuse est tout-à-fait enflammée ; la couche qui la tapisse est plus épaisse, très visqueuse, plus dense, et constitue une pseudo - membrane commençante. Quant à la sérosité épanchée dans la cavité séreuse, elle est très visqueuse et trouble; elle verdit plus fortement le papier de tournesol que ne le fait la sérosité recueillie à une période moins avancée de l'inflammation. Abandonnée à elle-même, elle dépose des flocons qui sont réunis par une couche de mucus filant assez liquide; le poids de ce précipité est au poids du liquide extrait du thorax, dans le rapport de 2,5 ou 3 à ioo. Par l'ébullition , la sérosité se remplit de flocons blanchâtres, coagulés, friables, qui ne forment pas moins que du vingtième au vingt-cinquième du volume total du liquide; leur poids, après qu'on les a soumis à une forte pression, est de o,i i à o,i 3 du poids total du sérum avant l'ébullition.

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