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pression, étaient secs et friables; ils graissaient les doigts , et le papier Joseph s'imbibait d'une petite quantité de matière grasse. Jeté sur des charbons , ce coagulum se fondait sans se racornir , et donnait une odeur fade non ammoniacale.
i485. On peut conclure de ces analyses, sans dépasser leur conséquence rigoureuse, que les fluides épanchés dans la membrane séreuse enflammée, présentent des éléments qui se modifient de la manière suivante, aux diverses périodes de l'inflammation. Au début de la phlegmasie , à peine si la sérosité épanchée laisse déposer des parties coagulées. Traitée par la chaleur, ce fluide fournit de o,o5 à 0,08 de substance concrète; cependant déjà la surface de la séreuse est couverte d'une couche de matière blanche grisâtre, visqueuse; il y a donc déjà épanchement de matière plastique, ou spontanément coagulable, ou dépôt de cette matière sur la séreuse. Déjà aussi cette matière a des propriétés chymiques qui démontrent qu'elle n'est pas uniquement albumineuse; si cela était, la partie séreuse du liquide la retiendrait en dissolution (1479). L'inflammation est-elle confirmée, la sérosité est devenue plus alcaline ; elle dépose par le repos 0,02 à o,025 d'une matière comme muqueuse , floconneuse; elle contient en outre une plus grande quantité de matière coagulable par l'ébullition. Indépendamment de ces produits , on trouve encore sur la surface de la séreuse une couche plastique plus épaisse. Enfin , lorsque la phlegmasie a duré pendant quelques jours , le fluide épanché laisse déposer une plus grande quantité de matière floconneuse et comme pulvérulente , quoique ses parties coagulables par l'ébullition ne semblent pas avoir changé. Ainsi, à ce degré, il n'y a pas seulement augmentation de matière coagu- 11. 32
lable , il y a un mélange, qui était déjà remarquable dans l'inflammation confirmée, mais qui est devenu plus tranché : c'est celui d'une matière visqueuse , semblable à la couche plastique de la surface séreuse , et d'une matière pulvérulente qui présente des globules au microscope et réunit les caractères du pus véritable. Cette succession de phénomènes est bien remarquable; elle nous montre la sérosité devenant de plus en plus riche en matière plastique organisable à mesure que la phlegmasie fait des progrès , recevant par conséquent du sang et une plus grande proportion d'albumine et une quantité croissante de fibrine, car nous verrons que c'est cette substance qui constitue les pseudo-membranes à leur formation ; elle nous fait voir enfin dans ce fluide de véritables molécules purulentes. On sait déjà que dans certaines phlegmasies des séreuses , ces molécules sont si abondantes , que la sérosité épanchée est tout-à-fait purulente, et présente même du pus véritable et pur occupant les parties les plus déclives (i3o). Il faut aussi remarquer que ces sécrétions de pus presque pur dans les séreuses , ne s'observent que si l'inflammation est fort intense; à un degré de violence extrême, ce n'est plus la fibrine altérée et mêlée d'albumine qui constitue le pus, qui est exhalée, c'est du sang pur, ou au moins de la fibrine demi-colorée qui se coagule immédiatement en une substance gélatiniforme plus ou moins mêlée de flocons visqueux, rouges ou roses. La formation progressive des molécules purulentes dans le fluide sécrété par les séreuses enflammées, présente, comme on voit, la même succession de phénomènes que celles du pus dans les mailles des tissus. D'abord , épanchement de matière spontanément coagulable et en partie fibrineuse, et ensuite modi-
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fication de cette substance qui se convertit pour une portion en pus , pendant qu'une autre partie s'organise et forme des fausses membranes.
i486. Les produits de l'inflammation présentent quelques modifications dans les membranes synoviales. Ces tuniques sécrètent dans l'état sain un fluide très visqueux , qui tient en dissolution de l'albumine combinée à une certaine quantité de fibrine (Vauquelin) qui s'en sépare, quand on traite la synovie par l'eau, en flocons comme filandreux ; cette dissolution est naturellement opérée par un excès de soude. Aussitôt que l'inflammation existe dans ces membranes, une sérosité liquide, peu visqueuse, s'épanche; et il se forme un précipité floconneux , visqueux et filandreux , dès le début de l'inflammation. Pour peu que la phlegmasie existe, même pendant assez peu de temps, on trouve du pus dans l'articulation. La facilité avec laquelle ce fluide s'y produit est telle, qu'il s'y remarque quelquefois avec des caractères, à peine sensibles, de phlegmasie de la synoviale. Cette facilité, avec laquelle la synovie se convertit ainsi en pus, tient évidemment à la présence naturelle de la fibrine dans sa composition. C'est sans doute aussi à cette substance qu'il faut attribuer les pseudo- membranes, plus ou moins organisées , qui se trouvent sur les surfaces synoviales enflammées, et qui sont si épaisses que l'on ne concevrait pas aisément une sécrétion aussi abondante de substance plastique, sur une surface aussi peu étendue.
SECTION II
Des fluides sécrétés par la peau enflammée.
1487- Le sérum, accumulé dans les phlyclènes des vésicatoires (523), dans celles desbrûlures et dans celles
que font naître les sinapismes, est un fluide jaunâtre 9 limpide, qui se trouble assez promptement et laisse précipiter un énéorême très léger, que Ton rend plus épais en y ajoutant de l'eau froide. Analysée par rM. Margueron , la sérosité des vésicatoires s'est trouvée composée de : eau 0,78, albumine 0,18, muriate de soude 0,02 , soude 0,01 , et phosphate de chaux 0,01 . Le même chymiste a reconnu les mêmes principes, mais en proportions variables , dans la sérosité des phlyctènes des sinapismes et des brûlures; on voit que cette sérosité diffère peu du sérum du sang.
1488. Lorsque les phlyctènes ont persisté vingtquatre à trente heures sans être ouvertes, le fluide qu'elles contiennent présente déjà de notables différences : ou il est liquide , ou il est à demi coagulé en une masse gélatini forme et tremblotante. Dans le premier cas, il est trouble, visqueux, et laisse déposer, par son mélange avec l'eau froide, une substance jaunâtre, gélatiniforme, visqueuse, qui donne naissance, quand on la laisse se dessécher a l'air, à une sorte de pellicule insoluble. Le sérum qui a fourni ce précipité, exposé à la chaleur, se coagule en un caillot tremblotant, jaune blanchâtre, qui contient une assez grande quantité de sérum dans son épaisseur. La surface du derme, qui a fourni la sérosité liquide dont nous venons d'indiquer la composition, reste en outre couverte d'une couche couenneuse, très mince, comme muqueuse. Celte couche est formée d'un fluide pulpeux , soluble en totalité dans l'eau tiède, d'où il se précipite en matière jaune, comme pulvérulente par l'addition de l'acide nitrique.
148g. Lorsque les phlyctènes sont remplies d'une matière gélatineuse, on reconnaît évidemment que cette substance contient, incorporée avec elle, une
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sérosité donton la débarrasse parla compression ou par la dessiccation. Thomas Dowler a reconnu que cette matière, séparée de la sérosité qui l'infiltré, était purement fibrineuse, comme la couenne inflammatoire dépouillée de sérum x. Nous avons constaté, en soumettant à Faction du feu, dans une cuiller d'argent , une petite quantité de sérosité écoulée goutte à goutte d'une masse gélatineuse qui se trouvait sur un vésicatoire , que cette sérosité présentait une partie coagulable par la chaleur, et que cette substance coagulée était pulpeuse, friable, sans élasticité et brûlait, comme l'albumine, sans se racornir.
1490. En examinant les phénomènes qui se succèdent à la surface d'une inflammation cutanée qui a présenté la concrétion gélatiniforme, on reconnaît bien facilement les modifications que les progrès de l'inflammation apportent dans la sécrétion des fluides. Cette couche gélatiniforme s'affaisse, devient plus dense et en même temps assez friable; elle prend une teinte jaune, et se dissout en deux jours dans le produit de la sécrétion cutanée, qui est visqueux, un peu jaune et légèrement trouble. Il suffit d'une petite quantité de celte matière comme pulpeuse, et du fluide jaune visqueux , qui s'épaissit et se renouvelle sur la peau enflammée, recueillie le cinquième ou le sixième jour, pour reconnaître, en la traitant par l'eau une petite quantité de matière jaune grisâtre, pulvérulente , qui se précipite et qui présente les caractères du pus véritable.
1491- Les inflammations érythémoïdes chroniques du derme nous présentent pour suppuration une matière jaune verdâtre, assez liquide; tantôt plus, tantôt moins séreuse; quelquefois évidemment mêlée à- du
1 Medic, chirurg. transact., t. XII.
sérum, qui relient un peu de la teinte rouge du sang, et même à du sang pur. Quand la surface enflammée est trop irritée, cette matière, traitée par un excès d'eau froide , présente deux parties bien distinctes, l'une insoluble, un peu visqueuse, comme pulvérulente, et l'autre soluble, qui se précipite en petits flocons par l'action de la chaleur. La première est évidemment une matière plus ou moins purulente, et la seconde la substance albumineuse concrescible du sérum.
1492. Les inflammations cutanées, et surtout celles qui sont chroniques , telles que les dartres , les érysipèles chroniques, font naître, outre le fluide séropurulent, un fluide d'une odeur plus ou moins pénétrante , ordinairement visqueux , plus ou moins mélangé avec le premier. Ce fluide est fourni par les follicules sébacés du derme; car il conserve l'odeur propre aux parties où il se trouve. Il suffît d'avoir vu des dartres ou des érysipèles sous les aisselles, au pli de Faîne et au voisinage de l'anus, pour avoir été frappé de l'odeur fétide sui generis du fluide sécrété par ces surfaces enflammées. C'est au mélange d'un semblable fluide qu'est due l'odeur si pénétrante du pus qui suinte du cuir chevelu dans la teigne (61 1).
i493. MM. Thenard et Chevillot ont analysé les croûtes des teigneux; ils les ont trouvées composées, pour la plus grande partie, d'albumine coagulée; elles contenaient aussi une assez grande proportion de gélatine. Ces expériences ont éxé recommencées par M. Vauquelin , et ont donné les mêmes résultats. Il serait à désirer qu'on reprît ce travail, aujourd'hui qu'il paraît démontré que la matière animale, que l'on indiquait sous le nom de gélatine, était tantôt une combinaison binaire d'albumine avec Feau , et tantôt
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une combinaison ternaire d'albumine , de fibrine et d'eau.
i494« ^e que n°us disons de l'analyse des concrétions teigneuses peut s'appliquer à celle des croûtes et des écailles dartreuses; l'analyse que M. Vauquelin en a faite, sur l'invitation du professeur Alibert , laisse beaucoup à désirer. Ce savant ehymiste a trouvé que les écailles dartreuses étaient formées d'albumine, de mucus, de muriate de soude, de sulfate de soude, d'acide phosphorique libre et de phosphate de chaux. Quant aux croûtes, elles contiennent de l'albumine, du mucus, du muriate et du sulfate de soude, du phosphate et du carbonate de chaux. Cette analyse semble prouver que les écailles doivent particulièrement leur dureté et la différence de leur structure d'avec celle des croûtes formées, comme elles, des produits de la sécrétion altérée du derme, à la présence de l'acide phosphorique. Si cet acide existait dans les croûtes, on n'y trouverait pas de carbonate de chaux qui ne se rencontre pas en effet dans les écailles.
i/J95. L'examen des fluides sécrétés par la peau enflammée nous montre d'abord cet organe donnant naissance à un liquide séreux , semblable au sérum du sang, mais contenant déjà une plus grande quantité de matière coagulable; cette quantité va même en augmentant. Ce n'est plus seulement de l'albumine que ce fluide contient, c'est aussi de la fibrine qui, unie à l'albumine , se présente sous forme gélatineuse. Plus tard enfin, des molécules purulentes paraissent, et finissent par y être en assez grande quantité pour que le produit de l'inflammation soit tout-à-fait purulent. L'analyse chymique et l'examen microscopique démontrent la présence de ce pus véritable.
5o4 ALTERATIONS DES FLUIDES
qui se trouve toujours dans les phlegmasies chroniques du derme. Dans ces dernières on remarque, outre la sécrétion purulente, celle d'un liquide coagulable, plus ou moins albumineux , et mêlé aux sécrétions sébacées altérées, et donnant naissance à des fluides conerescibles, plus ou moins saturés de différents sels qui se retrouvent dans la plupart des produits animaux. C'est à ces modifications de composition chymique que sont dues les différentes formes de squames, de croûtes, etc., que prennent les fluides concrètes que font naître les diverses inflammations chroniques du derme.
SECTION III
Des fluides sécrétés par les tuniques mucipares enflammées.
1496. Nous avons fait connaître ailleurs les modifications que détermine l'inflammation , dans la quantité des fluides sécrétés par les membranes mucipares (682 et suiv.), parmi lesquelles nous comprenons la villeuse gastro -intestinale. Il nous reste à examiner en quoi consistent ces modifications.
Les fluides sécrétés par les muqueuses enflammées, sont ou muqueux, ou séro-muqueux, ou mucosopu ri formes.
1497. Le fluide muqueux qui se sécrète pendant l'accroissement de l'inflammation , est, dans Fophthalmie, un fluide assez peu dense, visqueux , d'un blanc un peu jaunâtre; dans le coriza, c'est une matière plus liquide, demi-aqueuse, et d'un blanc jaune ; dans la bronchite aiguë, c'est une matière d'abord diaphane, peu visqueuse, qui file comme du blanc d'oeuf étendu d'eau. Cette matière adhère assez
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fortement aux vases dans lesquels on la reçoit; elle se divise en filant quand on renverse ces vases. Dans les gastro-entérites, c'est une matière abondante, liquide, dans laquelle nagent des grumeaux plus épais; elle est plus ou moins colorée par la bile qui ne pénètre cependant pas les flocons muqueux qui restent blancs et diaphanes; dans la diarrhée, le produit de la sécrétion est coloré en jaune pâle et moins floconneux. Dans le vagin et le canal de l'urèthre enflammés, le mucus est d'un blanc diaphane, assez liquide; il se montre, s'il vient de la vessie, uni à l'urine par flocons visqueux qui s'en séparent aussitôt qu'elle est tombée dans le vase, et s'il provient de la muqueuse du rein , il est comme dissous dans l'urine, et se dépose en énéorême filant, assez dense, et d'uu jaune légèrement gris.
1498. Le mucus sécrété dans la période d'accroissement des inflammations des membranes mucipares , a les propriétés suivantes : il verdit les couleurs bleues végétales; celui qui provient du tube digestif est le seul qui reste acide; tous les autres deviennent alcalins aussitôt que l'inflammation les a modifiés. Ils doivent probablement celte propriété à un excès de soude pure dont M. Vauquelin a reconnu la présence dans le mucus des fosses nasales, des sujets affectés de coriza. Plongé dans l'eau, ce fluide muqueux surnage; l'acide sulfurique le dissout, mais par l'addition de l'eau , il s'en sépare facilement; alors il surnage y ou il reste suspendu en flocons dans le liquide (Darwin); le mucus étendu dans douze parties d'eau, se dissout complètement par l'addition de deux parties de sous-carbonate de potasse.
i499« Examiné au microscope, le mucus inflammatoire présente des molécules irrégulières, inégales,
5o6 ALTÉRATIONS DES FLUIDES
diaphanes et comme frangées; la quantité de ces corpuscules est très variable, et on ne peut les observer qu'avec une lentille très forte; ils sont fort rares dans les mucosités gastriques; ils sont plus nombreux dans celles des bronches, et plus évidents encore dans celles des fosses nasales. Ces caractères sont-ils moins tranchés dans l'état sain , nous ne pourrions l'affirmer, nous n'avons examiné le mucus que dans lescorizas, les catarrhes pulmonaires et les vomissements muqueux.
i5oo. Les excrétions séro-muqueuses des membranes mucipares, sont plus liquides que celles qui sont simplement muqueuses, quelquefois même elles sont complètement aqueuses, comme on le remarque dans les diarrhées séreuses. Dans les excrétions séromuqueuses des bronches enflammées, on trouve souvent des stries de sang, des grumeaux blanchâtres coagidés qui en ont quelquefois imposé pour des débris de tubercules; c'est pendant que celte sécrétion s'opère sur la muqueuse pharyngo-trachéale et sur la villeuse digestive, que se forment les pseudomembranes des angines couenneuses et du tube digestif auxquelles nous reviendrons.
iooi. Le mucus séro-muqueux7 excrété pendant les inflammations aiguës, est ordinairement fort acre; c'est lui qui excorie les lèvres en s'écoulant des fosses nasales, le pourtour de l'anus dans les diarrhées, et la partie supérieure et interne des cuisses dans les leucorrhées aiguës. Traité par l'eau bouillante, il présente une partie qui se coagule; cette partie, évidemment albumineuse, est dans quelques cas, fort peu abondante; elle donne seulement alors une teinte laiteuse aux flocons muqueux qui nagent dans le liquide; tantôt elle est assez considérable pour que
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le liquide se remplisse de grumeaux blancs albumineux , qui ne diffèrent de ceux que produit le sërum du sang que par la matière muqueuse qui est incorporée avec eux, et qui les fait glisser sous les doigts. On peut constater ces propriétés chymiques, en faisant cracher des individus atteints de catarrhe, dans l'eau bouillante, ou dans l'eau fortement acidulée avec le vinaigre.
i5o2. Le fluide rnucoso-puriforme, sécrété par les surfaces muqueuses enflammées, est le produit de ces phlegmasies que l'on a le plus souvent occasion d'observer; c'est celui qui indique ce que l'on appelait autrefois l'état de coction de la maladie.
Dans l'ophthalmie, et surtout dans l'ophthalmie palpébrale puriforme, ce fluide s'écoule en grande abondance de la surface delà conjonctive sous la forme dégouttes arrondies; il est jaune, filant, opaque, assez visqueux, encore un peu acre; dans le coriza, l'excrétion de ce fluide se remarque quand l'inflammation vient à diminuer.
Expectorée dans les bronchites , cette substance constitue les crachats que les anciens nommaient cuits, qui indiquent la diminution de l'intensité de la phlegmasie aiguë. Ces crachats sont d'abord une substance séro-muqueuse , dans laquelle se présentent des masses opaques, jaunâtres, agglomérées; cette matière augmente en quantité, et constitue bientôt toute la substance expectorée. On voit alors dans les vases qui la reçoivent, un liquide opaque, jaune, fluide, en plaques arrondies, entouré d'une petite quantité de liquide muqueux, filant, blanc et diaphane, dans lequel on remarque de petites bulles d'air!
Dans les diarrhées , la matière mucoso-puriforme
5o8 ALTÉRATIONS DES FLUIDES
prend une couleur jaune grisâtre ; les selles semblent formées de purée visqueuse, dans laquelle nagent des grumeaux à demi condensés de fluide albuminomuqueux.
Dans la blennorrhagie, c'est cette matière mucosopuriforme, d'un jaune verdâtre, qui coule si abondamment ; elle se remarque aussi dans les urines des individus affectés de cystite et de néphrite. Dans le dernier cas, elle est mêlée à l'urine, dont elle se sépare en deux ou trois heures sous la forme de flocons assez visqueux , opaques , qui forment alors une couche assez abondante au fond du vase. Dans la cystite, ils se précipitent tout de suite, et présentent un degré de viscosité très marqué. L'urine dans la néphrite pénètre la couche muqueuse, et en sépare, pour ainsi dire, les flocons constituants; dans la cystite, elle surnage cette couche, et ne paraît pas la pénétrer. Une mucosité jaune, épaisse, diaphane, tient réunis les flocons assez denses du fluide mucoso-purulent.
i5o3. Nous avons traité par l'eau tiède le fluide mucoso-puriforme de l'ophthalmie palpébrale, celui du coriza , celui du catarrhe pulmonaire et celui de la blennorrhagie. Ces fluides surnagent; après une trituration de quelques instants , le véhicule devient laiteux, et des flocons muqueux, diaphanes, nagent et se rassemblent dans ce liquide; il se dépose par le repos, une matière purulente d'un jaune grisâtre, qui a tous les caractères du pus véritable. Cette matière est en d'autant plus grande quantité que le liquide sur lequel on agit est moins visqueux, et se rapproche plus de l'opacité et de la couleur jaune verdâtre du pus.
i5o4- La plupart des phlegmasies chroniques des membranes mucipares déterminent l'excrétion de
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mucosités puriformes; tels sont ces crachats plus ou moins visqueux dans lesquels nage un flocon de matière blanche, uiLpeu jaunâtre, opaque; telles sont ces mucosités d'un jaune grisâtre, qui sortent des fosses nasales dans les corizas chroniques; tels sont ces flux jaunes visqueux qui tachent le linge dans les anciennes leucorrhées et dans les blennorrhagies chroniques. C'est encore un fluide mucoso-puriforme que cette matière jaune grisâtre, comme pulvérulente, si plastique, qui se dépose au fond des urines des malades affectés d'anciennes cystites.
i5o5. Lorsque la phlegmasie chronique est très modérée, les fluides excrétés sont muquenx et quelquefois même séro-muqueux. Ils sont alors diaphanes, d'un blanc un peu grisâtre, plus visqueux que le fluide mucoso-purulent; ils semblent divisés en deux parties, l'une rnucoso-séreuse assez liquide, l'autre toutà-fait muqueuse , floconneuse , grumeleuse , qui en est enveloppée : nous rapprochons de cette sorte de mucosité le fluide muqueux grisâtre des vieux corizas, les crachats grisâtres de ceux qui ont un catarrhe chronique peu intense; ces crachats présentent cette division en deux substances dont nous avons parlé; une matière muqueuse, filante, diaphane, ténue entoure des grumeaux grisâtres, demi-diaphanes très visqueux , plus ou moins striés en noir ou en gris noirâtre par le produit de la sécrétion des glandes bronchiques. Nous considérons aussi comme de même nature, les fluides diaphanes des vieilles blennorrhagies et des leucorrhées anciennes qui tachent le linge à la manière de l'eau de gomme.
i5q6. Si les phlegmasies chroniques des muqueuses prennent accidentellement une intensité insolite qui les rapproche de l'état aigu , quelque légère que soit
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cette recrudescence, le fluide excrété devient immédiatement séro-muqueux , ténu et à peine visqueux. Cette exhalation séro-muqueuse est ordinairement assez considérable ; si un individu portant une ophthal mie ancienne, éprouve une augmentation de cette phlegmasie, les conjonctives ne sécrètent plus qu'une mucosité liquide , acre , qui les brûle et les irrite. Cette mucosité que l'on peut remarquer dans ces circonstances ne doit pas être confondue avec le fluide séreux, acre, que produit dans ces cas la glande lacrymale. C'est le fluide séro-muqueux qui est excrété dans ces cas que les vieillards appellent leur pituite; il se montre à la moindre recrudescence des catarrhes pulmonaires fort anciens, il annonce son âcreté par les violentes secousses de toux que détermine sa présence, et par la saveur salée que lui trouvent les malades. Le produit de la blennorrhagie ancienne et celui de la leucorrhée devient séro-muqueux si les malades s'exposent à l'action de causes qui déterminent une augmentation d'intensité de ces affections. Il faut dans la leucorrhée bien tenir compte d'une sécrétion dont le produit mêlé à celui de la sécrétion vaginale, pourrait en imposer sur sa nature; on remarque souvent un flux abondant de matière séreuse qui n'est point acre et à peine visqueuse ; cette matière provient des exhalants utérins et non des follicules mucipares du vagin.
i5o7. Les sécrétions séro -muqueuses et muqueuses chroniques des tuniques mucipares ne sont pas toujours une preuve de phlegmasie chronique de ces membranes , car la sécrétion peut rester fort longtemps augmentée à un degré plus ou moins considérable, soit que cette augmentation de sécrétion ait été idiopathique dès son début , soit qu'elle ait per-
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sisté après une phlegmasie terminée. Il n'en est pas de même des sécrétions mucoso-puriformes évidentes qui indiquent toujours une inflammation , et surtout une phlegmasie chronique, quand la matière puriforme se trouve inégalement mêlée ou séparée par flocons au milieu du liquide muqueux , qui est luimême plus ou moins séreux.
i5o8. Les phlegmasies chroniques des muqueuses donnent quelquefois naissance à un fluide qui mériterait le nom de purulent, tant est grande la proportion de pus qu'il contient. Ce fluide a toutes les qualités du pus, excepté qu'il fournit encore à la trituration dans l'eau froide des flocons de mucus, et qu'il se forme en lui par l'ébullition quelques filaments blancs, friables, qui paraissent être de l'albumine. Ces matières exhalées peuvent en imposer pour des produits d'inflammations phagédéniques, d'autant plus qu'elles se remarquent , en effet , plus souvent dans ces dernières , et qu'elles répandent ordinairement une odeur très fétide. Nous avons vu un écoulement purulent de ce genre, qui provenait de la muqueuse des fosses nasales; nous en avons aussi observé deux venant des bronches. Les auteurs ont d'ailleurs cité des cas semblables; telles sont les diarrhées purulentes qui sont si rapidement colliquatives, et qui ne laissent que des traces de phlegmasie sans ulcérations sur la villeuse intestinale.
i5oo,. Les phlegmasies du parenchyme pulmonaire existent, avec une phlegmasie de la muqueuse des bronches de la partie qu'elles affectent. Il ne sera donc pas déplacé de parler ici des crachats dont elles provoquent la sécrétion et l'excrétion. Ces crachats varient aux différentes périodes de la pneumo-
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nie , et selon qu'elle est aiguë , chronique ou gangreneuse. Ils sont un des signes les plus tranchés de cette maladie, et ils diffèrent tellement des crachats des catarrhes qu'ils suffiraient seuls pour qu'on ne pût confondre ces deux maladies.
i5io. Dans la pneumonie commençante, les malades expectorent d'abord un liquide blanc , visqueux, écumeux, mêlé évidemment de beaucoup de salive. Ce liquide a un goût fade, un peu douceâtre. Bientôt il devient jaunâtre, puis légèrement verdâtre; il acquiert en même temps une assez grande viscosité, et continue à contenir des bulles d'air. La salive se sépare dans le vase dans lequel on reçoit les crachats, et surnage cette matière visqueuse qui devient bientôt rouillée; alors la matière expectorée a un goût de sang bien prononcé. Ces crachats se fondent les uns dans les autres sur le fond du vase, où ils forment une couche glaireuse , comme gélatiniforme , très visqueuse, et si adhérente qu'elle ne s'écoule pas quand on renverse le vase qui la contient. Si l'inflammation suit une marche peu rapide, c'est vers le quatrième jour que les crachats ont cette teinte rouillée, qui, dans beaucoup de cas, ne devient pas plus foncée, mais présente cependant aussi assez souvent, d'abord une teinte rougeâtre fondue dans la matière expectorée, et enfin une teinte rouge brique. Lorsque cette teinte, qui dépend de la présence du sang, est peu marquée, le crachat n'est rouge que dans une partie de son étendue, et la teinte rouge se fond par une insensible dégradation dans la couleur rouillée. Ces crachats s'appellent striés. Quelque grande que soit la quantité de sang dans les cas mêmes où ce fluide est presque pur, ce que l'on remarque quelquefois, il
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n'est point séparé de la matière visqueuse, et il n'est pas d'un rouge vif et coagulé , comme on le voit dans les hémophthisies.
i5ii. Les crachats de la pneumonie au premier degré , séparés par décantation de la quantité peu considérable de salive excrétée avec eux, et qui surnage la couche géJaliniforme, plastique et adhérente qu'ils forment au fond des vases, se divisent par trituration dans l'eau froide en excès, en deux substances: l'une visqueuse, diaphane, d'un jaune verdâtre, qui forme des flocons dans l'eau; et l'autre, comme pulvérulente, d'un gris rougeâtre, très peu abondante, qui se précipite. Cette matière pulvérulente est sèche, et s'écrase entre les doigts; elle ressemble à de petits flocons albumineux. Si l'on fait bouillir l'eau dans laquelle sont suspendus les crachats visqueux, ces derniers deviennent d'un blanc grisâtre et demi-opaques. Les flocons .qu'ils forment sont beaucoup moins visqueux, et semblent composés de deux matières; une comme gélatiniforme , et l'autre filandreuse, opaque, incorporée dans la première.
Si l'on triture les crachats dans l'eau tiède, et qu'après avoir décanté avec précaution la partie liquide pour la séparer des flocons, on la traite par l'acétate de plomb, on voit que l'eau a dissous une certaine quantité de mucus. Si, au lieu de se servir de ce réactif, on fait simplement chauffer l'eau à 4o degrés R. , après l'avoir unie à partie égale d'alcohol , elle se trouble et présente des filaments qui nagent dans son milieu : ces filaments sont blanchâtres et opaques, ils semblent albumineux; ils paraissent quelquefois par la simple addition de l'alcohol.
Il résulte de ces expériences que les crachats des pneumoniques au premier degré contiennent du ii. 33
mucus, de l'albumine et une petite portion de matière colorante du sang, qui est probablement unie à un peu de fibrine.
i5i2. Au deuxième degré de la pneumonie, les crachais présentent les mê*mes caractères, seulement le liquide qui surnage la couche qu'ils forment, est lui-même rouillé; quelquefois même il est d'un rouge brun, qui lui donne alors quelque ressemblance à du jus de pruneaux. Si la phlegtnasie fait de rapides progrès, et si elle occupe une grande étendue du poumon, la quantité de crachats est fort peu considérable; le malade n'expectore quelquefois qu'un liquide visqueux rougeâtre, assez ténu, transparent, et qui tient, pour ainsi dire, le milieu entre la substance liquide que l'on a comparée pour l'aspect au jus de pruneaux , et la mucosité rouillée de la première période.
i5i3. Lorsque la pneumonie est lobulaire , si elle est très peu étendue, on ne remarque fort souvent aucune expectoration caractéristique; dans quelques cas, le malade n'expectore que des crachats muqueux plus ou moins crus, mais beaucoup plus séreux que ceux du catarrhe aigu. Ces crachats offrent aussi des parties légèrement rouillées, ou quelques uns d'entre eux sont un peu rouilles, tandis que les autres ne le sont nullement.
i5i4- Nous n'avons jamais fait l'analyse des crachats expectorés au deuxième degré de la pneumonie; il est assez fréquent de voir, quand la maladie arrive à ce degré, l'expectoration cesser tout-à-fait, au point qu'il serait difficile de recueillir une quantité suffisante de ses produits pour les examiner par les réactifs. Mais à la dissection du poumon hépalisé rouge, on trouve les bronches engouées d'une mucosité rougeâtre, rouillée, très visqueuse, séparée d'un liquide
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rougeâtre également, mais tenu et diaphane. C'est ce fluide, qui ne se remarque que dans les principaux rameaux bronchiques de la partie enflammée, qui constitue la matière des crachats que l'on a comparée au jus de pruneaux. Si l'on traite un morceau de poumon hépatisé rouge par une dissolution de deuto-chlorure de mercure, la matière plastique qui invisque la muqueuse des rameaux bronchiques, se durcit et devient friable et semblable au tissu du foie cuit; le tissu pulmonaire est lui-même grisâtre et dur.
i5i5. Au troisième degré de la pneumonie, l'expectoration est tout-à-fait suspendue ; elle n'a lieu que si la phlegmasie est peu étendue; dans ce cas, son produit ne diffère pas de celui qui se remarque dans l'inflammation au deuxième degré, parce que c'est seulement aux limites de l'hépatisation grise dans la partie hépatisée rouge que les liquides sécrétés par la muqueuse peuvent encore être expectorés. Cependant quand la maladie marche vers la résolution, et qu'elle est peu étendue, les malades expectorent de véritables crachats purulents, liquides, peu visqueux, qui s'écoulent en nappe, et qui se précipitent au fond de l'eau. Il y a toujours^ entre cette expectoration et l'expectoration rouillée, visqueuse de l'hépatisation rouge commençante, un certain intervalle pendant lequel les crachats sont nuls ou très peu abondants et semblables au jus de pruneaux.
i5i6. La dissection du poumon malade fait distinguer la source des crachats purulents; en suivant les bronches de leur origine vers leur terminaison , on voit la matière visqueuse et le fluide rougeâtre, qui les remplit dans la partie hépatisée rouge, devenir plus molle, plus jaune, et moins visqueuse dans la partie hépatisée grise, où elle est transformée en une
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matière tout-à-fait purulente. C'est cette matière que les malades expectorent; et comme elle est sans aucun mélange de liquide visqueux et rouillé, il est probable que l'espèce de coction que le fluide sécrété par les bronches a éprouvée, s'est également opérée dans la partie hépatisée rouge, qui (1267) se résout la première.
1 5 1 7. Dans la pneumonie qui marche vers la résolution, on remarque les changements successifs suivants dans la nature des crachats, jusqu'à ce que les parties soient revenues à leur état naturel. L'expectoration visqueuse , rouillée et sanguinolente, devient d'abord jaunâtre, épaisse et opaque; elle n'est plus que striée, et les stries sanguines sont limitées exactement sans se fondre par leurs bords; la viscosité est beaucoup diminuée quoiqu'elle existe encore.
Si la résolution marche promptement et si la pneumonie était étendue, les stries sanguinolentes paraissent augmenter au point que lorsque la poitrine a repris.du son et qu'on n'entend plus qu'un râle léger, non pas crépitant , car il ne l'est pas à la résolution de la pneumonie, mais sous-muqueux, les crachats sont encore tout-à-fait sanguinolents, et ne diffèrent de ceux de la pneumonie croissante que par moins de plasticité et par leur opacité.
Lorsque l'inflammation ne s'est pas beaucoup prolongée, et qu'on l'a fait en quelque sorte avorter par des évacuations sanguines, pratiquées à propos, les crachats perdent seulement leur viscosité sans prendre cette opacité qu'ils doivent k la présence du pus dans leur substance , mais ils deviennent souvent tout-à-fait sanguinolents et écumeux. Cette marche de la maladie est avantageuse ; elle annonce que l'air pénètre librement dans le poumon, et qu'une exhalation sanguino-
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lente à la surface de la muqueuse bronchique concourt à détruire la congestion sanguine pulmonaire ; elle prouve aussi que les exhalations séreuses et la sécrétion muqueuse de la membrane bronchique vont reprendre leur état naturel. En effet, les crachats ne tardent pas à devenir très séreux et de moins en moins visqueux ; puis ils présentent des flocons muqueux un peu grisâtres, striés; et enfin ils cessent peu à peu tout-à-fait; leur disparition précède même de quelque temps l'instant où les fonctions pulmonaires seront tout-à-fait rétablies.
,. i5i8. Les crachats de la pneumonie chronique présentent peu de différence d'avec ceux des catarrhes chroniques; cependant ces différences, quoique peu tranchées , suffisent pour faire distinguer ces deux maladies. La matière de l'expectoration, dans la pneumonie chronique , se présente sous la forme d'un liquide muqueux , diaphane , dans lequel on remarque de larges flocons purulents. Le liquide muqueux est plus séreux que dans le catarrhe chronique, et présente moins de viscosité, tandis que les flocons puriformes ne surnagent pas comme dans la bronchite ancienne, mais se précipitent. Ils ont aussi, quoique opaques et d'un jaune verdâtre, une viscosité beaucoup plus tranchée que dans les catarrhes chroniques. Ces flocons visqueux se réunissent au fond du vase et forment une plaque visqueuse adhérente, d'un jaune un peu rougeâlre, opaque, sur laquelle surnage le fluide séro-muqueux qui servait de véhicule à ces flocons.
i5ig. Nous avons parlé ailleurs du fluide ténu, brun verdâtre et brun noirâtre, exhalant une odeur très fétide et tachant le linge en couleur chocolat, qui indique la gangrène du poumon, Ce fluide ,
5l8 ALTERATIONS DES FLUIDES
soumis dans une cuiller d'argent à la chaleur communiquée par la flamme d'une bougie, est devenu d'abord trouble, et a ensuite formé des grumeaux noirâtres très mous, pulpeux et d'odeur très fétide. Le véhicule est devenu visqueux et de consistance syrupeuse; l'argent a été coloré en jaune brun, ce qui ferait penser qu'il s'est dégagé de l'hydrogène sulfuré.
ï520. Tout ce que nous venons de dire, sur les fluides que sécrètent les muqueuses enflammées, prouve qu'il est possible par des moyens très simples de reconnaître la nature des changements qui s'opèrent dans ces produits inflammatoires, aux diverses périodes des phlegmasies; on a vu qu'à mesure que l'inflammation fait des progrès, les fluides auxquels ces sécrétions donnent naissance, vont en se rapprochant du pus, et en contiennent évidemment une proportion progressivement croissante. Les propriétés de ces fluides se modifient aussi en raison de la proportion respective du sérum, du mucus, de la matière coagulable plus ou moins sanguinolente , et même du sang pur et du pus qui entrent dans leur composition. Le mucus et la sérosité sont les produits naturels, l'un de la sécrétion et l'autre de la perspiration qui s'opèrent sur les tuniques mucipares. Ces deux fluides augmentent de quantité à certaines périodes des phlegmasies, et ils sont toujours sécrétés en excès dans les phlegmasies chroniques; ils deviennent aussi quelquefois plus acres et plus épais, au point que le sérum plus riche en matière coagulable et le mucus plus condensé peuvent former des concrétions pseudo-membraneuses. Quant à la matière coagulable plus ou moins sanguinolente , la matière colorante qu'elle retient, et même le sang pur auquel
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elle est mélangée, décèle sa nature et son origine. C'est elle qui, sur les tuniques mucîpares comme dans l'épaisseur des tissus, se convertit quelquefois en pseudo-membrane, mais le plus souvent en pus, toujours plus ou moins mêlé avec le mucus , produit de la sécrétion de l'organe.
i52i. Dans les pneumonies, les fluides sécrétés par la muqueuse bronchique simultanément enflammée, ne sont modifiés que par leur mélange avec le sang, dont l'exhalation sur la muqueuse est déterminée par la congestion inflammatoire du parenchyme. C'est, sans aucun doute, à la présence de ce fluide dans la substance muqueuse sécrétée par les bronches, qu'est due cette excessive viscosité des crachats. La fibrine et l'albumine du sérum, unies au mucus, lui donnent une excessive plasticité. C'est aussi à la présence de l'albumine exhalée avec le sang qu'il faut attribuer les concrétions miliaires qui se forment dans les vésicules pulmonaires (i2^5).
SECTION IV
Généralités sur les fluides produits par les organes sécréteurs enflammés.
\$ii. Au premier degré des inflammations aiguës, quand elles ne s'annoncent encore que par la congestion vasculaire et par une légère douleur, les fluides sécrétés naturellement par les organes qu'elles affectent, augmentent en quantité, et ne paraissent pas d'abord autrement altérés ; seulement ils semblent moins élaborés et plus liquides. A mesure que la phlegmasie se développe, le produit de la sécrétion diminue, quoiqu'il continue à excéder la quantité normale de l'état sain ; mais le fluide qu'elle fournit
est plus ou moins séreux et présente en plus ou moins grande proportion un mélange de sérum du sang et même de fibrine ; souvent même le sang se montre avec toutes ses qualités physiques et en quantité variable, quoique toujours peu considérable.
i523. Lorsque la phlegmasie aiguë est confirmée, la sécrétion de l'organe qu'elle affecte est supprimée; à peine s'il transsude dans quelques cas une petite quantité de sérosité visqueuse plus ou moins diaphane et incolore, ou quelquefois un peu teinte par la matière colorante du sang. C'est la proportion relative de cette matière colorante qui donne à ces fluides une teinte jaune safranée, jaune rouillée, rougeâtre ou brunâtre, selon qu'elle se trouve plus considérable. Dans quelques cas ces liquides sont colorés par une cause accessoire, qui consiste, soit dans leur mélange avec un fluide coloré après qu'ils sont formés, comme serait un mélange avec la bile dans le tube digestif; -soit par une modification primordiale et morbide du sang, comme cela a lieu dans les ictères qui déterminent une teinte jaune générale de tous les fluides sécrétés, qu'il y ait inflammation ou non.
ibi[\. La diminution extrême de la sécrétion, et même sa suppression absolue dans l'inflammation aiguë intense des organes, ne souffre aucune exception, même dans les membranes séreuses (119)-
i5i5. Les fluides formés par les organes sécréteurs enflammés, même quand ils sont plus liquides, et en apparence moins élaborés , contiennent déjà une plus grande proportion de matière coagulable albumineuse, jointe à un peu de fibrine, comme on l'a démontré pour la sérosité des séreuses, et comme les expériences le rendent aussi très probable pour les autres fluides. Quand la sécrétion est diminuée par