‹ Histoire anatomique des inflammationsChapitre 39 sur 41 · COMPARÉS AUX TISSUS ENFLAMMES. 6(> I · texte numérisé non relu

COMPARÉS AUX TISSUS ENFLAMMES. 6(> I

peut naître sans phlegmasie et qu'elle crée des produits assez différents. Ces conséquences des observations anatomiques nous mènent à parler des opinions de ceux qui voient toujours un mode particulier de phlegmasie dans la production des tubercules; il fallait auparavant bien établir cette concession que nous leur faisons que les phlegmasies sont une cause occasionnelle puissante de la formation des tubercules. Mais il ne faut pas perdre aussi de vue que les tubercules, jusqu'après l'état de crudité, qu'ils soient diffus, agglomérés ou en masse, ou infiltrés, sont très souvent indépendants de toute phlegmasie quelconque.

i635. L'étude anatomico-pathologique des tissus dans lesquels se sont formés des tubercules, simplifie beaucoup la discussion sur la nature de ces agrégats morbides. En effet, tous les raisonnements pour les faire reconnaître comme des produits de l'inflammation tombent devant ce fait positif, que les recherches les plus soigneuses d'anatomie pathologique , aidées même par tous les moyens d'investigation employés dans les travaux de ce genre, ne font pas reconnaître de trace d'inflammation dans le tissu qui environne les tubercules dans un très grand nombre de cas, et que, lorsque les tubercules se trouvent dans un tissu enflammé, ils ont toujours un degré d'altération qu'ils ne présentent jamais sans phlegmasie environnante. Si l'inflammation produit des tubercules, ou plutôt en occasionne, comme on ne peut douter que cela n'arrive chez des sujets d'ailleurs disposés à cette maladie, jamais ces tubercules ne sont crus.

i636. Après ces faits positifs, il ne nous paraît pas nécessaire de discuter les observations , d'ailleurs extrêmement importantes, du docteur Brous-

sais, recueillies sur des soldats, blonds, lymphatiques, strumeux, qui, pendant leur séjour en Hollande, prenaient des catarrhes , et devenaient phthisiques en nombre beaucoup plus considérable qu'en Italie ; il ne faut que faire remarquer que ces hommes étaient précisément dans cette condition constitutionnelle sous l'influence de laquelle naissent les scrophules et les phihisies tuberculeuses qui en sont une espèce; que le climat de la Hollande, bas, froid et humide, n'est pas moins propre à produire les phihisies scrophuleuses que les catarrhes pulmonaires, et que conséquemment on ne peut voir dans ces catarrhes qu'une cause occasionnelle d'une maladie déjà imminente par la constitution des malades, et par leur exposition à un climat de ce genre. Ces causes ayant cessé en Italie, leurs effets ont également cessé.

1637. L'inflammation peut déterminer la production dé tubercules dans les tissus qu'elle affecte; elle modifie la circulation capillaire , et elle produit ellemême une alte'ration organique de même ordre que celle qui constitue les tubercules ; nous voulons parler de l'infiltration interstitielle; mais il y a entre, le fluide plus ou moins coagulable que sécrètent les tissus seulement enflammés et celui qui constitue les agrégats tuberculeux , cette différence que le premier est fibrineux et tend à se convertir en matière organisée, tandis que le second s'agglutine, forme des masses amorphes , albumineuses, qui ne s'organisent jamais, et qui finissent par se ramollir et par se fondre. Entre les extrêmes de ces deux états, la distinction des matières qu'ils produisent est très aisée ; elle ne l'est pas autant quand, par les progrès de l'inflammation environnante, l'infiltration de matière tuberculeuse plus ou moins ramollie, est plus ou moins unie à l'infiltration

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de matière fîbrineuse plastique ou de pus. Les observateurs n'ont pas toujours tenu compte de ces réunions d'ëtats morbides différents. Ils ont aussi trop peu examiné leurs produits; il y a , dans les annales de l'art, des faits présentés comme exemples d'affections tuberculeuses , qui n'ont été que des phlegmasies avec infiltration ou agrégation, et même avec épanchement de matière coagulable plus ou moins purulente. Nous pourrions citer des cas de ce genre , surtout pour les inflammations pulmonaires; il y a telles expériences publiées à l'appui de la nature inflammatoire des tubercules, qui ne prouvent évidemment rien, sinon que les auteurs ne connaissent pas les tubercules, et confondent leur substance avec la matière fîbrineuse infiltrée dans les phlegmasies.

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