CANAL DIGESTIF
Il se continue directement et sans inflexion , depuis la bouche
jusqu'au bout de la queue, où se trouve l'anus. Vu la grosseur de l'animal, il est fort grêle, presque filiforme , et il faut des conditions digestives particulières pour qu'il présente de légers renflements , qui le plus souvent s'effacent à la mort. Sa texture est délicate , tendre , uniformément submembraneuse et presque pellucide. Elle témoigne de la frugalité et de la nourriture liquide de cette arachnide. Soumises au microscope , les parois de ce canal offrent de fines stries longitudinales entrecoupées qui pourraient bien n'être que des plissures.
Dans ce long trajet, il traverse à l'abdomen le foie, dans la substance duquel il s'enracine par plusieurs canaux hépatiques. Mais qu'on n'imagine point que le tube digestif perce la pulpe à nu du foie. Il s'y trouve engagé dans un canal membraneux qui lui permet d'exécuter tous les mouvements péristaltiques provoqués par facte de la digestion.
L'œsophage est si court, si fin, si fragile, qu'il faut recourir à de nombreuses autopsies pour le constater et surtout pour saisir son passage sous le cerveau dans le collier œsophagien.
Il se dilate très-insensiblement en un ventricule chylijique qui prend, à son entrée dans l'abdomen, un diamètre un peu plus considérable. Avant de pénétrer dans la queue, l'œil pratique de l'appréciation des nuances organiques découvre un bourrelet annulaire des plus fins, une minime contracture, indice d'une valvule insaisissable qui sépare ce ventricule de l'intestin stercoral. Dans les insectes de tous les ordres, j'ai constamment trouvé à ce même poinl une valvule et, quoique la délicatesse de ce tissu dans le scorpion ne m'ait point permis de la constaterez visa, ce serait un non-sens physiologique de ne l'y point supposer. Cette séparation entre le ventricule chylifique et l'intestin stercoral a , du reste, été saisie par la plupart île ceux qui ont disséqué les scorpions. C'est immédiatement avant ce bourrelet qu'a lieu l'insertion des vaisseaux biliaires vestigiaircs dont je parlerai bientôt.
Lintestin proprement dit est filiforme et enfile l'axe de la queue. J'ai plusieurs fois rencontré en arrière du bourrelet prénommé,
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c est-à-dire à l'origine de l'intestin, un ballon considérable rempli d'air. Ce ballon, tout accidentel qu'il est, m'a fourni la preuve rationnelle de l'existence de la valvule ventriculu-intestiriale , l'analogue de ïiléo-cœcale des grands animaux. On a beau presser ce ballon à des degrés bien ménagés, pour chasser l'air en avant, jamais celui-ci ne franchit la valvule, tandis qu'on parvient à lui faire gagner l'intestin en arrière.
11 n'existe pas de rectum, prononcé, h'anas est inférieur et s'ouvre entre le pénultième article de la queue et le dernier, qui est l'ampoule à venin.
L'intestin est le réceptacle d'une pulpe fécale d'un blanc amidonné, tantôt moulée en crottins détachés, tantôt formant une masse allongée assez compacte, assez cohérente pour s'enlever toute d'une pièce. La loupe y distingue des empreintes inégales, des espèces de plissures festonnées qui font présumer l'existence, pendant la vie, de locules dans l'intérieur de l'intestin. J'ai ligure ce lait. Je n'ai jamais rencontré des vers intestinaux dans les scorpions.
11 n'est pas sans exemple qu'une certaine quantité de ces excréments blancs se glisse dans le ventricule chylifique lui-même. Le nom seul de ce dernier repousse l'idée d'une formation normale d'excrément dans son intérieur. C'est donc là une exception, un accident dont on peut se rendre raison. Les violences qui précèdent ou accompagnent la mort du scorpion peuvent déterminer des contractions brusques de l'intestin, des mouvements anti-péristaitiques qui font refluer les excréments en forçant la valvule ventrico-intestinale. 11 se passe alors un phénomène analogue à celui qui dans l'homme se produit ou par un volvulus ou par l'oblitération partielle du gros intestin.
AKTICLI-: III.