APPAREIL GÉNITAL
La position, la forme, la structure, les connexions et surtout la technologie anatomique des organes reproducteurs des scorpions n'ont point été rigoureusement établies dans la plupart des ouvrages qui traitent de ces organes. Ainsi, Meckel, Treviranus, Muller, etc., n'ayant affaire, dans leurs difficultueuses dissections, qu'à des sujets à l'esprit de vin, et le plus souvent à la plus petite des espèces, Ycuropœus, se sont pour ainsi dire égarés dans leurs recherches, et surtout dans l'appréciation des diverses pièces de l'appareil, ou bien ils n'en ont figuré que d'insignifiants lambeaux, ou bien, quand une partie a été convenablement saisie, ils nous l'ont donnée isolée ou défectueusement ralliée à l'ensemble. Du reste, même dans les travaux les plus récents, le défaut de vivisections ou d'autopsies sur des sujets frais rendait presque impossible la mise en évidence de la plupart de ces pièces. Il faut en excepter des observations pratiques de M. Duvernoy publiées, soit dans le VIIIe volume de ses Leçons d'anatomie comparée, soit dans les comptes rendus de l'Institut en octobre
i 85o. Je réserve le contrôle de ces précieux documents pour les détails descriptifs dans lesquels je vais entrer.
L'appareil génital des deux sexes est double dans nos arachnides; c'est-à-dire que le mâle a deux canaux éjaculateurs et deux verges, la femelle deux oviductes ou vagins et deux vulves. On n'avait point établi convenablement la concordance de cette organisation exceptionnelle avec celle des autres articulés; on n'en a point nettement figuré l'ensemble et les détails.
On est surpris sans doute que, dans rémunération de ces parties doubles, je n'aie point compris les organes essentiels, les testicules et les ovaires. Je vais m'en expliquer, et je m'étonne que jusqu'à ce jour l'observation dont je vais parler ait échappé à mes prédécesseurs, On sait que dans les grands animaux, ainsi que dans les articulés en général, les testicules et les ovaires sont des organes binaires ou pairs. A mes yeux il n'en est point de même pour les scorpions, et je soutiens que, pour chaque appa reil génital, il n'existe qu'un testicule, qu'un ovaire, ou bien qu'il n'y a que deux testicules et deux ovaires, et non quatre, pour l'ensemble de cet appareil, où cependant les conduits excréteurs sont évidemment doubles. Cette originalité n'a été ni formulée ni saisie.
Je vais examiner dans autant d'articles : i° l'appareil génital mâle; 2° l'appareil génital femelle: 3° l'accouplement, la gestation, la parturition et les peignes.
ARTICLE PREMIER