GANGLIONS CAUDAUX
Quoique la queue des scorpions ait dans toutes les espèces six articles, il ny existe que quatre ganglions. Ainsi, le nombre de ceux-ci n'est pas plus en harmonie avec celui de ces articles, que ceux de l'abdomen avec les segments tégumentaires de ce dernier. Ils sont bien plus arrondis que les abdominaux; ils manquent de nerf impair ou inférieur, et j'ai déjà, à l'occasion des nerfs génitaux, parlé de l'induction physiologique inspirée par cette absence. Ils n'émettent donc qu'une paire de nerfs latéraux. Ceux-ci, d'une brièveté en rapport avec le diamètre des articles de la queue, se distribuent à leurs puissants muscles ainsi qu'à l'intestin et au vaisseau circulatoire.
Le premier ganglion occupe l'articulation du dernier segment
SAVANTS ÉTIUNGEHS. — XIV.
Wi HISTOIRE ANATOMIQUE ET PHYSIOLOGIQUE
abdominal avec le premier nœud caudal; les deux suivants, la seconde et la troisième de ces articulations, et le quatrième ou terminal, le commencement du quatrième nœud.
Ce dernier ganglion, le plus grand de tous, a trois paires de nerfs : Tune, près de son origine; la seconde, vers le milieu représentant les nerfs latéraux ordinaires; enfin, la troisième paire, plus positivement terminale, représente les doubles cordons rachidiens inter-ganglionnaires et se fait remarquer par un fort calibre. Elle correspond évidemment aux nerfs génitaux des insectes, parce qu'effeeti veinent, dans ceux-ci, l'appareil de la génération est placé à la partie postérieure de l'abdomen. Une semblable dénomination est inapplicable aux scorpions, chez lesquels les organes générateurs, dans les deux sexes, aboutissent à la base et non au bout de l'abdomen.
Mais l'arme offensive et défensive de notre arachnide , cette ampoule qui recèle une glande vénénifique et que termine l'aiguillon instillateur du subtil poison, occupe le bout de la queue. C'est là un organe qui sauvegarde l'animal; c'est là que la nature a créé une infinité de muscles soumis à l'empire de la volonté et destinés à lui imprimer la direction exigée pour faire face à l'ennemi. Ce double faisceau des nerfs terminaux de la chaîne rachidienne distribue donc la sensibilité et l'irritabilité à la glande vénénifique et aux puissances musculaires qui la mettent en jeu.