HÉSIODE
On dit qu'Hésiode était né à Cumes, ville d'Eolie, mais qu'il fut nourri et élevé à Ascra, petite ville de Béotie, qui depuis a pasâé pour sa patrie ; aussi Virgile l'appelle-t-ll le vieillard d'Ascra<. Les sentiments sont fort partagés sur le temps où il a vécu» L'opinion la plus commune le fait contemporain d'Homère *. De toutes ses pièces de poésie il ne nous en reste que trois i V les Ouvrages et les Jours ^ T la Théogonie, ou Généalogie des dieux; 3° le Bouclier cT Hercule '. J'en ai parlé ailleurs*.
QuintUien trace ainsi son caractère : « Il arrive rarement à « Hésiode ^ de s'élever. Une grande partie de ses ouvrages ne A contient presque que des noms propres. On y trouve pour- « tant d'utiles sentences pour, la conduite de la vie. 11 a assez de « douceur dans l'expression et dans le style. On lui donne la « palme dans te genre d'écrire médiocre. >»
Poètes moins connus.
Tebpandbe ^. Il était fort renommé, et pour la poésie et pour la musique.
TYKTÉE.On croit qu'il était d'Athènes. Ce poète fit une grande figure dans la seconde guerre de Messène 7 . Il excellait à chanter la valeur guerrière. Les Spartiates avaient reçu plusieurs échecs qui leur avaient abattu le courage. L'oracle de Delphes leur ordonna de demander aux Athéniens un homme capable de les aider de ses avis et de ses lumières. Tyrtée leur fut envoyé. Le
' ■ Ascrseumqae senem. » (£c/. 6.) lenitasque verborum et compositionis
3 L'opinion commune le foit naître probabilis : datarque ei pafana in illo
après Homère. — L. medio diçendi génère, v (Lib. 10, cap. 1 . )
3 La plupart des critiques croient que * De Lesbos; né vers la 38^ olyrn*
re poëme n'est pas d'Hésiode. — L. piade; passait pour inventeur de la
*Tom. 11 del'Hist. anc. p. 25fî, chanson appelée (JXoXia on «opoivta.
î" « Raro assurgit Hesiodns, magnaqne ^ L. •
pars ^os in nominibus est occupata : AN. IM. 3356.
tamen utiles circa praecepta sentenliae , • An. M. 3361, Tausau. 1. 4,p. 244, etc.
succès ne répondit pas d*abord à Fattente des Spartiates. Ils forent encore battus trois fois consécutivement, et, réduits au désespoir, ils étaient près deretourner à Sparte. Tyrtée les anima de nouveau par ses vers , qui ne respiraient que Tamour de la patrie et le mépris de la mort. Ayant repris courage , ils attaquèrent les Messéniens avec fureur. I^a victoire qu'ils remportèrent en cette occasion termina à leur avantage une guerre qu'ils ne pouvaient plus soutenir. Ils accordèrent à Tyrtée le droit de bourgeoisie , titre qui ne se prodiguait pas à Lacédéraone , et qui par là devenait infiniment honorable. Le peu qui nous en reste < fait connaître que son style était plein de force et de noblesse. Il parait lui-même transporté de Tardeur dont il voulait enflammer Tesprit de ses auditeurs.
Tyrtœusqiie mares animos in martia bella Versibus exacuit '.
Dbagon, célèbre législateur des Athéniens 3. Il avait composé un poëme de trois mille vers , intitulé iriroO^xat , dans lequel il donnait d'excellents préceptes pour la conduite de la vie.
Ababis, Scythe de nation, selon Suidas, surnommé par d'autres C Hyperhoréen 4.11 composa plusieurs pièces de poésie*. On débitait de lui des fables de la dernière absurdité, auxquelles il paraît qu'Hérodote même n'ajoutait pas foi. Il se contente de dire que ce barbare avait porté une flèche par tout le monde , et qu'il ne mangeait rien. lamblique va plus loin^, et prétend qu'Abaris était porté sur sa flèche au travers de l'air, et qu'il passait ainsi les rivières, les mers, et les lieux les plus inaccessibles, sans être arrêté par aucun obstacle. On dit qu'à l'occasion d'une grande peste qui ravageait le pays des Hyperboréens il fut député à Athènes par ces peuples 7.
Chébile «. Il y a eu plusieurs poètes de ce nom. Je parle ici
' Trois élégies et quelques fragments, peut compter dans l'histoire littéraire
— L. de la Grèce. — L.
' Horat. io Art. poet. [▼. 402]. « lamb. in Vit. Pythag.
3 An. M. 3368. î Tout ce qui se débitait sur ce pr«-
-^An. m. 3368. tendu peuple n'a aurun fbudcmeAt his-
Suidas. Herod. I. 4, cap. 36. torique. — L.
* C'est un personnage fabuleux, qui ne * AN. M. 3676
SCIENCES ET ABX8. 12 1
de celui [de Samos] qui s malgré la grossièreté de ses vers, sans ^oût et sans beauté, ne laissa pas d'être estimé et chéri d'Alexandre , de qui il reçut une aussi grande récompense que s'il avait été un excellent poète». En quoi ce prince, comme le remarque Horace , marquait bien peu de goût , lui qui d'ailleurs était si délicat en fait de peinture et de sculpture , qu*il avait défendu par un édit à tout autre peintre qu'A pelle de le peindre , et à tout autre statuaire que Lysippede le tirer en airain. Sylla, chez les Romains, en usa aussi libéralement mais plus prudemment qu'Alexandre, à Tégard d'un poète qui lui avait présenté des vers pitoyables. Il lui fit donner une récompense ^, à condition qu'il ne ferait plus jamais de vers : condition bien dure pour un mauvais poète , mais fondée en raison.
ARATUS'i. Il était de Soles, ville de Cilicie. Il a composé un poëme^ fort estimé des savants sur l'astronomie^; c'est Cicéron qui lui rend ce témoignage : cet ouvrage est parvenu jusqu'à nous. Quintilien en parle moins favorablement. La matière? qu'il traitait, fort abstraite et froide par ellç-méme, ne lui a pas permis d'en relever la sécheresse et la monotonie par une agréable variété , ni d'y jeter du feu et de la vivacité par des passions et des harangues. Mais il a tiré de son sujet tout ce qu'on en pouvait attendre, et il l'avait choisi conforme à ses forces. Cicéron, à l'âge de dix-sept ans , avait traduit le poème d'Aratus en vers latins : il nous en reste beaucoup de morceaux dans le traité De la nature des dieux.
ApoLLONE de Rhodes* a composé un poème sur l'expédition des Argonautes : ArgonauUca ,
• Grains Alexandre rcgi inaçno fuit Jllc 5 Intitulé : 4>aiv6uL'eva (Phénomènes
Chœrilus , incultia qui vrrsibus et maie ., . \ ^ a.-^^..-.- / « jj \
^ r natis célestes ) et AiocnjfJLeia ( Prognostics ),
Kcttulit accrptos , régale rtumisroa , Phi- en vers bexamètres; ouvrage commenté
[ lippos. par le célèbre Hipparqae de fiithynie.
Idem rex ille , poeina L
Omtamridiculamtamcaieprodigusrmit, « Constat inter doctos, hom'inem
Edicto vetuit ne quis ae, praeter Apellem, . v.»/.«.«v .«.v. « ..*.. , ^
fingeret, aut alius Lysippo duceret srà »gnarum astrologlBB , ornati«8imw atqae
Fortis Alexandri vultum siroulantia. optimis versibos, Aratum , de coclo
( IloaAT. epi»t. I. lib. 2 [ 249 sq. ]. ) «tellisquc dixisse. a ( CiC de Orat.
' Entre autres ouvrages, il avait com- ïib- 1> n. 69.)
posé une Perséide, poëme sur les guer- ' « Arati maleria motu caret, ut m
res des Grecs et des Perses. — L. qua nulla varietas, nuUua affectus,
^ « Jussit ei prœmium tribui, snb ea rmUsi persona, nulla cujusquam sit
conditione ne quld postea scriberet. » oratio. Sufficit tamen operi, cui se
Oc.proj4rch. poeta, n. 25. ) parem credidit. * (Id. lib: 10, c. l.)