PRUDENCE
Prudence {Jurelius PrudenHus^Ciemens )♦ poëte chrétien, officier à la cour de l'empereur Honorius , naquit en Espagne à Saragosse, Tan 348, et mourut vers Fan 412.
Il ne commença ses poésies sur la religion qu'à Tâge de cinquante-sept ans. 11 avait été avocat, puis juge, ensuite homme de guerre ; enfin îlfut attaché à la cour par un emploi honorable. C'est lui-même qui nous apprend ces circonstances dans le prologue de ses ouvrages.
Fer quinquennia jam decero , Ni fallor, fnimns : septimus insuper Annum cardo rotat , dum fruimur sole voiubili.
Après avoir parlé de sa jeunesse, il expose ses différents emplois.
Exin jurgia torbidos ArmaruDt animos, et maie pertinax yinceodi studium subjacuit casibus asperis. |
Bis legam moderamine Frenos nobiltum rexinans urbiura :
Jus civile bonis reddidimos , terruimus reos. Tandem militiae gradu Evectum pietas principis extulit , Adsumptom proprius stare jubens ordine proximo.
Les poésies qu'on a de Prudence sont plus remplies de zèle de religion que des ornements de l'art. On y trouve beaucoup de fautes de quantité. D'ailleurs, l'orthodoxie n'y est pas toujours gardée. Il faut pourtant avouer qu'on trouve en plusieurs endroits de ses ouvrages beaucoup de goût et de délicatesse. Je n'en veux pour preuves que ses hymnes sur les innocents : j'en rapporterai quelques strophes.
Salve te , flores martyriim , Qiios lucis ipso io limine Cliristi iuseculor susiulit ,
200 MISTOIEE ANCIBNNE.
Ceu turbo nascentes rosas Vos prima Christi victima , Grex itnmolatoram teoer, Aram sub ipsam simplices Palma et coronis Inditis....
Audit tyrannus anxius Adesse regum principem , Qui Domeo Israël regat , Teneatque David regiam.
Exclamât amens nuntio :
Succesaor iostat , pellimur.
Satelles, i, ferrum râpe, Perfunde cunas sanguine.
Transfigit ergo carDifex Mucrone districto furens Ëflftisa nuper corpora , Animasque rimatur novas.
Le siècle d'Auguste n'a rien de plus vif ni de plus délicat que ces strophes.