AN
« ses maitres, je confesse que je vous dois encore ce que j'ai « tâché de vous rendre. »
Afin que rien ne manquât à la grâce qu'il lut avait faite , il accompagna cette lettre d'un présent , et lui envoya une robe fort riche , où était en broderie d'or Ja figure de l'empereur Constantius, son beau-père. Ausone, de son coté, employa toute la force et toute la délicatesse de son esprit pour faire en vers et en prose l'éloge de sou auguste bienfaiteur. Nous avons encore le remercîment qu'il fit à l'empereur : c'est une pièce qui a été fort estimée. On y trouve beaucoup d'esprit, et peutêtre trop ; des pensées belles et solides ; des tours vifs, mais souvent trop recherchés, La latinité en- est dure , et se ressent du siècle où a vécu l'auteur. Je rapporterai ici le commencement du discours qu'il prononça devant l'empereur en action de grâce , afin qu'ion ait quelque idée de son style.
« A go tibi gratias, imperator Auguste : siposseno, etiam rererrem. Sed née tua foriuna desiderat remunerandi vices , nec noslra suggerit restituendi facultatem. Privatorom ista copia est, interse esse muDitiGos. Tua bénéficia , ut majestate pcscellunt , ita mutuum non reposcunt. Quod solum igitur nostrae opis est, gratias ago, verùm ita, ut apud Deum fieri solct, sentieiido copiosius quam loquendo ; atque non in sacrariô modo imperialis oraculi , qui locus horrore tranquillo et pavore venerabiH raro eunadem anitouna prœstat et vultum. Sed usquequaque gratias ago , tum tacens , lum loquens ; tum in caîtu hominum , tum ipse meeum ; et quum voce potui , et quum meditatione secessi ; omni loco , actu , habitu , et tempore. Nec mirum si ego terminum non statuo tam grata profilendi , quum tu finem facere nescias honorand). Qui enim locus est» aut die s , qui non me hu]us aut similis gratulationis admoneat ! Âdmoneat autem! inertiam significationis ignavœ! Quis, iuquatn, iocus est, qui non beneficiis tuis agitet, inflammet P
Il y a une extrême inégalité entre les ouvrages d' Ausone. Son style est dur, comme je l'ai déjà remarqué : mais la dureté est le moindre vice de«es poésies. Les obscénités dont il les a remplies en interdisent la lecture à quiconque n'a pas renoncé à toute pudeur.
SCIENCES ET A ATS 203