ISÉE
Isée était de Chalcis en Eubée '. Etant venu à Athènes , il prit les leçons de Lysias , dont il imita si bien le style , qu'en lisant leurs discours on avait de la peine à distinguer duquel des deux ils étaient. Il commença à paraître avec éclat après la guerre du
* ri ut. in Is,
SCIENCES ET ABTS. 3C7
Péloponnèse, et continua jusqu'au temps de Philippe. 11 ait maître de Démosthène, qui s'attacha à lui préférablement à Isocrate, parce que Féioquence d*Isée était plus forte et plus véhémente , et par cette raison plus conforme au génie vif de Démosthène '.
LYCUBGUE.
Lycurgue fut fort estimé à Athènes pour son éloquence , et encore plus pour sa probité. Il fut chargé de plusieurs commissions importantes, et s'en acquitta toujours avec succès. On lui confia le soin de la police dans Athènes, et il fit une rude guerre aux malfaiteurs, qu'il obligea de sortir de la ville. Il passait pour un juge sévère et inexorable. C'est à quoi Cicéron fait allusion en écrivant à sonami Atticus > : nosmetipsi qui Lycurgei a principiofuissemusy quotidie demîtigamur.
Lycurgue fut nommé questeur, c'est-à-dire receveur général des revenus de la république, à trois différentes reprises, et exerça cette chaîne pendant quinze ans. Pendantce temps-là il lui passa par les mains quatorze mille talents ^ ( quarante-deux millions ), dont il rendit un fidèle compte. Avant lui , le revenu de la ville irétait que de soixante talents 4 ( soixante mille écus ) : il le fit monter jusqu^à douze cents talents^ ( douze cent mille écus). C'est ce questeur qui, voyant qu'un fermier faisait mener en prison le philosophe Xénocrate parce qu'il avait manqué à payer dans le temps un certain tribut comme étranger , le tira d'entre )es mains des archers, et y fit conduire à sa place le fermier, pour 9 voir eu l'insolence et la dureté de traiter ainsi un homme de lettres. Cette action fut applaudie généralement. Lycurgue était du nombre des orateurs qu'Alexandre demanda qui lui fus* sent livrés; à quoi les Athéniens ne purent consentir.
» laapo torrcnUor. (Juv»w. ) = La correction est certaine ; et Reiske
* Ad Atttc. 1. 1 , ep. 13. l'a aassi proposée ; Mulement comme la
3 77 mUlions de fr. - U h^^ orte upoxepov éÇVixovTa upo,
< Ce reyena serait bien médiocre pour l,.'^,J, , :««««-.;.«. it^
une viUe comm« Athènes, et l'augmen- ^t'^^*^^ ' « "< éÇaxoffiwv, non éÇa-
lation bien considérable. Je ne sais si on T^oaia qu'il faut lire, -rr L.
ne pourrait pas lire. éÇoxooia, six ' 6,900,000 francs. - L.
cents, au Heu de éÇiQXOVxa, soixante.
ESGHINE. DBMOSTHENE.
J'ai exposé ailleurs ' fort au long riiistoire de ces deux célèbres orateurs , qui furent toujours émules et rivaux , et dont les disputes ne cessèrent que par l'exil d'Ëschine. J'ai traité aussi ce qui regarde leur style et leur éloquence. Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit sur ces deux articles. Je me contente de remettre ici sous les yeux du lecteur les deux portraits qu'en trace Quiatiiien.
« Sequitur oratorum iogens manus , quum decem simul Athenis œtas una tulerit; quorum longe princeps Demosthenes ac pêne lex orandi fuit : tanta vis in eo, tam densa omnia, ita quibusdam nervis ' intenta sunt, tam nihil otiosum , is dicendi modas, ut née qaid desit iu 60 9 nec quid redundet inventas. Plenior iËschines, et magis fusus, et grandiori similis, que minus strictus est ; camis tamen plushabet, lacertorum minus ^: »
« Suit maintenant une foule d'orateurs, car il y en a eu à Athènes « jusqu'à dix à la fois, à la tête desquels marche Démostbène, « qui les a tous passés de bien loin, et qui a mérité d'être proposé « presque comme la règle de l'éloquence. Son style a tant de force, « il est si serré , si tendu , tout s'y trouve dans une telle justesse « et dans une précision si exacte, qu'on ne trouve rien à y ajou- « ter ni à en retrancher. Eschineest plus abondant, plus difiiis. « Il paraît plus grand parce qu'il est moins ramassé. Il a plus « d'embonpoint, et moins de nerfs. «
HYPEBIDE.
Hypéride avait été d'abord auditeur et disciple de Platon 4. Il j se tourna ensuite du côté du barreau , et il y Gt admirer son éloquence. Son style ^ avait beaucoup de douceur et de délicatesse; | mais il n'était propre que pour les petites causes. Il se trouva uni i
* Traité des Étades, t. I; Hist. Ane. nne impétuosité extraordinaires. — L.