‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 141 sur 468 · Columelie, X · texte numérisé non relu

Columelie, X

3. Conf. les réflexions très justes de Niepce, dans la Revue des Eaux et forêts, IV, 1865, p. 4 : ■' Tel sol convient à la végétation forestière, et particulièremonl à telle ou telle essence, tandis que les céréales n'y poussent qu'à grand'peine et dans des conditions particulières d'engrais et d'amendement; tel autre, au contraire, est propre aux céréales et se trouve, pour ainsi dire, dépourvu de végétaux ligneux, sauf quelques espèces rares qui s'en accommodent. C'est à ces conditions, en général, plutôt qu'à des causes de destruction, qu'on peut attribuer l'état de l'Algérie, très boisé dans certaines contrées, complètement nu dans d'autro* .

FAUNE ET FLORE DE L'AFRIQUE DU NORD. loi

la province de Constantine et de la Tunisie, sur lesquelles s'étend une sorte de carapace gypso-calcaire, dueàl'évaporation d'eaux remontant par capillarité ' : cette croûte, quand l'homme n'intervient pas pour la casser, est un obstacle au développement des racines des arbres. Telle aussi une bonne partie des steppes des provinces d'Alger et d'Oran, où existe une croûte analogue et où les pluies ne sont pas assez abondantes pour alimenter des arbres, même très peu exigeants. Telles les terres argileuses de beaucoup de vallées et de plaines, sols qui se dessèchent complètement pendant la saison d'été. Telles enfin les terres fertiles de l'Ouest du Maroc, qui ne forment qu'une mince couche, recouvrant un sous-sol pierreux compacta Quand des écrivains arabes affirment qu'à la fin du vil* siècle, des ombrages continus s'étendaient de Tripoli à Tanger % leur assertion ne peut pas plus être admise que les mots ager arbori infecundus de Salluste, même si l'on se souvient que ces auteurs veulent parler d'ombrages formés, non seulement par des forêts, mais aussi par des plantations d'arbres fruitiers *.

Sur quelques points, la forêt a repris possession de terrains qui, à l'époque romaine, devaient être cultivés, car on y trouve des ruines enfouies dans des massifs d'arbres. Ce fait a été observé en Khoumirie et dans le Nord-Est de la province de Constantine, entre Souk Ahras et la Galle ^, régions où des pluies abondantes développent la végétation et

■ 1. Pervinquière, dans Revue de Géographie, III, 1909, p. 398. Battandier et Trabut, l'Algérie, 325-6. Une croûte semblable se retrouve souvent dans le Maroc occidental : Gentil, le Maroc physique, p. 307, 319.

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