‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 142 sur 468 · Conf. Toutain, les Cités romaines de la Tunisie, p · texte numérisé non relu

Conf. Toutain, les Cités romaines de la Tunisie, p

5. Goyt, dans Rec. de Constantine, XXVII, 1892, p. 225. Gsell, Allas archcoL de l'Algérie, P 10; P 18 (angb^ Nord-Est). Clerget, dans la Géographie, XXV, 1913, p. 49.

OÙ les troupeaux, moins nombreux qu'ailleurs, ne l'empêchent pas de se reconstituer. On a de même constaté l'existence dans l'Aurès d'une ruine importante, aujourd'hui cachée en pleine forêts

En revanche, parmi les textes anciens que nous avons cités, plusieurs nous font connaître des forêts qui ont disparu : celles qui entouraient Laribus, non loin du Kef^; probablement aussi une grande partie de celles que Corippus signale dans le centre et le Sud de la Tunisie, qui sont aujourd'hui très peu boisés; celles qu'Hérodote et Strabon indiquent dans le voisinage de Lebda, à la colline des Grâces et au cap Misrata^

Le déboisement de la Berbérie a dû commencer dès les temps antiques. Si les hommes transformèrent en champs de céréales beaucoup de sols dénudés ou couverts seulement de broussailles (lentisques, jujubiers, genêts, palmiers nains, etc.), s'ils y plantèrent même des arbres fruitiers, il est probable que l'agriculture agrandit aussi son domaine aux dépens des forêts naturelles.

Aux époques d'insécurité antérieures à la paix romaine, des massifs montagneux servirent peut-être de refuges à des populations qui s'y sentaient mieux défendues que dans les pays plats contre les attaques brusques et le pillage : ce qui dut contribuer à la diminution des forêts.

Dans les premiers siècles de notre ère, l'agriculture reçut une

1. Vaissière, dans Comptes rendus de rAcadémie d'Hippone, 1890, p. lviii. — Au Maroc, les ruines de Lixus, près de Larache, sont en partie couvertes par des chênes lièges. — Il y a de nombreuses ruines dans la rabah de Ghebba, à l'Est d'El Djem, en Tunisie (Maumené, dans Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie, I, p. 19). Mais cette forêt ■< n'est en réalité qu'une broussaille peu serrée ».

2. Diehl, dans Nouvelles Archives des missions, IV, 1893, p. 383 : « A 10 kilomètres à la ronde, dans la plaine et dans la montagne, on ne rencontre pas le moindre arbre. »

3. On peut noter aussi la disparition des bois indiqués par Hannon au cap Cantin. Le djebel Borma et le djebel Chettaba sont aujourd'hui dénudés; on doit admettre qu'il n'en était pas ainsi daus l'antiquité, si l'on reconnaît un dieu des forêts daus le Silvaaus qui y était adoré.

impulsion vigoureuse; des mesures législatives encouragèrent ie défrichement. L'Afrique septentrionale était alors très peuplée; au début du iii^ siècle, Tertullien écrivait, non sans emphase* : « De riants domaines ont effacé les déserts les plus fameux, les champs cultivés ont dompté les forêts, les troupeaux ont mis en fuite les bêtes féroces... Preuve certaine de l'accroissement du genre humain! nous sommes à charge au monde... Partout retentit cette plainte : la nature va nous manquer ! » Eq s'exprimant ainsi, le prêtre de Carthage devait surtout penser à son pays natal.

Par suite de la mise en valeur d'un grand nombre de terres fertiles, dans les plaines et dans les vallées, par suite de l'accroissement de la population, les régions montagneuses et forestières, où les indigènes, restés barbares, étaient refoulés, furent sans doute exploitées plus activement que par le passé. Le récit qu'Ammien Marcellin fait de la révolte de Firmus, à la fin du iv'' siècle, atteste le fort peuplement de la Kabylie orientale, d'une partie des Babors, des pays qui bordent la vallée du Chélif, qui entourent Aumale ^ Procope donne des indications analogues pour le massif de l'Aurès, au vi' siècle \ Ces indigènes se livraient soit à l'élevage, soit, quand le sol s'y prêtait, à l'agriculture. Dans les deux cas, ils devaient être tentés de s'attaquer à la forêt, comme à la broussaille, non seulement pour augmenter la surface des terres disponibles, mais aussi pour écarter les fauves, si nombreux, ennemis redoutables des hommes et des troupeaux. En beaucoup de lieux, la végétation naturelle ne subsista peut-être que sur les sols dont on ne pouvait pas tirer un parti plus avantageux.

Ajoutons aux causes de la diminution des forêts une exploitation probablement abusive. Pline constatait déjà la dispari-

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