Gentil, le Maroc physique, p
3. Dans l'ouvrage de Lefebvre, les Forêts de l'Algérie, p. 89 el 83.
4. Voir d'autres exemples cités par Ficheur. l. c. p. 70-77, 88, 89, 91.
FAUNE ET FLOUE DE L'AFIUQUE Dlj NORD. 157
l'époque de ces déboisements'. Ils se sont certainement répartis sur une période très longue, qui commença sans doute aux temps antiques. La reconstitution de certaines forêts n'a pas pu compenser les pertes, qui se sont aggravées de siècle en siècle, qui sont presque irréparables dans les régions de l'intérieur, plus sèches et plus peuplées de bétail que le littoral.
En plaine et sur les pentes douces, la disparition de la végétation naturelle donne aux hommes les terrains de culture qui leur sont nécessaires. Elle a ailleurs des conséquences fâcheuses. Pourtant il faut se garder de les exagérer. Nous ne pensons pas que les forêts aient une grande influence sur la formation des pluies ^ Elles ne paraissent pas favoriser autant qu'on l'a dit l'alimentation des sources. Les arbres arrêtent une bonne partie de l'eau du ciel, que reprend l'évaporation produite par le soleil ou par le vent. Quant à celle qui parvient au sol, elle est assurément moins exposée à s'évaporer que dans les surfaces découvertes, mais elle est souvent accaparée par le terreau et par les mousses, qui s'en imbibent, par les racines des arbres, auxquelles elle suffît à peine dans beaucoup de lieux de lAfrique septentrionale. La terre en absorbe beaucoup moins que la forêt n'en reçoit \
Ce qui est certain, c'est qu'en pays de montagne, le revêtement du sol, forêt ou broussaille, atténue beaucoup le ruissellement. A cet égard, le déboisement a été un mal : personne ne saurait le contester. On peut cependant en diminuer les inconvénients et les dangers, en établissant sur les pentes des
1. Le déboisement du Clieltaba, près de Gonstantine, est, parait-il, de dale relativement récente : Féraud, Rec. de Gonstantine, XIII, 1869, p. 47-i8. De môme, le déboisement de diverses montagnes de l'ancienne tribu des Ouled Abd en Nour, au Sud-Ouest de cette ville : ibid., VIII, 1804, p. 144-3. Le djebel Sadjar, au Sud du Chettaba, porte un nom qui signifie la montagne des arbres; il n'y en a plus un seul : Cberbonneau, ibid., XII, 1808, p. 40o.