‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 205 sur 468 · Keller, l. c, p. ISf · texte numérisé non relu

Keller, l. c, p. ISf

3. Au xiii* siècle, l'inscription de Ménephtah, à Karnak, mentionne les chèvres du chef des Lebou : de Rougé, Revue archéologique. 18G7, II, p. 41 ; Chabas, Études, p. 196. Plus tard, Homère {Odyssée, IV, 83-89), un oracle de Delphes (Hérodote, IV, 155), Pindare {Pythiqucs, IX, 6) vantent la richesse en moulons de cette partie de l'Afrique.

4. Die Phônizier, II, 2. p. 366-8, n. 7; conf. p. 409 et 463.

5. Selon Varron {Rust., II, 1, 6), Hercule aurait conquis, dans le jardin des Hespérides, non des pommes d'or, mais des chèvres et des moutons, qu'il aurait ramenés d'Afrique en Grèce. Si l'on veut prendre au sérieux cette indication, on ne peut guère penser qu'à un souvenir très déformé de l'introduction en Grèce de certaines races propres à l'Afrique (conf. peut-être, pour les moutons, Lorlet et Gaillard, l. c, p. 96-97, qui signalent, dans le Sud-Est de l'Europe, une race ovine étroitement apparentée à la race la plus ancienne de l'Egypte). — Quand même Ilérodole (IV, 189) aurait raison de dire que les Grecs ont emprunté l'égide d'Athéna au vêtement en peau de chèvre des femmes libyennes, cela ne prouverait pas naturellement qu'ils aient connu par les Libyens la chèvre domestique. — Le mot grec -ix'jpoç (bouc), qui, selon un commentateur de Virgile (Proluis, apud Thilo et Hagen, édit. de Servius, III, 2, Appeiidix Scrviana, p. 329), aurait appartenu à la langue libyque, a dû être importé en Cyrénaïiiue par les Dorions : il n'était pas plus d'origine africaine que les mots latins cupra et hiicus, auxtjuels Movers cherche sans raison une élymologie libyijue.

grottes à mobilier néolithique S mais il est impossible de dire si ces animaux étaient domestiqués. Les gravures rupestres ne nous donnent pas non plus d'indications certaines-.

L'âne domestique, issu d'un âne sauvage qtii se rencontre encore dans le Nord-Est du continent africain ', existait en Egypte dès le quatrième millénaire avant J.-C.^ Au xiii'' et au xii*^ siècle, les Libyens établis entre la vallée du Nil et la grande Syrte possédaient des ânes ^ Il est permis de croire que les habitants de la Berbérie apprirent d'eux les services que pouvaient rendre ces précieuses bêtes de somme et de selle. Les ânes actuels appartiennent à une race qualifiée d'africaine, dont les plus beaux représentants se trouvent en Egypte®. Ils sont petits, avec une tète forte, aux yeux grands et doux, une enco-

1. Grottes d'Oran : Pallary et Tommasini, Assoc. française, Marseille, 1891, II, p. 64.Ï; Pallary, Bull, de la Société d'anthropologie de Lyon, XI, 1802, p. 300. Grolle de Saida : Doumcrgue et Poirier, Bull. d'Oran, 1894, p. 111. Grotle du Grand- Rocher, près d'Alger (restes abondants) : Pomel, Équidés, p. 30, pi. IX-XII (p. 41 : « âne qui, s'il n'est pas Vafricanus actuel, n'en est pas très dilTérent »). Ficheur et Drives (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, GXXX, 1900, p. 1487) signalent, avec doute, l'âne dans la grolte des Bains-Romains (près d'Alger), abri habile à une époque plus ancienne, au temps de l'tiippopotamc et du rhinocéros.

2. A Ennefous, près d'Er Richa, dans le Sud oranais, sont représentés des équidés (Maumoné, Bull, archéologique du Comité, 1901, p. 303, fig. 2; Delmas, Bui.l. de la Société dauphinoise d'ethnologie et d'anthropologie, IX, 1902, p. 137-138, fig. ii), que M. Delmas regarde, peut-être avec raison, comme des ânes. Sur l'un d'eux, on voit nettement une croix, formée par deux bandes dont l'une court le long du dos et dont l'autre coupe la première près du garrot; des zébrures raii'iit transversalement l'une des jambes : ces particularités sont fréiiuentes chez les ânes africains. M. Maumené indique des mouchetures sur tout le corps de ers animaux, en faisant cependant observer qu'elles sont très frustes et paraissent avoir été obtenues en frottant la pierre; M. Delmas signale seulement un polissage de la surface du grès, correspondant aux naseaux, au cou et à une bande horizontale le long du ventre. Si les gravures offrent véritablement des m luchetures, on peut penser à des chevaux pommelés. Il y a aussi un équidé au corps moucheté à Guebar Rechim (Gsell, Monuments antiques de l'Algérie, I, p. 4()). Il m'est difficile de reconnaître un âne sur une gravure d'Ain .Memuouna ; Gautier, Sahara algérien, fig. 18, n° 2, à la p. 99. A Telliz Zarhène, dans le Sahara, Barlh (Reisen und Entdcckungen, I, p. 210) mentionne un animal qui pourrait être un âne. Mais il n'est pas sur qu'il s'agisse d'une gravure fort ancienne.

Page 1