Conf. Relier, l. c, p
•ï. .\nes du chef des Lebou : de Rougé, l. c. ; Chabas, Études, p. 19G. Anes dea Mashaouasha : Chabas, p. 244.
6. Sanson, Traité de zootechnie, i' cdit., III, ;>. 149 et siiiv.
lure mince, une crinière très courte, un dos court et tranchant, une poitrine étroite; la robe est le plus souvent grise, comme celle des onagres de Nubie. Ils vivent vieux et montrent des qualités remarquables de docilité, de sobriété, d'endurance et d'agilité '.
Indépendamment des importations récentes-, il y a en Berbérie deux types de chevaux, le barbe et l'arabe.
Le cheval barbe ^ a une tête assez forte, un front bombé, des arcades orbitaires peu saillantes, un chanfrein busqué, des joues fortes, des lèvres minces, une bouche petite, des oreilles minces et droites, une encolure arrondie et large, à crinière bien fournie, un garrot élevé, un dos et des lombes courts, une croupe courte et tranchante, une queue touffue, attachée bas, des membres forts, mais souvent assez mal plantés*. La taille est peu élevée (1 m. 50 en moyenne). La robe est de couleur variable; le gris domine. L'aspect général est lourd, sans élégance. Mais cet animal possède de grandes qualités : docilité,
-1. SansoQ, l. c, p. 14o-6; conf. Rivière Pt Lecq, Manuel de Vagriculteur algérien^
p. loo:;.
2. Sanson (l. c, p. 81) iadique en Berbérie un certain nombre de chevaux qui seraient de race germanique. A supposer que le fait soit exact, l'époque de l'introduction de ces animaux reste très incertaine; car rien ne prouve qu'ils aient été amenés par les Vandales, ni surtout, comme le croit Piètrement {les Clievaux dans les temps préliislori(]ues et historiques, p. 734), par « les blonds constructeurs des dolmens des États barbaresques ».
3. J'indique ses principales caractéristiques surtout d'après Sanson, l. c.,p. 62. Voir aussi Aureggio, les Chevaux du Nord de V Afrique (Alger, 1893), p. 82.
4. Sanson (L c, p. 52-53, 63) a observé que des barbes n'ont, comme les unes, que cinq vertèbres lombaires, au lieu de six. Il a constaté aussi (p. 141-2). chez quehiiies barbes, comme chez les ânes, l'absence de châtaignes aux membres postérieurs. La race, à l'état pur, offrait, croit-il, ces deux caractères, que la plupart des chevaux africains auraient perdus par suite de croisements. La race barbe serait donc apparentée à l'âne. J'ajouterai, d'après une indication de M. Neuville, qu'elle serait aussi apparentée au zèbre, qui, lui aussi, possède seulement cinq vertèbres lombaires et n'a de châtaignes qu'aux membres antérieurs. Mais d'autres savants ont montré que les deux particularités indicjuées ne sout pas propres à la race africaine. M. Gossart Ewart (cité par Boule, les Chevaix fossiles des grottes de Grimaldi, p. 8, dans Annales de paléontologie, V, 1910) en fait des caractères typiques de sou Equus caballus cellicus. Certains prétendent même qu'il s'agit simplement d'anomalies individuelles : pour les vertèbres, voir Aureggio, l. c, p. 6i-65, 471-2.
vitesse, vigueur, résistance aux privations et aux fatigues. Les barbes, dont le type pur est devenu rare par suite de croisements multipliés avec les arabes, sont apparentés à des chevaux qui ont existé ou existent encore dans le Nord-Est de l'Afrique ^
Le cheval dit arabe a le front plat et large, les arcades orbitaires saillantes, le chanfrein droit ou légèrement concaA'e, les joues plates, les narines plus larges que celles du barbe, les oreilles plus petites, la crinière moins abondante, mais plus fine. Les formes du corps sont sveltes, souples, d'une élégance et d'une harmonie qui n'exclut pas la vigueur. Cette race, dont les exemplaires les plus beaux sont en Syrie, se retrouve aujourd'hui dans tous les pays musulmans. C'est elle qui a donné naissance aux pur- sang anglais, par des individus exportés, au xvii^ et au xviii^ siècle, soit de Turquie, soit des Etats barbaresques. Il n'est pas vraisemblable qu'elle soit originaire d'Arabie. Jusqu'aux environs de notre ère, les Arabes montaient des chameaux^; plus tard, ils eurent des chevaux, qui durent venir surtout de Syrie ^ et qui restèrent en pelit nombre jusqu'aux conquêtes de l'Islam*.
En Berbérie, la diffusion de la race arabe, ou plutôt syrienne, ne paraît pas dater de bien loin. On croit d'ordinaire, mais sans preuves, qu'elle n'a été introduite que par les musulmans, à partir du vif siècle. En tout cas, la plupart des monuments
1. C'est la race de Dongola. — La race barbe a été introduite en Espagne (Sanson, l. c, p. 57), peut-être dès l'antiquité.
2. Conf. Hehn, KuUurpflanzen und Hauslhiere, p. 28-29 de la 6^ édition.
3. 11 y eut aussi des importations de la côte orientale d'Afrique. Ce sont les chevaux de Berbera [et non de Berbérie], dont il est question dans Amro"lkais, au VI* siècle : voir de Slane, Diwan dCAmro'lkaïs, p. 92. Ils devaient être do la race de Dongola, apparentée à la race barbe. Mais ce ne serait pas une raison pour soutenir que les chevaux qu'on appelle aujourd'hui arabes, et qu'il vaudrait mieux appeler syriens, soient simplement des descendants de chevaux africains. Ils ont, nous l'avons indiqué, des caractères différents.
4. Voir Hahn, die Haustiere, p. 199. Il ne faut cependant pas affirmer que les Arabes n'aient eu de bons chevaux qu'après la conquête de l'Afrique du Nord (contra : Hehn, l. c, p. 29-30). On sait combien l'éloge du cheval est fréquent dans la poésie antéislamique.
antiques qui représentent des chevaux de l'Afrique du Nord et les textes anciens qui les concernent semblent se rapporter à la race barbe'. Depuis quand occupe-t-elle cette contrée?
Dans les stations paléolithiques, les seuls équidés dont les ossements puissent être déterminés avec certitude sont des zèbres*. Nous n'avons aucune preuve que le cheval ait existé alors en Berbérie. Il est également absent ou très douteux dans les stations néolithiques les plus anciennes. Il ne se trouve que dans les couches supérieures des grottes \ Il apparaît, mais rarement, sur les gravures rupestres du Sud oranais, contemporaines de l'industrie néolithique berbère. Sur l'une d'elles*, un quadrupède, fort mal dessiné, mais qui ne peut être qu'un cheval, est « affublé, dit Pomel, d'une large ceinture, probablement en guise de selle ^ ». Une seconde image ^ non moins grossière, nous montre un autre cheval, portant une sorte de housse. On voit qu'il s'agit d'animaux domestiques. Un cheval, recouvert d'une grande housse et attaché à un tronc d'arbre, est aussi représenté sur un dessin du Sud du Maroc, qui semble bien, comme les précédents, appartenir à la série des gravures dites préhistoriques'.
Dans l'état actuel de nos connaissances, nous pouvons donc admettre que le cheval était étranger à la faune de l'Afrique septentrionale et qu'il a été introduit par l'homme à une époque assez récente.
Aux épaules, aux genoux, aux jarrets de quelques-uns des
1. Nous reviendrons sur cette question. Voir Tissot, Géographie, I, p. 3.ï4 cl suiv. ; Bernard, Bull, archéologique du Comité, 1906, p. 1 etsuiv-jen particulier |i. l(j.