Hahn. die Hausliere, p. 89 et
5. Remarquer qu'actuellement encore la culture à la charrue n'est pratiquée on Afrique (en dehors des colonies européennes) qu'en Egypte, en Abyssinie et dans les pays riverains de la Méditerranée : Hahn, das Aller der wirlschafllicUen KuHur der Menscliheit, p. 136. Aux Canaries, les Guanches, qui cultivaient le blé et l'orge, n'avaient pas de charrues.
6. Nous noterons cependant la ressemblance des meules néolithiques de la Berbérie et des meules qu'on trouve en Espagne avec un mobilier analogue, à celui des grottes africaines : voir Siret, VEspagne préhistorique (extrait de la fievue des questions scirntijiijiics, octobre 1893), p. 28 et fig. 125 (avec le commentaire). — Selon Polémon d'ilion, écrivain de l'époque hellénistique (Fragni. iiist. graec, edit. Millier, III, p. 119), les habitants d'Argos prétendaient que c'était chez eux que le froment avait été semé pour la première fois en Grèce et que le héros Argos l'avait apporté de la Libye [c'est-à-dire, sans doute, du pay^s situé entre l'Egypte et la grande Syrte] ; conf. Festus, s. v. Libyens campus. Nous ignorons les me ifs de celte croyance. S'agit-il d'une historiette, inventée pour exidiquer
CsELL. — Afrique du Nuid. I. lu
culture remonte à une très haute antiquité en Egypte, comme dans l'Europe centrale*. ]1 est fort douteux que quelques rondelles en terre cuite, trouvées dans des grottes à mobilier néolithique, aient été des pesons de fuseaux^. Des fonds de poteries, recueillis dans la grotte des Ours, à Constantine, offrent des empreintes de toiles grossières, sur lesquelles on avait placé ces vases pour les faire sécher, mais il ne paraît pas certain qu'ils appartiennent à l'industrie néolithique ^
L'arboriculture exige la pratique de la greffe, la création de vergers, des soins attentifs et une vie tout à fait sédentaire. La vigne, l'olivier, le figuier, l'amandier sont indigènes eh Berbérie*; cependant rien ne prouve qu'il y ait eu des espèces cultivées avant la période phénicienne ^ que les autochtones aient connu le vin et l'huile aux temps préhistoriques ^ Observons toutefois que la langue berbère a, pour désigner l'olivier cultivé, un nom particulier, azemmour'' ; tandis que les Italiens empruntèrent le nom de cet arbre aux Grecs, qui furent sans doute leurs maîtres en oléiculture, les Libyens n'ont pas adopté le nom sémitique, importé par les Phéniciens*. Il y a
le nom de Ai^-js-ra, donné à une Déméter adorée à Argos, nom qui n'avait peutêtre à l'origine aucun rapport avec la Libye?
1. Ce n'étaient pas les mêmes espèces qu'on cultivait en Europe et en Egypte. Le lin des stations lacustres croit spontanément en Berbérie : de Candolle, Origine des plantes cultivées, p. 98.
2. Grottes d'Oran : Pallary et Tommasini, Assoc. française, Marseille, 1891, II, p. 64.3; Doumergue, ibid., Pau, 1892, H, p. 628.
.3. Voir plus haut, p. 195, n. 5.