‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 259 sur 468 · Voir, entre autres, Hérodote, VII, 70; Diodore, III · texte numérisé non relu

Voir, entre autres, Hérodote, VII, 70; Diodore, III

3. Les Berbères, dont le teint blanc est noirci par le soleil, sont qualifiés de nigri par des auteurs anciens (voir p. 285, n. 2), mais on ne les appelle pas Éthiopiens. Quant aux hommes naturellement foncés, on a peut-être hésité quelquefois à ranger parmi les Éthiopiens ceux qui n'étaient pas tout à fait noirs. Doit-on expliquer par cette hypothèse les contradictions apparentes des textes relatifs aux Pharusiens, aux Nigrites et aux Garamantes? La question que nous traitons ici est vraiment bien embrouillée. En tout cas, nous ne croyons pas que le mot Aetliiopia ait été employé dans un sens purement géographique, sans tenir compte de la couleur des habitants. L'Ethiopie était le pays des Éthiopiens, des « gens au visage brûlé ».

4. Mêla, I, 23 : Leucoaethiopes. Pline, V, 43 : Leucoe Aethiopes. Ptolémée, IV, 6, 6 : AeuxatSioTîs;.

5. L'antithèse entre « blancs » et « Éthiopiens » est classique. Par exemple, Juvénal, II, 23 : « Loripedem reclus derideat, Aethiopem albus. »

(3. Hérodote (VII, 69) dit que les Éthiopiens qui vivaient au Sud de l'Egypte se peignaient le corps, moitié avec de la chaux, moitié avec du vermillon. 11 y a encore, au centre de r.\frique, des nègres qui, dans certaines circonstances, se peignent tout le corps en blanc : Weisgerber, les Blancs d'Afrique, p. 5. — Des couleurs sacrées peuvent donner lieu à des dénominations analogues à celle qu'indiquent les trois auteurs cités. Dans la région nigérienne, les Blancs, les Rouges et les Noirs sont appelés ainsi, non pas à cause de leur teint, mais à cause de la couleur qui leur sert d'emblème : Desplagnes, le Plateau central nigérien, p. 104-5. — Pour les prétendus Éthiopiens rouges de Ptolémée, voir plus loin, p. 301, n. 4.

furent amenés de l'intérieur du continent jusque dans les oasis du Sahara septentrional. Suivant Hérodote', les Garamantes allaient donner la chasse aux Ethiopiens troglodytes, probablement aux habitants du Tibesti^; s'ils gardaient leurs prisonniers, ils les employaient peut-être à des travaux agricoles. Mais il est évident que tous les Ethiopiens établis au Sud de la Berbérie n'étaient pas de condition servile. Les textes nous les montrent formant des peuplades, se déplaçant à leur gré^ faisant la guerre aux Maures et aux Romains. Ils étaient chez eux dans ces régions et ils les occupaient sans doute depuis fort longtemps*. Souhaitons que des fouilles de stations ou de sépultures préhistoriques nous apportent des précisions à cet éo^ard. Récemment, on a découvert à Redeyef, dans le Sud- Ouest de la Tunisie, plusieurs squelettes d'individus contemporains de l'industrie gétulienne. Or ils présentent des caractères nettement négroïdes, « mâchoires prognathes,... extrême platyrhinie,... face courte et large,... relief médian de la voûte crânienne donnant à celle-ci, vue de face, un aspect ogival" ». Le Sahara était alors plus habitable et plus facile à parcourir

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