‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 260 sur 468 · IV · texte numérisé non relu

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2. Observer que, s'il s'agit des ancêtres des Tédas, habitants actuels du Tibesti, ce n'étaient i)as de vrais Nigritiens, mais des gens à la peau bronzée, aux traits réguli: s (conf. Schirmer, le Sahara, p. 236).

3. Les Phurusiens se rendaient chez les Maures et même jusqu'à Cirta (Cons-^ tantine) : Strabon, XVII, 3, 7. Avec les Nigrites, ils seraient allés détruire un grand nombre de colonies phéniciennes sur la côte du Maroc : XVII. 3, 3.

4. Comme le dit M. Gautier (Sahara algérien, p. 266-7), « dans un pays où, pour des raisons climatiques, les nègres sont les seuls cultivateurs possibles, et qui d'ailleurs est en libre communication avec la Nigritie, il serait imprudent, et l'on pourrait dire presque absurde, d'affirmer a priori qu'ils ont été un épiphénomène, des immigrants tardifs, ouvriers malgré eux de la onzième heure ».

5. Bertholon, dans VAnihropologie, XXIII, 1912, p. 167. Ces individus étaient de petite taille. — M. Bertholon (Seplième Congrès préhistorique, Nîmes, 1911, p. 214) a aussi constaté quelques caractères négroïdes sur des crânes trouvés dans une station gétulienne voisine de Tébessa : « léger prognathisme; forme plutôt parabolique des arcades dentaires; largeur du nez, avec aplatissement des os nasaux; brièveté de la face ». Tébessa est déjà assez loin du Sahara. Mais on peut supposer que ces individus à caractères négroïdes étaient plus ou moins apparentés à des gens qui vivaient plus au Sud. II est vrai qu'ils pouvaient l'être aussi à des populations, également négroïdes, qui auraient été piablies jusque dans le voisinage de la Méditerranée ; i'. infru.

qu'aujourd'hui'; à l'intérieur comme au Nord et au Sud de cette contrée, ont pu vivre des populations d'aspect fort semblable-. D'autre part, le type, si répandu, du Djerid est nettement caractérisé. Résulte-t-il de croisements entre des noirs et des blancs? Nous l'ignorons ^ En tout cas, il y a lieu de croire qu'il s'est fixé dès une époque lointaine. Peut-être les gens qui appartiennent à ce type ont-ils quelque parenté avec les peuples de haute taille et de couleur brun-rouge qu'on rencontre plus au Sud, en une longue traînée s'étendant depuis la cùte des Somalis jusqu'au Sénégal*, et dont le berceau est probablement l'Afrique orientale ^ Tel aurait été le fond ancien®, modifié plus tard par des éléments nouveaux : noirs amenés du Sud, Berbères et Arabes venus du Nord''. Les baratines actuels

i. Les habitants du Sud de l'Espagne, disait Éphore {apud Strabon, 1, 2, 2G), racontaient que les Éthiopiens avaient traversé la Libye jusqu'à l'Occident, où une partie d"entre eux étaient restés. Mais c'était probablement une manière d'expliquer la présence de noirs au Sud du Maroc comme au Sud de l'Egypte.

2. 11 faut noter cependant que les Éthiopiens de très haute taille qui vivaient en face de l'île de Cerné, au Sud du Maroc, n'étaient pas des purs Nigrilieus, à en juger parce que le Périple de Scylax dit d'eux (§ 112) : « Ils ont une longue barbe et de longs cheveux et sont les plus beaux de tous les hommes. »

3. M. Gollignon ne le croit pas {Bull, de géographie historique, 1886, p. .311-3); M. Chantre non plus (Assoc. française, Reims. 1907, 1, p. 304; Bull, de la Sociélé d' anthropologie de Lyon, XXVI, 1907, p. 157).

4. Gallas, Abyssins, Bedjas, Foulbés, etc. On a voulu leur rattacher des Éthiopiens rouges qui seraient mentionnés par Ptolémée (IV, 6, 5) : Kiepert, Manuel de géographie ancienne, trad. française, p. 133, n. 3; Schirmer, l. c, p. 229. Mais d'abord cette mention n'est pas certaine : les manuscrits donnent rippéwv,n-jppéojv, Ilvpaitov, lljpïojv, ll'jppaiojv (A'.ôiÔtîwv). C'est par conjecture que l'on a corrigé n-jppoSv; Millier propose re-.pÉojv, ou retpalojv (du fleuve Velp). Quand bien même il y aurait eu des Éthiopiens qualifiés de rouges, l'épithète n'indiquerait pas nécessairement qu'ils aient eu la peau de cette couleur : conf. plus haut ce que nous avons dit des Éthiopiens blancs. Pline (VI, 190) dit, à propos de certaines peuplades noires de la vallée du Nil : ■< atri coloris tota corpora rubrica inliniiut ». On sait que les Peaux Rouges d'Amérique ont été appelés ainsi à cause de la couleur qu'ils étendaient sur leur visage.

5. Conf. Chantre, Bull, de la Soc. d'anlhr. de Lyon, l. o. ; Bertholon, Astsoc. français,?, Lille, 1909, II, p. 905.

G. Divers auteurs estiment que les gens brun foncé des oasis appartiennent à une race saharienne spéciale, distincte des Nigritiens : Carelte, Recherches, p. 305; Duveyrier, les Touareg du Nord, p. 285, 288 (« race subéthiopienne », ou " garamauticiue •■); Topinard, Bull, de la Soc. d'anthropologie, 1873, p. 038, a. 1; Tissot, Géographie, 1, p. 400,402; Gollignon, l. c. (pour le ^ype du Djerid).

7. Les Mélanogétules que Ptolémée mentionne dans la Libye intérieure viV, 6, 5) étaient-ils des métis, comme on le pense d'ordinaire? Cela n'est pas

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représentent ces mélanges, où semble prédominer l'élément nigritien, sans cesse renforcé par des apports du Soudan'.

Depuis la période carthaginoise, des noirs, originaires soit des oasis sahariennes, soit du centre africain, ont été introduits comme esclaves dans les villes ou dans les régions de l'Afrique du Nord voisines du littoral^. Ils ne devaient pas être très nombreux. Rien n'indique que la traite ait fourni, sous l'Empire romain, les bras nécessaires à l'exploitation des grands domaines ; le pays était assez peuplé pour se passer d'une main-d'œuvre appelée du dehors.

Mais, bien avant la venue de ces étrangers, des hommes que les anciens auraient appelés Ethiopiens n'ont-ils pas vécu dans le Tell? Hypothèse qui n'aurait rien d'invraisemblable : les fouilles de Menton ont prouvé qu'à l'époque quaternaire il y avait des gens apparentés aux nègres jusque sur les côtes de

certain. D'autres hypothèses sont possibles. Conf. Duveyrier, l. c, p. 392 (les Arabes qualifient parfois les Touaregs de blancs ou de noirs selon la couleur de leur voile); Avelot, Bull, de géographie historique, 1908, p. 55 (il croit que les Mélanogétules était une peuplade dont le noir était la couleur sacrée). — Il n'est pas sur non plus que les Libyaethiopes d'Orose (I, 2, 89) aient été des métis : ce mot paraît signifier simplement Éthiopiens de Libye (d'Afrique).

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