Bull, de géographie historique, 1891, p
2. M. Deaiker {les Races et les peuples de la terre, p. 494) croit que l'Afrique du Nord a été peuplée primitivement par des nègres et qu'un élément blanc, asiatique ou européen, s'est déposé sur ce fond primitif; resté pur chez les Berbères, il se serait transformé, peut-être sous l'influence de mélanges avec les nègres, en une race nouvelle, analogue à la race éthiopienne (c'est-à-dire à la race à laquelle appartiennent les Gallas, les Bedjas, etc.). Voir aussi La BUanchère, Bull, de correspondance africaine, I, 1882-3, p. 3.56. — M. Collignon (Bull, de géographie historique, 1880, p. 314-5, 346) est d'avis que le type du Djerid représente la population la plus ancienne de la Berbérie; conf. Bertholon, Revue tunisienne, II, 1895, p. 23, Lissauer {Zeitschrift fur Ethnologie, XL, p. 527 et 528) admr-t l'existence d'une population primitive apparentée aux Gallas et parlant la langue dont dérivent les dialectes berbères; elle aurait été refoulée vers li- Siil par des envahisseurs, ancêtres des Kabyles, venus d'Espagne, qui auraii-iit adopté la langue des vaincus; conf, Stuhlmann, Ein kidturgcschichtlicher Ausfu; in dcn Aures {Ahhandlungen des Hamburgischen Kolonialinslituts, X, 1912), p. 127, 135-0.
3. Il nous paraît bien aventureux de vouloir déterminer, d'après la répartition actuelle des types indigènes, leur ordre de venue dans le pays, — à supposer
l'Europe méridionale. Nombre d'observ^ateurs* ont été frappés de la ressemblance de beaucoup d'entre eux avec des Espagnols, des Français du Centre et du Midi, des Italiens, des Siciliens, des Corses, des Sardes ^ Il y en a beaucoup aussi qui rappellent des fellahs égyptiens ^ Ces impressions sont corroborées par l'examen des caractères anatomiques. On a insisté sur l'extrême fréquence, au Sud comme au Nord de la Méditerranée, des mêmes formes de têtes*, en particulier du type dit de Cro-Magnon, qui, de part et d'autre, se rencontre dès une époque très ancienne '. Nous avons noté chez un grand nombre
qu'ils se soient succédé. MM. Bertholon et Chaatre (Assoc. française, Dijon, 1911, p. 127-8) sont disposés à croire que les petits dolichocéphales (notre second type) sont les plus anciens; que le type à crâne court (troisième type) s'est enchâssé dans le précédent et qu'il a été introduit par une colonisation maritime; que les grands dolichocéphales (premier type) sont venus les derniers. Gonf. Gollignon, l. c, p. 346-7; Stuhlmann, l. c, p. 128.
1. H. Martin, Bull, de la Soc. d'anihr., 1881, p. 461 (conf. Deloche, ibid., p. 463). La Blanchère, Archives des missions, 3* série, X, 1883, p. 34-33. Gollignon, l. c,, p. 306. Tissot, Géographie, I, p. 404. Lissauer, l. c, p. 518. Etc.
2. Races Ibéro-insulaire, Gévenole, Littorale ou Atlanto-méditerranéenae de Denikcr, l. c, p. 388-390.
3. Faidherbe, Bail, de la Soc. d'anthr., 1872, p. 612. Hartmann, les Peuples de ■l'.Afrique, p. 14 et 68. Gollignon, l. c, p. 261. Ghantre, Recherches anthropologiques en Egypte, p. 303 et suiv. F. von Luschan, apud Meinhof, die Sprachen dcr Hamiten (Abh. des Hamburg. KolJh.ialinslituts, IX, 1912), p. 243-4. Etc. Voir par exemple le fellah dont le portrait est donné par Weisgerber, les Blancs d'Afrique, p. 262 et 263 (d'après Ghantre). Il a tout à fait l'aspect d'un Kabyle. En général, la physionomie des fellahs est beaucoup plus douce que celle des Berbères, mais c'est Jà une différence peu importante (on pourrait en dire autant des Tunisiens par rapport aux Marocains).
4.' Voir, pour des crânes berbères et égyptiens, Pruner-Bey, Mémoires de la Soc. d'anthr., I, 1860-3, p. 414-3. Ge savant {apud Bourguignat, Histoire des monuments mégalithiques de Roknia, p. 49 et pi. VIII) qualifie d'égyptien un crâne des dolmens de Roknia. — Dans divers écrits (Origine e diJJ'uzione délia stirpe méditer ranea, 1893; Africa, 1897; Earopa, 1908, en particulier p. 111 et suiv., 238 et suiv.), M. Sergi a présenté son Homo eurafricus, originaire d'Afrique, d'où il aurait passé en Europe dés l'époque paléolithique. Diverses formes de crânes, ellipsoïde, ovoïde, penlagonoïde, etc., ne seraient que des variations internes d'une forme fondamentale, allongée; elles se retrouveraient partout où cet homme se serait répandu : dans tout le Nord du continent africain, sur toutes les rives de la Méditerranée, dans l'Europe occidentale.
3. De Quatrcfages et Hamy, Crania elhnica, p. 96. De Quatrefages, Histoire générale des races humaines, p. 445. Hamy. apud Bertrand, la Gaule avant les Gaulois, 2" édit., p. 287 et suiv. Garlailhac, les Ages préhistoriques de l'Espagne et du Portugal, p. 327. Verneau, Revut d'anthropologie, 1886, p. 10-24; le même, dans Bull, de la Soc. d'anthr., 1899, p. 27, et dans l'Anthropologie, XVI, I9Û3, p. 331. Gollignon, Annales de géographie. V, 1893-6. p. 164.
3fl6 LES TEMPS PRIMITIFS.
de Berbères la largeur des épaules et l'amincissement du thorax en tronc de cône renversé : cette conformation se retrouve chez les Egyptiens qui, dans l'antiquité, l'ont reproduite fidèlement sur leurs monuments, souvent aussi chez les Espagnols* et les Basques^.
Il conviendra de préciser ces ressemblances. Elles révèlent des origines communes, qui se perdent dans un passé très lointain. Elles ne justifient pas les théories aventureuses d'érudits qui prétendent savoir ce que nous ignorerons toujours. Les uns soutiennent que les ancêtres d'une bonne partie des Berbères ^ entre autres ceux du type de Gro-Magnon*, sont venus d'Europe en Afrique, surtout par l'Espagne. D'autres croient, au contraire, que ceux qu'ils appellent les Ibères, les Ligures sont originaires du Nord-Ouest de l'Afrique ^ Des savants ont placé le berceau des Berbères dans le Nord-Est africain®, ou bien en Asie\ ou même dans la fabuleuse Atlantide ^
On s'est aussi efforcé d'expliquer la présence de blonds dans le Maghrib. Comme leur nombre diminue de l'Ouest à l'Est, on les a rattachés à des populations qui seraient venues par le détroit de Gibraltar et dont la force d'expansion aurait décru