‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 279 sur 468 · II · texte numérisé non relu

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2. Sauf pour le nom de lieu Agadir (port de la côte marocaine; ancien nom de Tlemcen), qui s'explique par le phénicien : enclos, lieu fortifié. Pline, IV, 120 : « Gadir, ila Punica lingua saepem significante » ; Festus Aviénus, Ora maritima, V. 268-9 : « Punicorum lingua conseptum locum Gadir vocabat » ; conf. le mémo, Orbis terrae, v. 613-6. En héiireu gadêr signifie mur. On ne connaît pas de mot arabe semblable. Voir Movers, die Phonizier, 11, 2, p. 439, 622;Meltzer, Gescitickte der Karthager, I, p. 447; Tissot, dans Mémoires présentés à l'Académie des Inscriptions, IX, r° partie, p. 235, n. 1; Basset, iXédromah et les Traras, p. xi, n. 4; Mowat, Bull, de la Société des antiquaires de France, 1910, p. .390-1 ; Stumme, Zeitsckrift fiir Assyriologie, XXVll, 1912, p. 123. — Pour quelques emprunts possibles des Berbères à la langue phénicienne, voir Stumme, l. c, p. 123 et 126.

3. Voir des indications données par de Slane, l. c, p. 380-1 ; Tissot, Géographie, I, p. 419, n. 1 ; Masquera)', Bull, de correspondance africaine , I, 1882-3, p. 243, u. 1; Stumme, /■ " , p. 122.

320 LKS TEMPS PRIMITIFS.

la grammaire et sur la prononciation. Nous n'avons aucun moyen de dire s'il en a été de même du punique et du latin.

On a souvent cherché à rattacher le libyque à d'autres langues, parlées autrefois ou aujourd'hui encore en dehors du Nord-Ouest de l'Afrique. Dans cette question, il faut étudier les faits grammaticaux, bien plus que les mots, qui s'échangent facilement d'un idiome à l'autre. Les comparaisons faites par des érudits entre les dialectes berbères et le basque \ l'étrusque ^, le grec ', les langues touraniennes * ont été conduites avec des méthodes critiquables et doivent être écartées. Il n'en est pas de même pour l'égyptien ancien, devenu plus tard le copte ^; pour des idiomes parlés en Nubie (entre le Nil et la mer Rouge), en Abyssinie et au Sud de cette contrée; pour ceux des Gallas, des Somalis, des Massais; pour le haoussa (entre le lac Tchad et le Niger) et le peul (disséminé dans le Soudan central et occidental) ^ La parenté de ces différentes langues entre elles et avec les dialectes berbères peut être aujourd'hui

1. Voir, entre autres, von der Gabelentz, die Verivandtschaft des Baskischen mit den Berbersprachen Nord-Africas (Brunswick, 1894); H. Keane, Man past and présent, p. 460-2; de Cliarencey, Association française pour Vavancement des sciences, Pau, 1892, II, p. 373-8; le même, Journal asiatique, 1904, I, p. 334-540. Contra : Bladé, Études sur Vorigine des Basques, p. 322-9; Tissot, I, p. 424. Il y aura peut-être lieu de reprendre cette question, mais avec d'autres procédés de comparaison.

2. Brinton, dans Proceedings of the american philosophical Society, XXVI, 1889, p. 314-327; XXVIII, 1890, p. 39-32.

3. Berlholon, Revue tunisienne, X-XIII, 1903-6 (Origine et formation de la langue berbère) : le libyque aurait été un dialecte hellénique, importé par une immigration thraco-phrygienne et encore transparent dans les dialectes berbères.

4. Rinn, Revue africaine, XXV-XXXIII, 1881-9 (Essai d'études linguistiques et ethnologiques sur les origines berbères).

5. Pour la comparaison des procédés grammaticaux de l'égyptien et du berbère, voir de Rochemonteix, dans Congres international des Orientalistes, Première session (Paris, 1873), Compte rendu, II (1870), p. 66-106.

6. Voir C. Meinhof, die Sprachen der Hamilen (Abhandlungen des Hamburgischen .Kolonialinslituts, IX, 1912). Quelques savants, entre autres M. Delafosse, excluent

de ce groupe le haoussa et le peul.

regardée comme démontrée. On a ainsi constitué une famille linguistique que l'on appelle d'ordinaire chamitique '■ : famille qui s'étend ou s'est étendue sur tout le Nord du continent africain, depuis le cap Guardafui jusqu'à l'Atlantique, qui s'avance au Sud-Est jusqu'entre le lac Victoria-Nyanza et l'Océan Indien, et qui, dans le Soudan, est représentée çà et là au milieu de langues très différentes -.

Mais cette parenté est évidemment très lointaine. Plusieurs milliers d'années avant notre ère, l'égyptien était constitué et suivait ses destinées; le libyque, de son côté, a développé son sj^stème grammatical d'une manière autonome. Il semble vain de se demander dans quelle partie de la terre a été parlée la langue qui leur a donné naissance, ainsi qu'aux autres idiomes de la famille chamitique.

Celle-ci a été parfois qualifiée de protosémitique \ Par ce mot, des savants ont voulu indiquer leur croyance à une parenté, du reste fort éloignée, des familles sémitique et chamitique '". On remonterait ainsi à une langue parlée à une époque extrêmement reculée, dans un pays qui a pu être soit en Afrique, soit en Asie (comme on le croit d'ordinaire, mais sans preuves^). Les deux branches de cette langue se seraient diversement développées, la famille chamitique s'étant arrêtée à des procédés grammaticaux élémentaires : d'où le nom de protosémitique qu'on a proposé de lui donner.

1. Renan, Histoire générale des langues sémitiques, p. 88 de la 2" édition. Lepsius, Nubische Graminalik, p. xv-xvi. Etc.

2. On y a rallacliù aussi la langue des Hottentots, au Sud-Ouest de l'Afrique.

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