‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 301 sur 468 · Voir p · texte numérisé non relu

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3. Écartons une série d'aro^uments sans valeur. « Les flottes de Thoutmès IH, écrit Tissot {Géographie, l, p. 426), soumirent tout le littoral libyen. » D'Arbois de Jubainville dit de son côté {les Premiers habitants de VEurope, 2" édit., I, p. 71) : « Thoutmos III aurait, a-t-on dit, étendu sa domination jusqu'en Algérie. » Cette conquête de Thoutmosis III (au xv» siècle) serait u'n fait très important. Mais l'inscription sur laquelle on s'appuie ne dit rien de tel : voir la traduction donnée par Maspero, Histoire, II, p. 210 (et n. 1). — Un fragment d'une statue de Thoutmosis I" a été trouvé à Cherchel (Gauckler, Musée de Clierchcl, p. 11, 83-86, pi. II, fig. 1). Gomment est-il venu là? Nous l'ignorons. Peut-être cette statue fut-elle un objet de curiosité, apporté à Caesarea aux environs de notre ère, comme une autre œuvre égyptienne découverte récemment dans le même lieu, une statuette de l'époque ptolémaïque (Bénédite, Bull, archéologique du Comité, 1908, p. ccLiv-vi et pi. XLVIl). — L'Hercule égyptien qui aurait atteint et même franchi le détroit de Gibraltar (Diodore, III, 74; Mêla, III, 46; Philostratc, Vit. AyolL, II, 33, et V, 4-5) n'était autre, en réalité, que l'Hercule phénicien, Melqart (conf. Mêla, l. c. ; Pausanias, X, 17, 2). — Le nom de Faraoun apparaît çà et là dans l'onomastique de l'Afrique du Nord : par exemple, Nkal Faraoun, îlots du chott el Djerid (Tissot, I, p. 116); djebel Faraoun, dans l'Aurès (Masqueray, Bull, de correspondance africaine, III, 1883, p. 102: conf. p. 82); Krett Faraoun, vaste muraille autour du djebel Bon Taleb (Jacquot, Bec. de Constantine, XLV, 1911, p. 273 et suiv.); Ksar Faraoun, l'antique Volubilis, au Maroc (C. /. L., VIII, p. 2072). Mais ce nom a été introduit dans le pays par les Arabes : il est plus d'une fois question de Pharaon dans le Koran (Irad. Kasimirski, VII, 101; XI, 99-100; XLIII, 43-34; etc.). — Je pense que M. Gapart {les Débuts de Cort en Egypte, p. 268) ne tiendrait pas à insister sur le rapprochement qu'il a fait entre le Touat. pays du Sahara algérien, et la région infernale à laquelle les anciens Égyptiens donnaient le même nom. Voir d'autres rapprochements onomasliques aussi fragiles dans Tissot, 1, p. 427, n. 3 (il les explique d'ailleurs par l'aflinitê des deux langues).

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