Voir Livre II, chap. i
coup de ces établissements atteste qu'ils ont été occupés pendant fort longtemps, soit d'une manière permanente, soit par intermittences. On y trouve des mortiers, des pilons, des rouleaux, qui servaient à écraser des grains*. Certaines parties du Sahara étaient-elles alors cultivables? Ces découvertes permettent tout au moins de poser la question^.
Les outils, les armes en pierre que l'on a recueillis offrent, pour la plupart, des types néolithiques. Au Sud-Est de l'Algérie, dans l'Erg oriental, ils présentent une étroite parenté, souvent même une entière ressemblance avec ceux qui se rencontrent en Egypte et qui datent de plusieurs milliers d'années avant notre ère. Mais il serait imprudent d'établir un synchronisme entre les civilisations lithiques des deux contrées : il est possible, nous le verrons ^ que l'industrie de la pierre, conservant les même procédés, les mêmes formes, se soit maintenue dans le Sahara plus longtemps qu'ailleurs.
Une population nombreuse a donc vécu dans le désert actuel pendant une période aux limites incertaines, mais très longue, qui descend peut-être jusqu'à l'époque historique et remonte sans doute beaucoup plus haut.
Il faut observer que les stations et ateliers du Sahara ne se trouvent guère que dans des régions qui sont encore ou ont été des dépressions, réceptacles naturels des eaux, plaines d'alluvions des anciens fleuves \ Mais ces vallées plus ou moins humides se creusaient à travers un pays dont le climat était déjà assez sec pour que l'autruche y vécût ^ : des restes d'œufs de cet oiseau abondent dans presque toutes les stations néolithiques sahariennes.
Puis les dépressions elles-mêmes sont devenues de moins