‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 320 sur 468 · Voir p. .377, n · texte numérisé non relu

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3. Une Carthage, fille de l'Hercule tyrien, une Carthéré. femme de Cronos et mère de l'Hercule qu'adoraient les Carthaginois, une Carché, petite-ûlle de Zeus et de Thébé, sont des inventions de mythographes et ne peuvent pas être invoquées comme des indices, môme légers, de la très haute antiquité de Carthage. Voir Movers, l. c, p. 138 et, contre l'usage que Movers fait de ces textes, Meltzer, I, p. 104. — M. Winckier {Zdtschrift fur Socialwissenschaft, VI, 1903, p. 447-9) croit à l'existence d'une vieille cité cananéenne, dont les Tyriens auraient pris possession lorsqu'ils étendirent leur hégémonie sur l'Afrique du Nord et qui, à partir de cette époque, aurait pris le nom de Carthage. Si cette ville, dit-il, avait été une véritable fondation de Tyr, elle aurait eu comme divinité principale Melqart, le grand dieu tyrien. Mais il faudrait prouver que Melqart fut et resta le dieu principal de toutes les colonies de Tyr.

4. Il est donc vain de rechercher l'emplacement de cette colonie, que M. Babelon (Carthage, p. 9) et Gauckler (Revue archéologique, 1902, II, p. 370-1) placent entre les ports intérieurs et la colline de Bordj Djedid. Il est inexact de lui attribuer une partie des sépultures découvertes à Carthage. Aucune des tombes explorées jusqu'à présent ne paraît être antérieure au viT siècle (voir plus loin, p. 400-1).

Que pouvons-nous savoir sur les origines de Garthage*?

Timée en parlait dans son histoire. De son récit, il nous reste un court résumé, fait par un compilateur anonyme- : « Theiosso^ Timée dit que, dans la langue des Phéniciens, elle était appelée Élissa, qu'elle était sœur de Pygmalion, roi des Tyriens-, et qu'elle fonda Carthage en Libye. En effet, son mari ayant été tué par Pygmalion, elle plaça ses biens sur un navire et s'enfuit avec quelques-uns de ses concitoyens. Après beaucoup d'épreuves, elle aborda en Libye, où elle fut appelée Dido (Aetoo)) par les indigènes, à cause de ses nombreuses pérégrinations. Lorsqu'elle eut fondé la ville, le roi des Libyens voulut l'épouser. Elle s'y refusa, mais, comme ses concitoyens prétendaient l'y contraindre, elle feignit d'accomplir une céré- .monie destinée à la dégager de ses serments* : elle fit dresser et allumer un très grand bûcher près de sa demeure; puis, de sa maison, elle se jeta dans le feu. »

Dans Justin^, abréviateur de l'historien romain Trogue- Pompée, on trouve un récit beaucoup plus circonstancié*^. Nous le reproduisons, en le résumant un peu.

Mutto', roi de Tyr, institua comme héritiers son fils Pygma-

1. Sur cette question, voir surtout Movers, II, 1, p. 351-368; II, 2, p. 130-7; Meltzer, I, p. 90 et suiv. ; Gutschmid, Kleine Schriften, II, p. 91 et suiv.

2. Fragm. hist. graec, édit. MûUer, I, p. 197 (Timée, fragment 23). Geffcken, Timaios'' Géographie des Westens, p. 163.

3. 0ÎIOÏO-OJ. Mot probablement altéré. Je ne vois pas pourquoi plusieurs savants (conf. MQller, ad locum; Meltzer, I, p. 463) ont voulu le corriger en 0"vo-j<7aa. M. Clermont-Ganneau {Recueil d'archéologie orientale, VI, p. 277, n. 2) propose ^àz'MTM. Le plus simple paraît être de corriger AeiSoj : Geffcken, (. c.

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