Voir plus loin, p
6. On ne saurait préciser davantage, car il n'est pas certain qu'en se rendant en Sicile, Dorieus ait participé avec les Crotoniates à la prise de Sybaris (vers 510), comme le prétendaient les gens de cette ville : ce que niaient les Crotoniates (Hérodote, V, 44). Gonf. Niese, dans la Real-Encydopddie de Wissowa, s. V. Dorieus; le même, Hermès, l. c, p. 423-6.
7. Les Phéniciens, dit Hérodote (V, 46 : jtîô ^^o'.v:•/.f.)•■). Il se sert ailleurs de ce terme pour désigner les Carthaginois (VII, 167). Diodore (IV, 23) mentionne expressément les Carthaginois.
8. Qui reçut probablement alors le nom d'IIeraclea : voir plus haut. p. 408, a. 2.
le tyran Pithagoras de Sélinonte et prit sa place; mais, bientôt, il fut massacré dans une sédition. Ainsi finit misérablement l'aventure de Dorieus.
Plus tard, Gélon, tyran de Gela depuis 491-490, combattit avec succès les Egestains et les Carthaginois, pour venger la mort de Dorieus et délivrer des marchés dont les Grecs tiraient de grands profits et que Carthage avait sans doute confisqués'. Nous ignorons les détails de cette guerre, qui ne fut peut-être pas la seule que les Carthaginois aient eu à soutenir dans l'Ile au début du v^ siècle, avant leur grande expédition de 480 -.
Vers la fin du siècle précédent, le premier traité conclu entre Carthage et Rome mentionnait la partie de la Sicile qui était soumise aux Carthaginois ^.
Ce fut donc au vi^ siècle'^ que ceux-ci établirent leur domination sur une partie de la Sicile occidentale, en dehors du territoire occupé par les Elymes, leurs alliés, qui demeurèrent indépendants, et, semble-t-il, jusqu'aux limites d'Himère, sur la
1. Hérodote, VII, 158. Je ne pense pas qu'il y ait lieu de rejeter l'indication d'Hérodote, comme le font quelques savants, entre autres Meltzer, 1, p. 494-5 ; Busolt, II, p. 790, n. 1 ; E. Meyer, III, p. 336. Mais je ne suis pas disposé à admettre les hypothèses trop hardies présentées à ce sujet par Unger {Rheinisches Muséum, XXXVII, p. 176-184).
2. Justin (XIX, 1, 9 : passage cité p. 431, n. 2) dit vaguement que Tappel des peuples de Sicile au frère du roi de Sparte fut suivi d'une longue guerre, où les succès furent divers. — Peut-être Unger {l. c, p. 183) a-t-il raison de rapporter à une guerre antérieure à 480 un combat dont parle Polyeenus (I, 28, 1). Il s'agit d'une bataille qui eut lieu sur une côte de Sicile. Les Grecs vainqueurs avaient pénétré dans le camp carthaginois et s'apprêtaient à le piller, quand ils furent mis dans une situation critique par des soldats ibères, qui survinrent. Muis ils furent sauvés par un stratagème de Théron (sans doute le tyran d'Agrigenle). Busolt (Rheinisches Muséum, XL, 1883, p. 1.39) croit que cela se passa à la bataille d'Himère, en 480. — Un autre Théron est mentionné aussitôt après par Polyœnu^ (I, 28, 2). Cet auteur raconte qu'au cours d'une guerre entre les Carthaginois et les Sélinontiens, Théron, fils de Miltiade, s'empara par ruse de la tyrannie dans la ville grecque. Cette guerre peut se placer au vi" siècle, ou au début du v= .: Meltzer, I, p. 493. — Ce fut après 494 qu'un certain Denys de Phocée vint en Sicile et y exerça des pirateries contre les Carthaginois et les Étrusques, en épargnant les Grecs : Hérodote, VI, 17.
3. Polybe, III, 22, 10 : sî; ^•.■/.e'/.Ix'i..., r,? Kap-/^.Sôvio'. sTiâp/o-ja'..
4. Unger {l. c, p. 172) soutient à tort que les Carthaginois ne s'établirent défl uitivement en Sicile qu'à la fin du v'' siècle.
côte septentrionale, et de Sélinonte, sur la côte opposée. Les trois villes de Motyé, de Palerme et de Solonte durent rester libres en droit; cependant leur alliance avec C^irthage était évidemment inégale. Rien ne prouve que, dès cette époque, les Carthaginois aient fondé des colonies dans l'île.
Au commencement du v' siècle, de puissantes tyrannies s'élevèrent parmi les Grecs de Sicile. Gélon, déjà tyran de Gela qui dominait plusieurs autres cités, s'était emparé du pouvoir à Syracuse; il y résida depuis 485. Maître de presque toute la Sicile orientale, il disposait d'une belle armée, et surtout d'une excellente cavalerie, d'une flotte nombreuse, de territoires étendus, dont le sol portait de riches moissons. Il était l'allié de Théron, t3'ran d'Agrigente, ville très prospère, qui possédait, elle aussi, un vaste territoire, depuis la côte méridionale jusqu'au cœur de la Sicile. S'avançant plus loin encore, jusqu'au rivage septentrional, Théron s'empara d'Himère, d'où il chassa le tyran Térillos. Ainsi, de véritables états, dont les capitales étaient Syracuse et Agrigente, se substituaient à des cités isolées et menaçaient de couvrir l'île entière. C'était un grand danger pour les Carthaginois, qui avaient déjà eu des démêlés avec Gélon, peut-être aussi avec Théron'. Prenant prétexte de l'expulsion de Térillos, qui était leur allié ^ ils résolurent d'engager une lutte décisive, en 480 \
Les circonstances paraissaient très favorables. Ils savaient que, dans l'île, tous les Grecs ne s'uniraient pas contre eux : au Sud, ils avaient pour alliée Sélinonte^; au Nord, Anaxilas, tyran de Rhégion, qui s'était emparé de Zancle (Messine), les pressait d'intervenir en faveur de son beau-père Térillos ^ Ils