E. Meyer, Geschichte, III, p
4. Polybe, III, 22, 5-6 : « Ni les Romains, ni les alliés des Romains ne navigueront au delà du Reau Promontoire (sTtÉxs'.va toû Ka/.oy àxpwT-rjpiou), à moins qu'ils n'y soient contraints par la tempête ou par la poursuite de leurs ennemis. Si quelqu'un d'entre eux y est poussé contre son gré, il ne lui sera permis d'y rien acheter, d'y rien prendre, sauf ce dont il aura besoin pour réparer son navire ou pour sacrifier. »
5. Meltzer (dans Commentationes Fleckeisenianae, Leipzig, 1890, p. 259-270) a prouvé, contre Tissot et d'autres, qu'il faut placer au Ras Sidi Ali el Mekki le KaXbv àxpwr/ip'.ov, qui, dit Polybe (111, 23, 1), se trouve au Nord de.Carthage. — Tite-Live (XXIX. 27. 12) dit Pulchri promunturium, ce qui est peut-être une
i'J8 COLONISATION PHENICIENNE, EMPIRE DE CAUTHAGE.
question soit obscure, on peut supposer que le terme « au delà » signifie, non pas dans la direction des Syrtes, comme le croyait Polybe', mais dans la direction de l'Ouest". Dans le traité de 348, une clause défendit aux Romains de faire du butin et du commerce, et de fonder des villes au delà de ce même promontoire ^
Il est probable que Carthage fit les mêmes défenses aux Grecs, qui connurent fort mal l'Afrique du Nord, à l'époque oii elle y dominait. Hérodote ne sait rien du pays, par délaies côtes orientales de la Tunisie, et si le Pseudo-Scylax* donne une liste, assez courte, de ports et d'îles entre Carthage et le détroit, il n'est pas prouvé qu'elle ait été dressée par des marins grecs.
Ce fut sans doute avant l'expédition d'Hannon que Carthage se rattacha l'antique cité de Lixus et les autres ports phéniciens qui pouvaient exister entre le détroit et le lieu où Hannon fonda sa première colonie sur l'Atlantique, Thymiatérion (Méhédia).
En général, il nous est impossible de dire quelles furent.
expression plus exacte que celle de Polybe. Le même cap est appelé ailleurs promuntarium Apollinis (voir Tissot, I, p. 157, qui a raison, je crois, malgré les réserves de Meltzer, l. c, p. 261-2) : Pulcker ne serait-il pas la traduction d'une épithète donnée à l'Apollon phénicien?
1. III, 23, 1-2. Selon lui, cette clause avait pour objet d'empêcher les Romains de connaître la Byssatis (région de Sousse) et les lieux de la petite Syrte appelés les Emporia, à cause de la fertilité de ces pays.
2. Comme le pensent de nombreux savanLs ; par exemple, Meltzer, I, p. 181, 488-9, et Comment. Fleckeiscnianae, p. 265-8; Soltau, dans Philologus, XL VIII, 1889, p. 278; E. Meyer, Geschichte, II, p. 708; von Scala, die Staatsvertrâge des Alter-iums, I, p. 31. — Si l'on adopte l'opinion de Polybe, il faut en conclure que le traité interdisait aux Romains de se rendre à Carthage, car les Carthaginois ne pouvaient pas, sans s'astreindre à une surveillance compliquée, défendre de naviguer ((xf, TtÀétv 'Pa)jj.aio-Jî) au Sud du Beau Promontoire, tout en permettant de naviguer vers leur ville. Or, quoique le traité, tel que Polybe le rapporte, ne le dise pas, il est probable que l'accès de Carthage était autorisé. C'est ainsi que Polybe l'a compris (III, 23, 4), et une clause du second traité l'indique formellement (III, 24, 12). Le second traité interdit tout commerce en Libye (c'est-à-dire, croyons-nous, à l'Est et au Sud du Beau Promontoire), sauf à Carthage. Mais il ne défend pas de naviguer dans ces parages; le conlrùle pouvait s'exercer facilement dans les ports où les Romains étaient autorisés à entrer pour prendre des vivres et pour réparer leurs navires.