‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 451 sur 468 · lY · texte numérisé non relu

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en ordre sur le bord de la côte, puis ils regagnent leurs vaisseaux et font de la fumée pour avertir les indigènes. Ceux-ci s'approchent alors de la mer, placent à côté des marchandises l'or qu'ils offrent en échange et se retirent. Les Carthaginois redescendent et examinent ce qu'ils ont la;issé. S'ils jugent que la quantité d'or répond à la valeur des marchandises, ils l'emportent et s'en vont. Sinon, ils retournent à leurs navires et attendent. Les indigènes, revenant, ajoutent de l'or, jusqu'à ce que les Carthaginois soient satisfaits. On ne se fait réciproquement aucun tort, les uns ne touchant pas à l'or avant que la quantité déposée ne leur paraisse en rapport avec leurs marchandises, les autres ne touchant pas aux marchandises avant que les Carthaginois n'aient pris l'or. »

Sur quelle côte se faisait le trafic de cet or, qui venait sans doute de l'intérieur des terres? On peut penser à la Sénégambie', ou à quelque région plus septentrionale-, peut-être même au Sud du Maroc ^ Les procédés de commerce décrits par Hérodote ne s'expliquent que dans des parages où les Carthaginois n'avaient ni villes, ni comptoirs, et désiraient, autant que les indigènes, éviter tout contact immédiat. Ils peuvent avoir été usités avant Hannon; ils peuvent s'être maintenus plus tard, en dehors des colonies qu'Hannon avait fondées et des territoires occupés par des tribus qui étaient disposées, comme les Lixites du Périple, à faire bon accueil aux Carthaginois. Quoi qu'on en ait dit*, ce passage d'Hérodote ne nous apporte aucune lumière sur l'époque de l'expédition.

1. Voir Miiller, Geogr., p. xxvii, n. 1 ; Fischer, p. 89. Or des rcifioiis dp l.i Falémé (dans ]e Bondoii et le Bambouk) et du haut Niger, en amont de Bainmako (dans le Bouré) : voir Futlerer, Afrika in seiner Bedcutung fur die Goldproduklion (Berlin, 1895), p. 49 et suiv.

2. Par exemple, au Rio de Oro (entre le cap Bojador et le cap Blanc), ou à la baie dWrguin, où les Portugais venaient chercher de la poudre d'or que les indigènes leur apportaient de loin.

3. Conf. Gôbel, p. 72. Il y a de l'or dans la région du Sous : voir Futterer, l. c. p. 41 ; Moreau, Bull, de la Société de géographie dOran, 1912, p. 556.

4. Vivien (p. 330) et Meltzer (p. 232-3) estiment que ce commerce u"a pu so

Ainsi nous ne trouvons dans l'historien grec nulle mention d'Hannon, nulle allusion certaine à son Aoyage\

Il ignore aussi celui d'Himilcon, Il mentionne-, il est vrai, les îleî Cassitérides, « d'où nous vient l'étain », ainsi qu'un fleuve Eridanos, « qui se jette, à ce qu'on prétend, dans la mer septentrionale et d'où viendrait l'ambre ». Il ajoute qu'il ne sait rien des Cassitérides et qu'il croit que l'Eridanos est une invention d'un poète grec. Rien ne permet d'affirmer que ces indications qui lui paraissent si suspectes aient été des échos de l'expédition d'Himilcon. Il est plus probable qu'Hérodote les a trouvées dans quelque ouvrage de ces géographes ioniens qu'il critiquait volontiers, peut être dans Hécatée. A la fin du vu" siècle et dans la première moitié du vi% les Grecs d'Asie Mineure fréquentaient le Sud de l'EspauneS où les Tartessiens pouvaient les renseigner sur l'étain britannique \ Quant à l'ambre, apporté depuis des siècles des rivages voisins de l'Elbe et de la Vistule, ceux qui le colportaient à travers l'Europe ne devaient pas être sans savoir, au moins vaguement, d'où il venait.

Tout cela ne prouve pas d'ailleurs que les expéditions

développer qu'après l'expédition d'Hannon. D'autres sont d'une opinion toute contraire : voir, par exemple. Fischer, p. 89; E. Meyer, III, p. 679 et 680. Celui-ci croit qu'il s'agit d'un commerce qui se faisait à Cerné antérieurement à la fondation de la colonie d'Hannon. Remarquer cependant qu'il n'est pas prcMvé que Cerné ait été un marché d'or, même après Hannon. Scylax n'en dit rien. Le seul texte qu'on pourrait alléguer est de très mince valeur : Palœphatus, /ncredi6., 31 (ol KEpvaîo'.... clav o-çoSpa ypvaoï, et l'iiistoire qui suit).

i. Selon MeItzer (p. 233-5), d'autres indications d'Hérodote lui seraient venues d'informateurs carthaginois qui auraient connu les résultats de l'expédition d'Hannon. Contra : Fischer, p. 88. — Hécatée, qui écrivait vers 300, mentionnait MéurTna, TtôÀtç Ato-Jwv {apud Etienne de Byzance, s. v. = Fragm. hisl. graec, I, p. 25, n°'327). Mais il est impossible de dire si c'était la Mâ/i—a qui fut une des colonies d'Hannon. Peut-être s'agit-il de Malte. Hécatée paraît avoir rattaché à la Libye Gaulos (Gozzo), île voisine de Malte, car il disait d'elle {Fr. h. g., p. 24, n" 313) : raûXoç, vrjdo; itpo; tt, Kap/r,6ôvt.

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