‹ Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (volume 2)Chapitre 59 sur 468 · Conf. Elien, Nat. anim., X · texte numérisé non relu

Conf. Elien, Nat. anim., X

8. Friedlànder, Siitengeschichte Roms, II, p. 490 de la cinquième édition.

9. Élien, l. c, VI, 56. Properce, II, 31, 12. Ovide, Pont., IV, 9, 28. Pline, V, 12; VIII, 7. Martial, II, 43, 9; IX, 22, 5; XIV, 3, 2. Juvénal, XI, 125.

10. Jamais, à notre connaissance, les éléphants ne furent employés dans l'armée romaine d'Afrique, sous l'Empire. Mais l'utilité de ces animaux au point de vue militaire était fort contestable : très souvent, ils s'afTolaieut au milieu de la mêlée et s'enfuyaient, ou se retournaient contre les troupes qui combattaient de leur côté. Quand même les Romains auraient pu disposer de nombreux élépliants.

sont éteints très rapidement en Algérie, et il est à prévoir qu'il en sera de même des panthères. Pourtant le climat n'y est pour rien *.

On ne rencontre plus, à l'époque classique, aucune mention d'hippopotames, ni de rhinocéros, dans la Berbérie proprement dite. Les hippopotames indiqués par Hannon vivaient plus au Sud, probablement dans la région de la Saguia el Hamra^. L'éléphant est le seul des grands animaux de l'Afrique centrale dont l'existence soit certaine dans l'Afrique du Nord pour la période qui nous occupe.

Pour qu'il pût y vivre dans des conditions normales % il y a moins de vingt siècles, il fallait qu'il trouvât en tout temps des quantités abondantes d'eau et d'herbe. Il existe encore des pays oîi il passerait la saison sèche sans mourir de soif et de faim ; par exemple, au pied de l'Altas marocain et dans le Rif, oîi les textes anciens le signalent. Mais, à en juger par les autres indications que nous avons sur le climat de la Berbérie, il est permis de supposer que, dans les siècles qui précédèrent leur disparition, les conditions d'existence des éléphants devaient être

on peut admettre qu'ils ne voulurent pas s'embarrasser d'auxiliaires aussi dangereux.

1. Conf. Armandi, l. c, p. 21-22. M. Engell (Verbreilung und Haufigkeit des Elefanten und Lowen in Afrika, dans Peternianns MUleilungen, Ergiinzungsheft CLXXI, 1911, p. 6) croit aussi que la destruction de l'éléphant dans l'Afrique du Nord a été l'œuvre de l'homme.

2. Rien n'empêche d'identifier avec le fleuve d'Hannon le « flumen Bainbotum, crocodilis et hippopotamis refertum », mentionné par Pline (V, 10), d'après Polybe ou Agrippa. — Vitruve (VIII, 2, 7) indique un fleuve qui sortait de l'Atlas, en Maurétanie, et qu'il regarde comme le Nil; il ajoute : « Ex .Maurelania caput Nili profluere ex eo maxime cognoscitur quod ex altéra parte monlis Allanlis suut alia capita item profluentia ad occidentem in Oceanum, ibique nascuntur ichneumones, crocodili, aliae similes besliarum pisciumque naturae, praeler hippopotamos. » Mais le mot pr'aeter, qu'on traduit d'ordinaire par outre, ne signifierait-il pas ici excepté?

3. Je n'ignore pas que cette question est très délicate et qu'on a souvent exagéré les difficultés qu'éprouvent les animaux à s'adapter à des climats diiïérents de ceux qui paraissent leur convenir le mieux. Je n'irai pas cependant jusqu'à dire, avec Lucien {Dipsad., 2), que les éléphants peuvent supporter l.i soif et l'ardeur du soleil dans les déserts de la Libye, où, assure-t-il, les Garamantes vont les chasser.

ailleurs assez pénibles. On peut croire que c'étaient des survivants d'une faune appropriée à un climat plus humide, cantonnés peut-être dans certaines régions hors desquelles ils auraient succombé.

Tels sont les arguments invoqués en faveur de l'hypothèse d'un changement de climat. On voit qu'ils méritent l'examen, mais qu'ils n'entraînent pas la conviction. En tous cas, ils ne prouvent pas que ce changement ait été profond.

Ceux qui l'admettent essaient de l'expliquer par différentes causes. Tantôt on fait intervenir des phénomènes généraux : influence du déplacement de l'axe de la terre*, modification du régime des vents dans la partie méridionale de la zone tempérée boréale. Ce sont là des hypothèses très fragiles. Il est impossible de prouver que la position de la ligne des pôles ait varié, depuis les temps historiques, au point d'agir sur le climat-; en ce qui concerne les vents, nous verrons tout à l'heure que les rares renseignements contenus dans les textes anciens cadrent bien avec le régime actuel.

Tantôt on allègue l'influence que, depuis l'antiquité, le déboisement a dû exercer sur le climat de l'Afrique du Nord'. Quoiqu'on en ait souvent exagéré l'importance*, le déboisement a atteint beaucoup de régions plus ou moins étendues. Il a frappé, non seulement des forêts naturelles, mais aussi de grandes plantations d'arbres fruitiers '. Il a eu des conséquences graves, en rendant plus rapide et plus funeste le ruis-

1. Voir, entre autres, Péroche, dans Annales de la Société géologique du Aoi-d, XXIV, 1896, p. 69 et suiv. ; Carton, la Restauration de C Afrique du i\ord (extrait du Compte rendu du Congrès colonial de Bruxelles, 1897), p. 17; Gauckler, dans Enquête sur les inslallalions hydrauliques romaines en Tunisie, I, p. 122.

2. Ilann, Ilandbuch der Kliniatologie, 1, p. 372 et suiv. (de la seconde édition). Leiter (mémoire cité p. 40, n. 1), p. 139. Voir aussi de Lamothe, le Climat de l'Afrique du Nord pendant le pliocène supérieur et le pleistocène (extrait des Comptes rendus du Congrès géologique de Mexico, 1906), p. 6.

3. Carton, dans Bull, de VAcadémie d'Hippone, XXVII, 1894, p. 5, 14. Le même, dans rtevue tunisienne, III, 1896, p. 90.

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