Néméennes, III, 20-21. Conf. t. I, p. 41:1, n
qu'il n'était pas facile de pénétrer dans la mer impraticable, au delà des Colonnes'. Les Etrusques voulurent, selon Timée, prendre pied dans une île grande et fertile, découverte par des Phéniciens à plusieurs journées à l'Ouest de la Libye (Madère, autant qu'il semble) ; mais les Carthaginois s'y opposèrent^. C'était au temps de la puissance maritime des Etrusques, peut-être au vi* siècle ou au début du v^ ^ Le second traité conclu entre Carthage et Rome, sans doute en 348, défendit aux commerçants et aux pirates romains de dépasser, sur le littoral espagnol, le cap de Palos, à près de 500 kilomètres au INord-Est de l'entrée de l'Océan*.
Strabon raconte' que les Phéniciens de Gadès cachaient les voyages qu'ils faisaient vers le Nord jusqu'aux îles Cassitérides, où ils allaient chercher de l'étain et du plomb. Des Romains, qui voulurent surprendre leur secret, se mirent à suivre un de leurs vaisseaux. Mais le commandant de ce navire le jeta à dessein sur un bas-fond, où le bâtiment romain vint s'échouer à son tour; ayant pu échapper au naufrage, l'héroïque Gaditain reçut, du trésor public, le prix des marchandises qu'il avait perdues. Cet événement, s'il n'est pas légendaire, dut se passer après quer les Carthaginois eurent été chassés de l'Espagne : ils n'auraient même pas permis au vaisseau romain de parvenir à Gadès. Au m* siècle, Ératosthène les accusait de couler les navires étrangers qui se dirigeaient vers le détroit ^ Le Marseillais Pythéas entreprit, il est vrai, vers 325 avant J.-C, un long voyage d'exploration, qui le mena jusqu'en Norvège; il s'était
1. Sur l'ordre du roi de Perse, dont les Phéniciens étaient les sujets, Sataspès tenta, à la môme époque, de faire le tour de l'Afrique et longea une bonne partie des côtes occideulales de ce continent (Hérodote, IV, 43; conf. 1. 1, p. 511-2). Mais Carthage n'avait rien à craindre de ce voyage d'exploration.