Polybe, m
3. On doit probablement comprendre ainsi ce texte : il n'est pas interdit aux Carthaginois de se jeter sur des villes indépendantes de Rome et d'y faire du butin, mais ils ne détruiront ni n'occuperont ces villes, qui devront ôtre remises par eux aux Romains. Conf. ce qui est dit dans le second traité.
4. L'interdiction d'occuper des villes et de construire des forts ne peut concerner des particuliers, qui, leur coup fait, devaient avoir hâte de se rembarquer.
ô. La défense de naviguer au delà du Beau Promontoire s'applicjuait aux pirates aussi bien (|u'aux marchands. Quanta l'interdiction d'exercer des actes de piraterie contre Carthage et le long des côtes où les Carthaginois autorisaient le commerce romain (Libye au Sud du Beau Promontoire, Sardaigne, Sicile oi-cidenlalc), on peut supposer (ju'elle all.iil de soi. Do leur coté, les Romains n'ont pas pris la peine de stipuler (|ue la piraterie, interdite coatre leurs alliés latins, l'était aussi contre eux-mème».
Le second traité indique plus nettement les oblij^ations réciproques des deux parties ' : « Au delà du Beau Promontoire et
de Mastia de Tarséion, les Romains ne feront pas de butin
Si les Carthaginois prennent dans le Latium une ville qui ne soit pas soumise aux Romains, les richesses et les habitants de cette ville leur appartiendront, mais ils rendront la ville -. Si quelques Carthaginois ^ s'emparent de gens qui, sans dépendre des Romains, ont avec ceux-ci un traité de paix écrit, ils ne les conduiront pas dans les ports des Romains ; si un de ces captifs y est amené et si un Romain le revendique, qu'il soit relâché. De leur côté, les Romains seront astreints aux mêmes obligations. Si, dans un pays qui dépend des Carthaginois, un Romain prend de l'eau et des provisions, il ne devra pas s'en servir pour faire du tort à aucun de ceux qui ont paix et amitié avec les Carthaginois. Même défense est faite aux Carthaginois. Si quelqu'un commet ces actes interdits, que la personne lésée ne se fasse pasjustice elle-même, mais que le dommage devienne public. » La dernière phrase, que nous n'avons pas pu traduire littéralement, est soit mutilée, soit plutôt mal rédigée, mais le sens se devine*: quand un acte de piraterie sera commis par un Romain, la victime portera plainte à l'Etat carthaginois, qui, se substituant à elle, adressera une réclamation à l'Etat romain; celui-ci réparera le dommage et il lui appartiendra de prendre contre le coupable les sanctions nécessaires. Naturellement, la même procédure était suivie, mutatis mutandis, lorsque l'auteur du méfait était un Carthaginois.
Parmi les mesures que la République prit en faveur du commerce, on doit compter l'aménagement du port marchand de