Rivière et Lec(j. Manuel, p
2. On y trouve des silos dans des villages de l'époque néolithique : Sirct, VHspagne préhistorique (extrait de la Revue des questions scientifiques, Bruxelles, iX'.t;j). p. 22-2.3.
3. Comme on l'a supposé : voir, entre autres, Lacroix, Revue africaine. ,\IV, 1870, p. I(»7.
4. Aucun texte n'appli(|ue expressément le terme «ipô; aux magasins souterrains d'Afrique. Le terme silo, très employé de nos jours dans l'Afrique du Nord, est d'origine espagnole.
0. Conf. Pline, l. c. : • Africae nntc omnia ut sicco solo fiant curatur ».
7. Pline, XVIII, 08 : • Mouiller le blé à grande eau, le décortiquer avec un GSELL, IV. 2
confection d'un mets composé de gruau, de fromage frais et de miel, que Caton appelle la bouillie punique, /;?«/« punica^ Les Carthaginois étaient, paraît-il, grands amateurs de ce plat". Ils faisaient aussi des gâteaux renommés*.
Nous avons dit* que la vigne, l'olivier, très probablement aussi le figuier et l'amandier sont indigènes en Berbérie. La contrée que les Carthaginois s'annexèrent est propice à la culture des arbres fruitiers. C'est aujourd'hui la principale richesse du Nord-Est de la Tunisie : il y a de vastes olivettes dans les plaines de la basse Medjerda, autour de Tébourba et de Djédeida ; de grands vignobles dans les régions du Mornag, du Khangat, de Soliman, de Grombalia; de beaux vergers auprès de Bizerte, de Nabeul, d'Hammamet, de Zaghouane et dans la péninsule du cap Bon. En arrière de Sousse et de Sfax, sous un ciel dont la sécheresse est souvent fatale aux céréales, les plantations d'oliviers s'étendent d'année en année. Les oasis du Sud ne vivent que par l'arboriculture. L'ile de Djerba est un immense verger.
En Orient, les Phéniciens se livraient aux cultures fruitières depuis fort longtemps. Ils ne durent pas tarder à reconnaître
pilon, le sécher au soleil, puis le remetlre sous le pilon. Même procédé pour l'orge; pour vingt setiers d'orge, il faui deux setiers d'eau. »
1. De agri cuUura, 85 : « Mettez dans de l'eau une livre de gruau et faites-la bien tremper. Versez-la dans une auge propre; ajoutez trois livres de fromage frais, une demi-livre de miel et un œuf. Mêlez bien le tout. Faites cuire daus une marmite neuve. »
2. Plaute {Mostellaria, 828) se sert des termes pultifagu:^ opifex... barbarus, pour désigner un menuisier carthaginois. Le Carthaginois (ju'il met on scène est qualiQé, dans le prologue du Poenulus (54), de puUiphaijonides.
3. Festus, p. 2.Ï4-.'), édit. Lindsay : « Punicum : genus libi Irauslatum a iVxMiis. Id etiain appeilai)ant probuin, quia erat ceteris suavissimum ». On a recueilli à Carthage d'assez nombreux objets en terre cuite de l'époque punique, ollrant des images en creux; ce sont sans doute des moules à gâteaux ; v. infra, p. 70.
AC.lUCL'LTLHi;. lit
(ju'ils pouvaient s"y livrer avec le même succès sur le sol africain, à importer des variétés répandues et apjiréciées dans leur patrie, à ^^relTer les arbres sauvajjes, à fabriquer sur place du vin et de l'builc '. ils n'avaient pas besoin de disposer de larges es[)aces : les abords immédiats des colonies maritimes suffisaient pour créer des vergers, quelques vignobles et quelques olivettes. Un contem[)orain d'Auguste, Fenestella, prétendait cependant que l'olivier cultivé était encore inconnu en Afrique au début du vi° siècle*; de son côté, Diodore affirme qu'à la lin (lu siècle suivant, il n'y avait pas en Libye de plantations d'oliviers et de vignes ^ Assertion bien peu vraisemblable, démentie d'ailleurs par Hérodote. D'après cet historien*, l'île de Cyraunis, c'est-à-dire sans doute Kerkenna% était pleine de vignes et d'oliviers. On peut se demander si les vignes n'étaient pas des vignes sauvages ; mais la même hésitation n'est point permise pour les oliviers, car Hérodote se sert ici du terme grec qui désignait spécialement les oliviers cultivés, (tétaient des Carthaginois qui lui avaient appris ce qu'il savait de Cyraunis : au milieu du v" siècle, ils occupaient, ou du moins fréquentaient cette île. H est donc permis de supposer que la viticulture et l'oléiculture y furent introduites par eux. Les
1. Ou adiiiel ^rf-iuTalfi ont que la viticulture et l'oléiculture ont (Uo iiitroduilf's duus l'Afrique du Nord par les Phéniciens : .Meltzer, Gesrhichte der Karthagcr, I, p. 8!}; Tissol, Géographif de la province romaine d'Afrique, I, p. 285 et 302; Th. Fischer, Der Oelbaum {Petrrnianns Mitlcilungcn, Rrj^iinzungsheft a» 147), p. i:j et 15; etc. ils y auraient importé la VitU mnifera (vi^ne cultivée), distincte de la vigne sauvap-e (conf. t. I, p. 106-7, (In de la note 4). Cela est bien possible, mais nous n'en avons |)as la preuve. Selon une légende rapportée par Diodore de Sicile (IV, 17, 4), Héraclès aurait i)urgé la Libye des botes féroces qui l'infestaient, si bien (|u'elle abonda désormais en céréales et en arbres fruitiers, qu'elle fut plantée de beaucoup de vignes et porta beaucoup d'oliviers cultivés. 11 serait bien téméraire de soutenir qu'Héraclès représente ici le Melqart tyrien et symbolise les bienfaits de la colonisation phénicienne en Afrique. C'était de Crète que, d'après Diodore, Héraclès était venu dans cette coiUrée.