T. Il, p. 120; Gsell, lUrolole, p
auraient-ils négliji:ées dans le territoire qu'ils se constituèrent sur le continent vers la même époque, et qui, à proximité de leur ville, était si favorable a ces cultures? Nous avons peine à le croire.
En tout cas, ils s'y adonnèrent plus tard. Le pays qu'Agathocle traversa après son débarquement était rempli de vignes, d'oliviers -et d'autres arbres fruitiers'. Peut-être même la noblesse, à la fois maîtresse de l'Etat et propriétaire d'une grande partie du sol dans le Nord-Est de la Tunisie, prétenditelle se réserver une sorte de monopole. Un auteur grec, probablement Timée -, racontait que la République avait fait couper en Sardaigne tous les arbres fruitiers et défendu, sous peine de mort, d'en planter de nouveaux. Si cela est exact, elle aurait voulu empêcher les Sardes de délaisser les céréales (l'île était, on le sait, un des greniers de Garthage) et de faire concurrence aux arboriculteurs carthaginois ■'. Nous ignorons si elle appliqua une mesure analogue à ses sujets africains*. Ceux-ci, d'ailleurs, ne disposaient pas, comme l'aristocratie punique, des capitaux nécessaires pour faire des plantations étendues et pour attendre pendant des années que les arbres fussent en plein rapport.
Il est possible que la viticulture ait pris un certain développement aux abords de plusieurs colonies des côtes algériennes ^
1. Diodore, XX, 8, 4. — Fruits en terre cuite (grappes de raisin, figues, amandes, grenades, coing), dans des tombeaux puniques de Cartilage : Delaltre, Nécropole punique voisine de Saialc-Monique, 2° mois des fouilles (extrait du Cosmos, 1900), p. 15. flg. 23; le même, Les grands sarcophages anthropoïdes de Carlhage (Cosmos, l()0:f), p. 21-22; vidi au musée Lavigerie; Merlin, Bull, archéol. du Comité, 1917, p. 13G (;t 137, pi. XXII.
2. Dans Pseudo-Aristote, De mirabilibus auscultalionibus. 100.
3. Conf. Meltzer, II, p. 06-07; ici, t. H, p. 312. M. Ed. Meyer (Geschichle des AUerthums, III, p. (383) suppose qu'il s'agit d'un châtiment iniligé à des tribus rebelles : Timée aurait eu le tort de dire que cette mesure fut appliquée d'une manière permanente à l'Ile entière.
4. Au milieu du iv" siècle, le Pseudo-Scylax (§ 110, dans Geogr. Gr. min., I, p. 87) indicjue que les habitants de Djerba tiraient beaucoup d'huile des oliviers sauvages de leur lie. 11 est probable (jue cette île dépendait déjà de Garthage.
."î. A Gunugu (t. II, p. 11)1-2), dans des sépultures qui se placent entre le iv" et le II" siècle, im trouve souviMit des amphores, fabriquéi's sans doute pour contenir du vin. La plupart d'entre elles ont une torme qui ne se rencontre guère
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et marocaines '. Une ou deux grappes de raisin sont représentées sur des monnaies à léf,'endes phéniciennes de Uxus-etde Sala^ monnaies postérieures, il est vrai, à la destruction de (^arthage*. Plus loin, sur le fleuve Ivor, on voyait, écrit Pline ^ des restes de vignobles et de palmeraies; peut être était-ce un établissement phénicien abandonné. Bien plus au Sud, Cerné, située probablement entre les caps Juby et Bojador, avait été la dernière colonie fondée par Hannon sur le littoral de l'Océan". Or, en face de cette petite île, des Ethiopiens faisaient du vin en abondance vers le milieu du iv' siècle. C'est du moins ce qu'assure l'auteur du Périple attribué faussement à Scylax'. S'il dit vrai, il est naturel de penser que ces indigènes avaient été instruits par les Carthaginois. Mais nous doutons fort que l'indication soit exacte : la maturation du raisin et la fermentation du moût ne pouvaient s'accomplir dans de bonnes conditions sous un ciel aussi torride.
Quelques citations de .Magon, relatives à la culture de la vigne, attestent l'expérience des agronomes puniques en celte matière *.
ailleurs [on eu voit pourtant une qui parait être semblable sur une stèle de Cartbape : C. /. S., 1, 1283, pi. -XXl du t. II]; elles devaient donc être faites à Gunupu même : voir Gsell, Fouilles de Gouraya (Paris, lîlOH), p. 31, flg. l(j, l'amphore de {rauche. Les monnaies à légendes néopuniques de cette ville représentent une tôle de Dionysos, accompagnée d'une grappe de raisin : L. Charrier, Description des monnaies de la Numidie et de la Maurétanie, p. 50.
1. Ou les vignes sauvages abondaient (t. I, p. 166, n. 4) et où, de nos jours encore, on cultive la vigne en beaucoup de lieux.
2. Appelée sur ces monnaies soit Liksh, soit Maqom Shemesh (voir t. II, p. 172-4). Millier, Aumum., III, p. 155-0, n°" 234-7; p. 104-5, n"' 240-252. Près de l'emplacement de Li.xus, s'élève aujourd'hui, à l'embouchure de l'oued Lekkous, la ville dEl Araich (Larache), dont le nom signifie « la Treille ■•.
3. .Millier, /. c, 111, p. 103, n°' 243-5. (îrappessur d'autres monnaies à légendes phéniciennes, d'attribution incertaine : ibid., III, p. 143, n°" 214, 215; Sup[)l., p. 80, n» 253 a.
4. Il y a une grappe sur des monnaies à légendes néopuni(|iies, frappées à Lixus au tfîmps d'un roi Bocchus : Muller, III, p. 98, n"' 12-14; deux grappes sur des monnaies de celte ville qui .sont bilingues (latin et phénicien) : i6i<i., p. 150, n • 240-1.
5. V. 13; conf. Solin, .X.XIV. II. Pour le lleuve lv(.r, voir t. II, p. 178. 0. T. I, p. 485 et suiv.
8. Le recueil des Géoponiques met sous le nom de Diouhane un certain
Columelle^ nous apprend que la question de savoir comment on devait orienter les vignobles [établis sur des pentes] était très controversée : « Démocrite et Magon recommandent l'exposition au Nord, parce qu'ils pensent que les vignes tournées de ce côté sont très fécondes ; en revanche, le vin qu'elles produisent n'est pas de la meilleure qualité. » Et Columelle, tout en observant que ce précepte ne convient pas à tous les pays, admet que, dans des contrées très chaudes, « comme l'Egypte et la Numidie », il vaut mieux, en effet, exposer le vignoble au Nord^. La recommandation de JVJagon s'appliquait donc particulièrement à l'Afrique et tenait compte de l'ardeur du soleil, probablement aussi des dangers du siroco ^
Il conseillait de mettre quelques pierres au fond des fosses oîi l'on installait les plants, afin de préserver les racines des eaux de l'hiver et des chaleurs de l'çté \ Il voulait qu'au lieu de combler tout de suite la fosse, on n'en remplît que la moitié à peu près; le reste devait être comblé progressivement dans le cours des deux années suivantes; de cette manière, on forçait la vigne à pousser ses racines par en bas ^ Règle qui, remarque Columelle, peut être bonne dans les terrains secs% mais non
nombre d'extraits relatifs à la viticulture et à la vinification (V, 7; V, 31 ; V, i.i; VI, 12; VII, 3; VII, 17). 11 se peut que ces préceptes, s'ils sont vraiment du Bithynien, soient des emprunts à Magon. Mais la chose est fort incertaine (conf. supra, p. 0, n. 2). Diophane est expressément cité dans le texte même de l'extrait VI, 15.
2. Conf. Pline, XVII, 20 : « En Afrique, l'exposition des vignobles au Midi est nuisible à la vigne et insalubre pour le vigneron, parce que celte contrée se trouve dans la zone méridionale; aussi celui qui y tournera ses plantations vers le Couchant ou vers le Nord combinera le mieux l'action du sol et celle du ciel. » Voir aussi le môme, XVIII, 328.
3. Conf. J. Dugast, Les vins d'Algérie (Alger, 1900), p. 28 : « L'exposition du Midi, recherchée dans les pays tempérés, n'est pas ici toujours la meilleure. » Jbid., p. 42 : « Dans les régions chaudes, l'altitude élevée et l'exposition dirigée plus ou moins vers le Nord corrigent l'excès de chaleur. »
4. Columelle, III, 13, 4 (conf. le môme, De arbor., 4, 4-5). 11 fait remarquer que Virgile (Gàorg., II, 348 et suiv.) a reproduit ce précepte de Magon. Voir aussi Géopon., V, 9, 7-8.